LA BATAILLE DE MIDWAY
L’objectif des Japonais, l’île de Midway, au milieu du Pacifique, était l’avant-poste vital des défenses de Pearl Harbor, Yamamoto avait concience que s’il ne réussissait pas à éliminer la flotte du Pacifique avant la fin de 1942 les Etats-Unis deviendraient de plus en plus forts, au point qu’ils pourraient vaincre le japon par le simple effet de leur puissance industrielle. Nimitz, Yamamoto en était convaincu, se battait pour Midway, et l’amiral japonais tira des plans pour attirer les Américains dans un piège bien préparé. Mais il ne tint pas compte de l’avance prise dans le déchiffrement des codes de la marine impériale japonaise par les services de renseignements américains. Bien que l’objectif final soit resté incertain jusqu’à la dernière minute, Nimitz avait une idée assez claire des préparatifs nippons. De plus, les Japonais étaient mal informés sur un point en particulier : ils croyaient qu’un second porte-avions avait été endommagé, sinon coulé, dans la bataille de la mer de Corail, et cela signifiait pour eux que deux porte-avions américains seulement leur seraient opposés.
Le Yorktown donne du gîte tandis qu’il abat sur bâbord pour éviter les bombardiers en piqué japonais pendant la bataille de Midway.
L’île de Midway fut transformée en porte-avions insubmersible par les Américains, qui y envoyèrent autant d’appareils que possible. Le 28 mai 1942, le contre-amiral Frank Fletcher partit de Pearl Harbor avec la task Force 16 (Entreprise et Hornet) et la Task Force 17 (Yorktow). Lorsque la bataille commença, le 4 juin, les Japonais pilonnèrent très souvent Midway, et les avions basés à terre ne purent leur infliger que peu de dommages. Les trois premières vagues d’avions décollés des porte-avions américains n’eurent pas davantage de succès, et seuls quatre appareils rentrèrent. Cinq des neuf escadrilles d’attaque furent éliminées sans infliger le moindre dégât aux Japonais.
L’équipage de pont prépare un décollage ; de son efficacité dépendait le nombre de sorties quotidiennes.
La quatrième vague, cependant assoma l’Akagi, le Kaga et le Soryu dans une attaque bien coordonnée, qui laissa néanmoins le Hiryu non seulement intact mais indétecté. Et ses avions suivirent ceux du Yorktown qui retournaient à leur navire. Cette fois les Américains encaissèrent des coups sévères; en dépit de graves dommanges le Yorktown ne sombra pas et fut encore capable de continuer à utiliser ses appareils. Les Japonais supposèrent alors qu’il ne restait plus de porte-avions américains à flot, le Yorktown étant en feu et, apparement, sur le point d’aller par le fond. Un appareil de reconnaissance rapporta trop tard qu’il en avait trois; à ce moment- là, les avions américains étaient déjà sur le chemin du retour.
Une torpille larguée par un avion japonais explose contre la coque du Yorktown. Une seconde torpille, décochée par un sous-marin nippon achèvera le beau navire.
Le Hiryu fut coulé, et le Yorktown, torpillé par un sous-marin, sombra également. Avec quatre porte-avions coulés alors que deux porte-avions américains se trouvaient encore à flot, les Japonais n’osèrent pas engager leur flotte de bataille, et Yamamoto se retira à contrecoeur. C’était la fin de la suprématie navale nippone.
Le pont d’envol encombré de l’Entrprise quelques instants avant le déclenchement de la sanglante bataille de Midway. Seuls quatre de ces avions retourneront sur le navire.
L’USS Intrepid en action
L’USS Intrepid (CV.11) était la troisème unité du type Essex, classe qui regroupe non seulement le plus grand nombre de gros bâtiments de la guerre jamais construits, mais aussi les plus efficaces. Il fut mis sur cale, avec quatre de ces jumeaux, en 1940.
Après une croisière d’entraînement de quatre mois à peine. L’Intrepid appareilla pour le Pacifique. Ayant franchi le canal de panama, il mit le cap à l’ouest à travers l’océan en direction de Pearl Harbor, ou il arriva le 19 janvier 1944, il y ralliait le chef de file de sa série, le USS Essex, et un encien croiseur léger transformé en porte-avions le USS Cabot, au sein de la Task Group 58.2, composante de la Task Force 58. La première mission qui leur fut coinfiée consistait à attaquer des bases japonaises dans l’archipel des Marshall à l’appui du débarquement de Kwajalein (31 janvier), ses sous les ordres du nouveau commandant, l’amiral Marc A. Mitscher. Durant ces opérations, L’Intrepid et le TG 58.2 attaquèrent l’île de Roi, sans que leurs formations aériennes aient à déplorer de pertes.
Le 17 février, la TF 58 reprenait la mer pour une opération plus hasardeuse, à savoir un raid de trois jours sur la principale base ennemie, Truk, dans les l’îles Carolines. Comme la précédente, cette mission avait pour but d’empêcher les Japonais d’infliger de lourdes pertes aux Américains au cours d’opérations amphibies qui devaient se dérouler cette fois à Eniwetok. Malgré les puissantes défenses de Truk, cette intervention se solda par un succès. Les appareils de l’US Navy coulèrent 47 navires dont un croiseur léger, trois destroyers et un gros pétrolier, et détruisirent 125 avions ennemis. Le prix payé n’était pas excessif (25 appareils), mais à la faveur d’une attaque de nuit sur la Task Force, une formation de bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N (Kate) équipés d’un des premiers radars japonais parvint à toucher l’Intrepid, à l’attaque duquel ses propres chasseurs de nuit ne purent qu’assister, impuissants.
L’USS Intrepid quelques instants après avoir été attaqué par un kamikaze. En dépit d’autres attaques, il survécut.
Une torpile frappa le bâtiment sur tribord arrière, détruisant le gouvernail. Bien protégé sous la ligne de flottaison, le bâtiment ne risquait pas de couler, mais pour lui permettre de gouverner, il fallut hisser une (voile) de fortune à l’extrémité avant du pont d’envol. Escorté par le porte-avions léger Cabot, deux croiseurs et quatre destroyers, il se traîna ainsi jusqu’à Majuro. Il y subit les réparations les plus urgentes, avant de reprendre la mer à destination de Pearl Harbor, ou il devait être remis en état. L’Intrepid entra en cale sèche dans la base hawiienne le 26 février, neuf jours après l’attaque. Un mois plus tard, il était de retour aux Etats-Unis, à Hunter’s Point (San Francisco), pour une refonte et des réparations qui allaent durer trois mois.
Retour dans le Pacifique
On profita pour moderniser ses radars et pour renforcer son armement antiaérien. Quand le porte-avions reprit la mer, le 9 juin, son pont d’envol était encombré de véhicules et de divers appareils de l’US Army et de l’US Navy. Les moyens de transport étaient trops rares pour que l’on se permette de gaspiller la moindre place sous les hangars et sur le pont d’envol, d’autant que le porte-avions ne serait véritablement opérationnel qu’une fois de retour dans le Pacifique Central. Quand le navire arriva à Pearl Harbor, ses formations aériennes se mirent sérieusement à l’entraînement, et deux mois plus tard, l’Intrepid était prêt à rejoindre son jumeau Bunker Hill et les CVL Cabot et Independance au sein du TG 38.2, composante de la TF38.
Un TBF Avenger est lancé par la catapulte babord tandis que deux autres attendent avec leurs ailes repliées.
Le 28 août 1944, le Task Group appareillait d’Eniwetok pour aller bombarder les forces japonaises en prélude aux débarquements de Morotai et de Palau. Dès le mois suivant, cette dernière île était attaquée. Les 12 et 13 octobre, l’offensive fut dirigée contre le centre des Philippines pour obliger les nippons à rester sur la défensive. Cette opération se solda pour les Japonais par un bilant très lourd : 59 navires coulés et 478 avions détruits. Le 6 octobre, le TG 38.2 quittait Ulithi pour donner l’assaut à Formose, renforcé d’un autre porte-avions de la classe Essex, l’USS Hancock.
L’intrepid joua un rôle important dans la bataille du golfe de Leyte. Le 23 octobre le TG 38.2 était posté à l’est fdu détroit de San Bernardino avec l’ordre de protéger les plages de débarquement contre un assaut des puissantes forces de surface japonaises qui s’approchaient par l’ouest. De fait, c’est un des Curtiss SB2C (Helldriver) de l’Intrepid qui à l’aube fut le premier à repérer la force A de l’amiral Kurita. Il s’en suivit la bataille de Siuyan. L’Intrepid et le petit porte-avions Cabot frappèrent les premiers coups, désanparant le croiseur lourd Myoko, atteint par une torpille et touchant le cuirassé Musashi (une torpille et une bombe). Les avions de L’Intrepid participèrent également à l’assaut final avec ceux de L’Entreprise, de l’Essex, et du Franklin et du Cabot. Leurs attaques répétées à la torpille et à la bombe finirent par couler le Musashi ; après la perte du cuirassé, les Japonais se replièrent.
L’Intrepid semble en flammes pendant une attaque aérienne. Un bombardier japonais explose à quelques mètres du navire, le couvrant d’essence et de débris. Du croiseur Santa Fe, il paraissait que le porte-avions avait explosé. Mais les équipes de sécurités maîtrisèrent rapidement les incendies.
Les attaques Kamikazes
Le lendemain, L’Intrepid prenait part à la bataille du cap Engano. Bien que la TF 38 ait pris le groupe de leurre, la 1re flotte mobile, pour le groupe principal, la plupart des porte-avions ennemis survivants furent envoyés par le fond (le Zuiko, le Zuikaku, le Chitose et le Chiyoda succombèrent ainsi aux coups des Américains). Après deux jours de combats presque incessants les porte-avions rapides montraient des signes de fatigue, mais avec la destruction des forces japonaises de surface, le pire semblait passé.
Mais les Japonais étaient sur le point d’inaugurer les attaques-suicides, ou kamikazes, qui allaient éprouver à l’extrême le moral de la Task Force. L’Intrepid fut le premier touché le 29 octobre, au large de Luçon, par un appareil japonais endommagé qui s’écrasa sur le pont, Si dix hommes furent tués et six autres blessés, les dégâts matériels furent peu importants et le navire put poursuivre le combat. Le lendemain, le TG 38.4 eut moins de chance : des incendies se déclarèrent à bord du Franklin et du Belleau Wood allumés par des avions qui s’abattirent délibérément sur leur pont encombré.
La Task Force se replia sur Ulithi pour se reposer et effectuer des réparations, mais à peine les navires y étaient-ils arrivés ( 2 novembre ) qu’ils furent rappelés en hâte à Luçon pour appuyer les troupes combattant à terre.
Le 25 novembre, L’Intrepid était de nouveau à la mer, assurant une couverture continuelle au sol et s’approvionnant en carburant et en provisions auprès du train d’escadre. Pendant une série d’attaques aériennes, un avion japonais plongea sur l’Intrepid, allumant des incendies parmi les appareils et le ravitaillement entassés sur le pont d’envol. Tandis que les pompiers et les équipes de contrôle des dégâts luttaient contre le feu, un second kamikaze se fracassa sur le pont à 23 m de distance environ vers l’arrière. La bombe travesa le pont d’envol en bois et explosa dans le hangar, provoquant de nouvelles destructions. L’incendie fit rage pendant deux heures, avant d’être maîtrisé On dénombrait au total 69 morts et 85 blessés. Les dégâts étaient si considérables que le navire dut être envoyé aux Etats-Unis. Il regagna Ulithi pour y effectuer les réparations d’urgence avant de reprendre le long trajet de retour vers Pearl Harbor et San francisco, ou il arriva en janvier 1945.
L’organisation de l’arsenal était d’une efficacité telle que l’Intrepid appareilla le Hunter’s Point dès le 20 février pour rallier une fois de plus le théâtre des opérations dans le Pacifique.
Arrivé à Ulithi le 13 mars, il fut affecté au TG 58.4 avec le Yorktown, le Langley et l’Indépendence. Dès le lendemain, les porte-avions reprenaient la mer pour aller attaquer l’archipel du nippon, dernière phase de la guerre du Pacifique.
Le 18 mars, L’Intrepid subit de légers dégâts résultant de la projection des débris enflammés d’un avion-suicide qui avait explosé à 15 m de distance du navire. Le 16 avril, celui-ci eut moins de chance : deux kamikazes l’avaient pris pour cible, et si l’un d’entre eut rata son but de quelques mètres, l’autre s’écrasa sur le pont d’envol, qu’il traversa, allumant dans le hangar un grand incendie qui mit, une fois de plus, le bâtiment hors de combat. Cette fois néanmoins les pertes en hommes furent moins lourdes : 10 morts et 87 blessés.
La guerre était finie pour l’Intrepid. Il regagna San Francisco mais put rallier à temps la TF 38 (juillet 1945) pour assister à la capitulation du Japon.
Leyte, la dernière grande bataille
Des que les Japonais apprirent que les forces alliées faisaient route vers le golfe de Leyte, aux Philippines, ils déclanchèrent le plan SHO-1. Les navires stationnés au nord de Bornéo et ailleurs rameutés et répartis en trois groupes. La force A, en provenance de Bornéo (elle faisait partir du premier groupe d’attaque commandé par l’amiral Takeo Kurita), devait franchir le détroit de San Bernadino pour donner l’assaut aux forces de débarquement américaines par le nord, au large de Samar. Un deuxième groupe d’attaque, aux ordres du vice-amiral Kiyohide Shima devait faire la jonction avec la force C (qui faisait également partie du premier groupe d’attaque, en provenance de Bornéo), sous le commandement du vice-amiral Shaji Nishimura, pour franchir le détroit de Surigao et attaqué les Alliés par le sud. Enfin la principale force de porte-avions, la 1re Flotte mobile en provenance du Japon et placée sous les ordres du vice-amiral Jisaburo Ozawa (ses bâtiments n’avaient plus que quelques appareils), éloignerait les porte-avions américains des Philippines. Pendant que les premiers et deuxième groupes d’attaque en découdraient avec les troupes de débarquement et leurs navires de protection avant que les supercuirassés Yamato et Misashi qui fesait partie de la force (A ) ne s’en prennent aux porte-avions américains avec leurs canons.
Un signaleur sur le pont d’envol d’un porte-avions rapide, avec à l’arrière-plan un cuirassé de la classe Washington.
Comme bon nombre d’autres plans de bataille japonais trop complexes, le plan SHO-1 tourna mal dès le départ. Au large de Palawan, la force (A) tomba dans l’ambuscade que lui avaient tendue deux sous-marins américains qui communiquèrent leur contact par radio, et coulèrent trois croiseurs lourds. Alors qu’ils traversaient la mer de Sibuyan, les navires de l’amiral Kurita durent affronter de violentes attaques aériennes, ayant encaissé quelques dix-neuf torpilles, le puissant Musashi finit par être mis hors combat, tandis que son jumeau Yamato et les autres cuirassés Nagao, Kongo et Haruma continuaient péniblement, à faire route vers le détroit de San Bernadino.
Suite à un ambrouillamini dans les transmissions radio, les porte-avions rapides américains laissèrent les petits porte-avions d’escorte faire face seuls à un féroce bombardement des navires de Kurita pour se lancer à la poursuite des bâtiments pour les Américains leurs « Jeep carriers », destroyers et destroyers d’escorte, opposèrent aux forces de Kurita une résistance si farouche que l’amiral finit par donner l’ordre de la retraite, manquant ainsi l’occasion d’en finir avec la vulnérable force d’invasion.
Un kamikaze s’abat sur l’Essex.
Dès lors, les Américains allaient prendre une terrible revanche sur leur advesaire. Traquant les porte-avions d’Osawa au large du cap Engano, ils envoyèrent par le fond le Chitose, le Chyoda, le Zukaku et le Zuiko. Alors qu’elles tentaient de se frayer un chemin à travers le détroit de Surigao, les forces de Nishimura et de Shima s’exposèrent à une foudroyante attaque de nuit des vieux cuirassés de l’amiral Oldenburg (certains étaient des vétérans qui avaient survécu à Pearl Harbor) et furent pratiquement exterminées.
A Samar, l’artillerie nippone se déchaîne contre les porte-avions d’escort.
Baroud d’honneur dans la mer philippines
L’invasion de Saipan par les forces américaines, à la mi-juin 1944, força les Japonais à réagir en force. Des bases dans les ’îles Mariannes offraient la possibilité aux bombardiers américains d’attaquer des cibles sur le sol japonais. Pour éviter cela, la marine impériale japonaise décida de se porter au devant des Américains avec ses derniers porte-avions opérationnels et les équipages entraînés restants.
L’amiral Jisaburo Ozawa, commandant la 1re Flotte mobile récemment constituée, projeta d’établir dans les îles de Guam, Yap et Rota un grand nombre de bases d’aviation, dont les appareils attaqueraient les porte-avions américains à l’ouest de Saipan, surpassant en nombre les avions américains embarqués. Comme les avions embarqués nippons, construits plus légèrement, avaient un rayon d’action supérieur de 320 km à celui des avions américains embarqués, l’amiral Ozawa projetait d’attaquer les porte-avions rapides, adverse, tout en restant hors du rayon d’action de leur aviation embarquée, de ravitailler et de réarmer à Guam, puis d’attaquer une seconde fois sur la route du retour. En théorie, les attaques aéronavales auraient dû être très destructrices, car les porte-avions américains auraient alors déjèa subi de sévères dommages, infligés par les assauts en provenance des avions basés à terre. L’application pratique du plan fut un échec. Dès le début de la bataille, le vice-amiral Kakuta, commandant les forces aériennes à terre, ne réussit pas à infliger des pertes significatives à l’aviation embarquée américaine. Pendant ce temps l’amiral américain Raymond Spruance lançait de violents raids sur les aérodromes japonais, détruisant les avions basés à Guam et Rota. Kakuta omit d’avertir Ozawa de l’échec de ses tentatives. En revanche, les Américains ne manquaient pas de renseignements sur les mouvements d’Ozawa car leurs sous-marins avaient repéré les porte-avions japonais dans la mer des Philippines.
Un avion japonais en flamme plonge vers la mer au-dessus du petit porte-avions d’escorte Kitkun Bay lors de l’invasion de Saipan en juin 1944.
La force japonaise réunissant neuf porte-avions, 5 navires de ligne, 12 cuirassés, 27 destroyers et 24 sous-marins. Mais cette flotte fut mise à mal par la Task Force 58, composée de porte-avions légers ainsi que 7 navires de ligne, 21 croiseurs, 62 destroyers te 25 sous-marins. Cette supériorité quantitative était encore accrue par l’entraînement poussé des équipages d’avions américains. Le programme d’entraînement japonais ne pouvait pas compenser les pertes subies et de nombreux pilotes d’Ozawa étaient à peine capables d’apponter sur leurs porte-avions.
Le 18 juin, la principal escadre japonaise se mit en place à l’ouest des Mariannes et détacha son élément davant-garde, les trois porte-avions légers de l’amiral Takeo Kurita, avec l’intention de lancer les premières attaques le matin suivant. Lorsque le détachement précurseur lança une première vague de 16 chasseurs et de 53 bombardiers, celle-ci fut détectée au radar par les piquets d’alerte donnant le temps aux porte-avions américains de lancer à leur tour les chasseurs dispoibles. Ils infligèrent des pertes sévères aux Japonais (42 avions) et les seules dommages subis constituèrent en un impact de bombe sur le cuirassé South Dakota.
Le porte-avions japonais Zuiho attaqué par le groupe aérien de l’Entreprise pendant la bataille de la mer des Philippines ; noter les marquages du pont.
Le tir aux dindons des Mariannes
Une deuxième vague fut lancée depuis les six porte-avions du corps principal : 48 chasseur et 62 bombardiers, mais dix minutes plus tard le sous-marin américain Albacore torpillait le porte-avions Taiho. Une fois de plus le tir antiaérien massif des cuirassés arrêtait la force de frappe japonaise, abattant 79 des 110 appareils.
Une troisième vague de 47 avions parvint à éviter la flotte cuirassée, mais elle ne trouva que très peu de cibles, et perdit 7 appareils. Une quatrième vague, lancée à partir de 11 h30, perdit aussi sa route, et seulement 33 des 82 avions trouvèrent le TG 58.2 et subirent de lourdes pertes.
Types d’avions les plus courants de la guerre du Pacifique
Les porte-avions japonais avaient accompli leur effort maximal et n’avaient réussi qu’à infliger des dommages négligeables à la TF 58. A 12 h 22, Ozawa subit un nouvel échec lorsque le sous-marin américain Cavalla logea quatre torpilles dans le Shokaku, qui sauta et coula à 15 h10, suivi peu de temps après par le Taiho. Mais Ozawa n’avait pas l’intention de renoncer, car il croyait toujours que les forces de Kakuta basées à terre avaient infligé de lourdes pertes à l’aéronavale américaine, et il eut plutôt l’impression que ses 102 avions restants pouvaient retourner la situation au détriment de Spruance. En outre, Kakuta lui avait dit que de nombreux survivants d’attaques aéronavales avaient atterri sains et saufs à Guam.
Le jour suivant, les deux flottes adverses naviguèrent vers le nord-ouest dans des directions approximativement parallèles. Spruance n’apprit la position d’Ozawa que tard dans l’aprè-midi, et il se trouvait alors devant un choix difficile : une attaque contre les porte-avions japonais à la limite des rayons d’action de ses appareils en sachant que le vol de retour jusqu’aux porte-avions s’effecturait dans l’oscurité. Néanmoins, à 16 h 20, il ordonna une attaque massive, soit 85 chasseurs, 77 bombardiers en piqué et 74 avions-torpilleurs.
Un bombardier perd une aile après avoir été touché par un obus de 127 mm tiré du Yorktown au large de Kwajalien.
Les Japonais ne purent lancer que 80 appareils avant que les Américains soient sur les lieux. Le porte-avions léger Hiyo fut coulé par deux torpilles, le Zuikaku, le Junyo et le Chiyoda furent gravement endommagés ainsi que d’autres unités. Ozawa essaya de sauver ce qui restait de sa flotte, mais il savait qu’il venait de perdre sa dernière chance de victoire décisive. Ses pilotes inexpérimentés avaient été abatus en si grand nombre que les pilotes américains avaient appelé la bataille aérienne du 19 juin le grand tir aux dindons des Mariannes. Même exténués, les pilotes de L’US Navy se montrèrent plus efficaces. Après l’attaque du 20 juin, les avions américains revinrent à leurs navires à 22 h 45, beaucoup d’entre eux virtuellement à sec de carburant. Dans un geste devenu légendaire, le vice-amiral Mitscher ordonna aux porte-avions de ralluner leurs feux de pont, pour s’assurer que les pilotes ne puissent apponter dans l’obscurité. Les pertes furent lourdes, mais 116 appareils retrouvèrent leurs hangars, sains et saufs. Les 80 autres ammerrirent à proximité, permettant aux destroyers de recueillir la majorité des équipages.
Double langage malhonnêteté intellcetuelle
A posteriori, il est difficile de critiquer la conduite de la bataille par Ozawa. L’erreur tactique la plus grande, l’attaque des cuirassés, provenait du manque d’expérience des pilotes de l’aéronavale, Les extraordinaire contrevérités dite par Kakuta incitèrent Ozawa à croire que ses quatre attaques avaient réussi, et il fut même abusé quand il apprit que ses avions étaient en sécurité à Guam alors qu’en réalité ils avaient été détruits. Étant donné ces circonstances et le fait qu’il était de loin surpassé en nombre, il aurait difficilement pu faire mieux.
Même si Ozawa avait été favorisé par la chance, il aurait fallu un miracle pour lui donner la victoire contre la TF 58. Ce qui aurait pu arriver de mieux aurait été quelques porte-avions américains gravement endommagés ou même coulés. Il en serait résulté un court répit, mais les Japonais étaient maintenant submergés sous le nombre. Non seulement il y avait peu de pilotes entraînés disponibles, mais encore les matières premières et le carburant ne parvenaient plus en raison de la pénurie de navires marchands. Il était maintenant impossible aux chantiers navals nippons de maintenir la marine marchande aux niveaux d’avant guerre. La flotte ne disposant plus de carburant raffiné en quantités suffisantes, était contrainte d’utiliser le carburant volatile de Bornéo, cause majeure des explosions qui détruisirent le Taiho et le Shokaku.
Du côté américain, il y eut d’amères récriminations contre Spruance, en particulier de la part de l’amiral William Halsey et de ses partisans. On avait l’impression que l’excès de prudence de Spruance avait fait perdre à la TF 58 l’occasion de couler tous les porte-avions d’Ozawa, et ainsi d’éliminer la marine impériale japonaise.
















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