LES PROCÈS DE 1945-1948

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29 juillet 2014

PORTE-AVIONS BRITANNIQUES EN ORIENT

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 11 min

La fin de la guerre en Méditerranée et dans l’Atlantique permit à la Royal Navy de concentrer ses principaux porte-avions en Extrême-Orient, ou ils formèrent la British Pacific Fleet. L’attaque de la raffinerie de pétrole de Sabang en 1944, de petite envergure selon les Américains, mobilisa cependant quatre fois plus d’avions que lors du raid sur Taranto.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, au moment ou se constitua la British Pacific Fleet, l’US Navy employait sur une grande échelle l’Aviation navale, s’inspirant de doctrines opératrionnelles qu’il fallait réinculquer aux Britanniques. Un premier pas avait été franchi, au début de 1943. Lorsque le Victorious avait opéré dans le Pacifique avec le Saratoga. Puis, un an plus tard, les Américains prêtaient pour quelque temps le Saratoga au noyau de la nouvelle flotte bitannique, stationnant alors à Ceylan. Ce noyau était formé par l’Ilustrious et d’autres unités principales, qui, en raison de la fin prochaine des hostilités en Méditerranée, étaient désormais en mesure d’intervenir en Asie.

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Lorsque la Royal Navy put enfin disposer d’une importante force aéronavale en Extrême-Orient, la guerre du Pacifique touchait à sa fin et cette participation britannique n’avait qu’une valeur de symbole, d’une utilité militaire très marginale en comparaison de l’effort américain.

Après quelques semaines d’intense préparation, les deux porte-avions constituèrent le fer de lance d’une force de 27 navires, appelée TF-70, et qui devait, le 16 avril 1944, attaquer la raffinerie de pétrole de l’île de Sabang, à la pointe nord de Sumatra. Bien que dirigée par un officier britannique, cette force était multinationale, rasemblée derrière six enseignes différentes. Pour les Britanniques ils étaient faciles de déclencher une offensive contre les Japonais. Les deux porte-avions contenant 83 avions, soit quatre fois le nombre d’appareils utilsés à Taranto. Le mois suivant, des manœuvres préparatoires furent effectuées à Surabaya, dans l’île de Java. Si les pertes furent assez faibles et les résultats peu importants, les Britanniques tirèrent de ces exercices des enseignements précieux. Ils s’aperçurent en effet qu’il était capital de faire naviguer le commandant de la force à bord d’un porte-avions, celui-ci ayant, de là, une meilleure vue d’ensemble de la situation (la tradition voulait qu’il porte sa marque sur un navire de guerre). Ils prirent également conscience de la nécessité, lors d’opérations prolongées, de disposer d’un second pont d’atterrissage.

Vers la fin de 1944, le calme revenant dans l’océan Indien, cette zone ne fut plus surveillée que par six porte-avions d’escorte disponibles de la flotte des Indes orientale basés à Ceylan, et servant essentiellement à appuyer la campagne de la XIVe  armée, à Burma, avec cent-cinquante avions.

En janvier 1945, de sa base temporaire de Manus, dans les îles de l’Amirauté, au nord de la Nouvelle-Guinée, la British pacific Fleet se déclara opérationnelle. Elle avait accompli la lourde tâche d’assembler er d’organiser l’énorme train de ses navires, de façon à être totalement indépendante dans une guerre mobile l’amenant loin de ses bases habituelles. Comme la TF-57 la BPF était commandée par le vice-amiral Rawling, placé lui-même sous les ordres du commandant en chef de la flotte américaine du Pacifique, l’amiral Nimitz, mais elle dépendait de la 5e flotte de l’amiral Spruance. La BPF étai essentiellement constituée de quatre porte-avions et de quelques navires modernes, et elle recevait l’appui de six CVE, sa puissance étant équivalente à celle d’un groupe d’intervention américain. Sa première opération fut la prise d’Okinawa.

Les Britanniques avaient pour mission de détruire les terrains d’aviations japonais, situés dans le Sakishima Gunto, la série d’îles s’étendant entre Okinawa et Formose. Attaquant le jour et se retirant la nuit pour reformer l’escadrille, les assaillants ne rencontrèrent que peu d’opposition les premiers temps, mais le 1er avril 1945, jour des principaux débarquements, le Indefatigable fut touché par un kamikaze.

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(À gauche), le Victorious et l’implacable, photographiés depuis le pont d’envol du Formidable, le 10 juillet 1945, alors que la force aéronavale britannique s’apprête à lancer des attaques aériennes contre le sol métropolitain du Japon. Bien qu’embarquant davantage d’appareils que ce quoi ils avaient été conçus, ils restaient en déçà des performances américaines. (À droite), A de nombreuses reprises, la décision britannique de blinder les ponts d’envol des porte-avions se révéla très judicieuse car de nombreux avions-suicides s’écrasèrent en explosant, sans pour autant mettre les navires hors de combat. En revanche, nombre d’unités américaines durent retourner à leurs ports d’attache afin de réparer des ponts d’envol éventrés.

Après un mois d’opérations continues, les Britanniques s’accordèrent un moment de répit, puis revinrent de nouveau à l’attaque, joignant leurs efforts à ceux des porte-avions américains, incapables à eux seuls de mettre un terme à l’activité aérienne des Japonais. Le 4 mai un kamikaze s’abattit sur le Formidable endommageant son pont blindé ; il fallut quatre-vingts minutes pour le remettre en état Le Indomitable fut également atteint. Cette guerre d’usure continua ainsi des deux côtés, jour après jour. Le 9 mai, le Formidable fut touché une nouvelle fois et le Victorious essuya deux attaques. Il n’y eut que quelques morts mais de nombreux avions, à bord, furent détruits. Le 25 mai, Okinawa se trouvant désormais entre les mains des Américains. La TF-57 quitta les lieux après deux mois d’intense activitéé Plus lourd, les porte-avions brtanniques avaient prouvé leur supériorité aux Américains, car si ses derniers n’avaient perdu aucun avion. Beaucoup avaient été sérieusement endommagés et furent par la suite retirés du service.

Au cours des 8 000 sorties effectuées par l’aviation de la BPF pour s’emparer d’Okinawa, prŝ de 85 appareils avaient été détruits, dont la moitié par les kamikazes. Les Britanniques avaient brillé par leurs exploits et les deux flottes avaient bénéficié de leur expérience réciproque.

 La bataille du détroit de Surigao

La bataille du détroit de Surigao est l’une des quatre opérations plus connu sous le nom général de bataille du golfe de Leyte. Les japonais suivant le plan Sho-1, avaient envoyé deux détachements (appelés respectivment Force (C) et le deuxième groupe d’attaque) ver le détroit de Surigao. Le premier détachement sous les ordres du vice-amiral Nishimura, comprenait le cuirassé Fuso, Yamasiro et un croiseur lourd, tandis que le second, sous les ordres du vice-amiral Shima, ne comprenait que trois croiseurs lourds. L’objectif désigné était les escadres américaines au large de Samar. Elles devaient être attaquées conjointement avec le premier groupe d’attaque du vice-amiral Takeo Kurita qui comprenait cinq cuirassés.

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Nishimura entra dans le détroit de Surigao peu après minuit, le 24 octobre 1944. Deux destroyers précédaient le vaisseau amiral Yamashiro, le Fuso et le croiseur lourd Mogami qui avançaient de front. La première attaque américaine fut menée par des vedettes lance-torpilles et fut repoussée. Mais la seconde ligne de défense était constituée par un groupe de destroyers tous armés de torpilles. La mêlée fut confuse. L’un des destroyers américains lâcha une bordée de cinq torpilles ui toucha le Fuso par le travers. Ce dernier explosa et se brisa en deux parties, qui dérivèrent séparément avant de couler. La dernière ligne de défense américaine était commandée par le contre-amiral Jesse B. Oldendorf et était composée de six cuirassés : Tennessee, West Virginia, Mississippi, Maryland, California et Pennsylvania. Cinq d’entre eux étaient des vétérans de Pearl Harbor. Ils avaient tous été remis en état et bénéficiaient des derniers modèles de radar de conduite de tir. Le Tennessee et le West Virginia ouvrirent le feu à une distance de 20 850 m, suivis peu de temps après par le vaisseau amiral Mississippi et le Maryland.

Pendant un moment, le Yamashiro sembla indifférent à la tornade de feué Bien que touché, il signalait : (Le Yamashiro a été touché par une torpille, mais sa capacité de combat est intacte).

(À gauche), le cuirassé japonais Yamashiro en 1938. (À droite), le Pennsylvania conduit une file de vieux cuirassés de la classe Colorado et trois croiseurs de bataille dans le golfe de Lingayen.

Oldendorf tourna alors sa ligne de bataille pour barrer le (T) à Nashimura, manœuvre classique des cuirassés. Aucun navire n’échappe à une telle puissance de feu. Les témoins oculaires virent le Yamashiro se transformer en brasier. Il chavira finalement, entraînant tout l’équipage dans la mort. Les cuirassés n’avaient plus rien à faire. Les destroyers et les avions achevèrent la deuxième escadre de Shima, coulant tous les croiseurs et destroyers, exception faite du Shigura. La bataille du détroit de Surigao fut la dernière grande bataille de cuirassés et elle restera comme l’un des sommets de la bataille en ligne.

 Le sacrifice du Yamato

En avril 1945, pour gêner le débarquement américain d’Okinawa, le plus grand cuirassé jamais construit, le Yamato, fut envoyà pour une mission sans retour. Le débarquement américain à Okinawa marquait en effet, pour le Japon, le commencement de la fin. Mais dans un effort désespéré pour retarder l’énivitable, le cuirassé Yamato effectua sa dernière sortie depuis Kyushu. Il devait servir d’appât, loin d’Okinawa, aux avions américains et rendre ainsi l’île vulnérable aux attaques massives des kamikazes contre les navires de guerre et les transports de troupes. Dans le cas, improbable, ou le cuirassé atteindrait l’île, il avait reçu l’ordre de s’échouer et d’utiliser ses canons de 460 mm pour aider les défensseurs. Il n’avait pas embarqué de carburant de retour.

Cette escadre-suicide, dont le nom de code était TEN GO, comprenait, outre le Yamato, le croiseur léger Yahagi et huit destroyers. Elle quitta la baie de Yokuyama le 6 avril à 16 heures. Le lendemain l’un des destroyers fit demi-tour en raison d’ennuis mécaniques. Les navires légers naviguaient en cercle, entourant le cuirassé Yamato. Le 7 avril, ils furent repérés par les avions de reconnaissance américains. Peu de temps après, quelque 250 appareils partaient à la rencontre de l’escadre japonaise TEN GO. Le Yamato les repéra à environ 30 000 m. Tous les marins de l’escadre japonaise savaient que l’issue fatale ne pourrait être évitée, mais un climat de ferme résolution régnait dans les équipages quand les avions commençèrent leurs attaques. Après une brève accalmie, due à une bourrasque de pluie qui cacha les navires, la bataille commença à 12 h 32 alos que l’escadre n’était qu’à 280 km au sud de Kyushu. Le premier navire à disparaître fut le Yahagi. Puis ce fut le tour du destroyer Isokaze. La première bombe toucha le Yamato à 12 h 40, et dix minutes plus tard, des torpilles le touchaient par bâbord. Puis  ce furent huit autres torpilles qui atteignirent leur but sur bâbord et deux à tribord, entraînant une voie d’eau. A 14 h 5, il était évident que le dispoitif de redressement du bateau ne pourrait l’empêcher de gîter et l’ordre d’évacuation fut donné, Une dernière torpille l’atteignit qui ogmenta sa gîte de 20o. Soudain, la coque géante explosa dans d’énormes nuages de fumée.

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Le Yamato lors de sa première sortie en mer en 1941. Il n’eut jamais l’occasion de mettre à l’épreuve sa puissance et fut coulé par l’aéronavale américaine le 7 avril 1945.

Soudain la coque géante explosa dans d’énormes nuages de fumée. Les incendies avaient probablement gagné la soute à munitions. Les destroyers encore saufs se hâtèrent de repécher les survivants, mais 2 498 officiers et marins périrent. Après que les derniers rescapés eurent été repêchés à bord du Kasumi, le Fuyuzuki tira une torpille dans la coque du cuirassé et prit le chemin du retour avec les autres navires rescapés. Le Hatsushimo, le Suzutsuki et le Yukikase.

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Le Yamato qui brûle après l’attaque de l’aviation allié.

L’opération TEN GO fut un sacrifice innutile ; elle causa la mort de 3 665 marins (446 sur le Yahagi et 721 dans les destroyers, sans compter ceux du Yamato).

LE TRAITÉ DE WASHINGTON

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 03 min

Les accords de Washington en 1922 mirent fin provisoirement à la fièvre de construction de navires de ligne qui prévalait avant la Première Guerre mondiale.

Les Accords de Washington définissaient dans leur chapitre IV les caractéristiques d’un porte-avions : tout bâtiment exédant 20 000 t dont la fonction spécifique et exclusive est le transport d’aéronefs, et construit de façon à permettre aux appareils de décoller et d’atterrir. Les signataires des accords étaient autorisés à se doter d’un nombre indéterminé d’unitéd pour un tonnage total plafonné (article 7) : le Rayaume-Uni et les États-Unis, 135 000 t : le Japon 81 000 t : 60 000 t pour la France et l’Italie. L’article 9 stipule qu’aucun navire ne peut dépasser 27 000 t standard, mais chaque État peut en construire deux allant jusqu’à 33 000 t pourvu que le plafond soit respecté. En application des clauses de limitation, les puissances contractantes ont aussi la possibilité de convertir les unités (déjà construites ou en cours de construction) qui devraient sinon être cassées pour respecter les quotas. L’article 10 prévoit l’absence de restriction pour les armes de petit calibre et une dotation maximale de dix canons au calibre compris entre 152 et 203 mm. Au chapitre III, le remplacement des unités est admis vingt ans après leur date d’achèvement (sauf en cas de perte). Les navires expérimentaux peuvent quant à eux être remplacés dans la limite du plafonnement.

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Les planificateurs de la Royal Navy préférèrent mettre en chantier des bâtiments de dimensions plus modestes que celles des géants américains ou japonais. Le Courageous, le Furious et le Glorious photographiés ici. N’emportaient en tout que 120 avions. Seul le Furious survivra à la guerre.

Pour se situer dans le contexte de l’époque, on doit avoir en mémoire que le Royaume-Uni ainsi que le Japon construisaient déjà leurs premiers porte-avions de petit gabarit et que les Etats-Unis tranformaient un charbonnier. La France et l’Italie n’avaient pas avancé sérieusement leurs études. Ainsi après les hésitations de la première génération, les signataires se retrouvèrent en posséssion de paramètres définissant la deuxième génération de porte-avions, leur donnant les moyens d’optomiser la reconstruction, des coques inachevées des navires de ligne en chantier. Ce que firent les Américains en transformant les coques de deux croiseurs de bataille ; achevés en 1927, le Saratoga (CV.3) et le Lexington (CV.2) mesurant 207.50 m et filant à 34 nœuds ; comparés au CV.1 Langley de 165.40 m et filait 15 nœuds. La mutation de cinq ans, sans étape intermédiaire est particulièrement frappante, mais la limite officielle de 33 000 t est dépassée d’environ dix pour cent.

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Le Ryujo, une coque de croiseur transformée en porte-avions embarquant quarante-huit appareils. Les Japonais prirent la décision d’ignorer les clauses du traité et de construire plusieurs séries de grands porte-avions.

Les Japonais suivirent une orientation similaire avec le Hagaki et le Kaga. Les deux bâtiments, sans autre raison que le manque d’expérience, furent équipés d’une batterie de 203 mm, transgressant de cette manière les accords passés. Les deux marines revinrent ensuite à des bâtiments de dimension plus modestes (le Ranger et le Ryujo), qui servirent à démontrer que seules les grandes unités sont valables. Les Britanniques, avec de meilleures coques et plus d’expérience optèrent pour deux navires de 22 500 t, le Glorious et le Courageous, qui, armés de canons de 120 mm, demeuraient dans les limites de la convention. Usant d’une conception classique et sans démesur, la Royal Navy se retrouva en 1930 à la tête de six porte-avions d’une capacité d’embarquement peu inférieure à celle des unités américaines. Em mer, méditerranée, les Italiens ne virent pas l’intérêt de ce type de navires ; enfin les Français construsirent le Béarm, lent et de faible capacité, la France devait à cette occasion prendre du retard dans le domaine aéronaval.

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Le Lexington qui disposera jusqu’en 1945 des plus vastes hangars en service aur mer. Embarquant quatre-vingts appareils et atteignant la vitesse respectable de 34 nœuds, les navires de cette classe étaient les meilleurs du monde.

Au total, les accords de Washington mirent un frein aux rivalités stériles entre marines et à contrario stimuèrent l’essor des techniques de construction des grandes unités, croiseurs et porte-avions.

LE TOKYO EXPRESS

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 00 min

L’intensification des combats pour les îles Salomon obligea les Japonais a trouver un moyen de ravitailler leurs troupes à Guadalcanal, bravant les avions américains qui avaient la maîtrise du ciel. La solution, ils la trouvèrent en utilisant des destroyers et des transports rapides faisant des allés et venus de nuit.

Début juillet 1942, les Américains étaient prêt à mettre sur pied leur première opération amphibie. Celle-ci prit une tournure urgente dès que les avions de reconnaisance signalèrent que les Japonais étaient en train de construire une piste d’atterrissage à Guadalcanal et une base aéronavale près de Tulagi. Le 7 août, les Américains débarquèrent sans se heurter à une quelconque résistance, et deux jours plus tard, il ne leur restait apparement plus qu’à nettoyer le terrain.

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Un destroyer japonais coulé près de l’île de Floride, au nord du détroit  Ironbottom. Les Japonais étaient devenus maîtres dans l’art des combats nocturnes, et les Américains en venaient difficilement à bout.

Mais leur déception fut amère, car les croiseurs du vice-amiral Gunichi Makawa infligèrent une sanglante défaite aux navires américains chargés de couvrir l’opération, au large des îles Savo. Cependant, cette défaite tactique se transforma en victoire stratégique, car l’ennemi ne s’acharna pas sur les bateaux de transport qui, cependant étaient pour eux une cible de choix. Malgré cela, les Américains se sentirent contraints de se retirer, par prudence, abandonnant 16 000 marines démunis. Travaillant fièvreusement dans une chaleur moite et insupportable, le génie acheva en quelques jours la piste d’atterrissage que les Japonais n’avaient pas terminée, et la baptisèrent Henderson Field ; elle devait jouer un rôle primordial dans cette guerre. Le ravitaillement commença à arriver au copte-gouttes, puis fut acheminé par de nombreux allés et venues rapides par voie maritime.

Dans la nuit du 17 au 18 août.  Des transports rapides escortés de sept destroyers débarquèrent environ 1 000 soldats japonais. Leur  vitesse permettait à ces bateaux de faire un aller-et-retour par nuit, et leurs activités nocturnes allaient devenir si régulières que l’on en parla bientôt comme du (Tokyo express). Pendant une semaine, l’ennemi construisit petit à petit de cette façon la force armée qui allait reprendre l’île, mais tout ce passait la nuit, car la surveillance aérienne des Américains faisait courir trop de risques en plein jour. A l’aube du 22 août, deux destroyers américains équipés de radar (et dont l’un s’était montré si peu efficace à Savo, quinze jours plus tôt) furent envoyés pour barrer la route aux Japonais. Une fois de plus, ils se laissèrent prendre par surprise et l’un des destroyers fut coulé.

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Le Mutsuki que l’on voit ici, surpris à l’aube par les avions méricains de Guadalcanal était un destroyer transformé en transport pour ravitailler la garnison japonaise des îles Midway.

Le 24 août, les Japonais tentèrent de donner l’assaut. Alors que la bataille des Salomon orientales devait se dérouler avec le gros des troupes pour mobiliser l’attention des Américains, quatre destroyers commandés par le redoutable contre-amiral Raizo Tanaka, escortant des bateaux de transport, descendaient le (Slot), le long canal qui sépare les chaînes de montagneuses des îles Salomon. Les destroyers atteignirent lu objectif et neutralièrent Henderson Fiel un de leurs transports prit feu et le destroyer Mitsuki, qui n’avait pas eu le temps de renter avant le lever du jour, fut coulé. Le débarquent fut ajourné. 

En s’éloignant des îles Shetland, Tanaka tombait sous le feu des bombardiers Douglas basés sur l’aérodrome de Henderson, si bien qu’il ne pouvait naviger que de nuit. C’est dans la nuit du 26 au 27 août que trois destroyers débarquèrent 350 hommes, et 130 la nuit suivante. Très confiants, ils sortirent cependant trop tôt lors du voyage suivant et se firent repérer avant que la nuit tombe. L’Asagiri fut coulé corps et bien.

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A l’aube du 14 novembre, les transports japonais abordèrent à Guadalcanal.

Guadalcanal

À la mi-septembre, la situation sur l’île en était toujours au même point, aucun des deux camps nayant réussi à évincer l’autre. Le haut commandement japonais décida alors d’axer tout ses efforts sur Guadalcanal et retira du circuit du Tokyo Express les principaux destroyers pour les reformer : em mettant plus d’armes antiaériennes, en dégageant de la place pour pouvoir charger davantage le bateau, tout en ne touchant pas aux torpilles. Ce sont ces destroyers qui permirent aux Japonais d’attaquer. Mais les Américains, plus puissants  que prévu, ceux-ci furent contraints de se consacrer au déplacement des troupes. Pendant ce temps, les Américains débarquèrent 4 000 marines de plus, mais au prix du porte-avions Wasp et d’un destroyer.

Les navettes nocturnes des destroyers de Tanaka, ce fameux Tokyo Expess, accomplir des miracles durant tout le mois d’octobre en amenant jusqu’à 20 000 hommes équipés sur l’île. Les avions basés sur l’aérodrome de Henderson étaient en bien mauvaise posture et des croiseurs pilonnèrent la piste d’aterrissage dans la nuit du 11 au 12 octobre. Ils se trouvèrent face à face avec une force américaine bien supérieure. Dans ce que l’on devait appeler la bataille du cap de Bonne-Espérance, les Américains barrèrent le (T)  aux Japonais et leur coulèrent un croiseur et un destroyer. A peine le jour s’était-il levé que leurs avions envoyèrent encore par le fond deux autres destroyers du Tokyo Express.

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Au large de Guadalcanal, un convoi de transport japonais repéré par un Boeing B-17. Les bombardiers atteignirent rarement leur cible, et, même dans le cas, les chalands de débarquement arrivaient toujours à prendre la fuite.

Parce qu’ils voulaient absolument neutraliser la base de Henderson, les Japonais la bombardèrent à deux reprises dans la journée du 13 octobre, empêchant ainsi les Américains, par leurs tirs d’artillerie, de réparer les pistes d’atterrissage endommagées ; puis la nuit venu, ils intervinrent avec deux croiseurs. Ils pilonnèrent lourdement l’aéroport pendant une heure et demie. Les Américains perdirent leurs avions d’attaque et quarante-huit autres appareils. Les bombardements se poursuivirent dans la nuit du lendemain. Parallèlement, les Japoais renfloèrent le Tokyo Express avec de nombreux bateaux de transport supplémentaires, comptant sur le fait que la défense affaiblie de Henderson allait leur permettre de se montrer en plein jour. Réunissant toutes leurs forces, les Américains coûlèrent trois transports et obligèrent Tanaka à se replier. Mais celui-ci récidiva dans la nuit du 15 au 16 octobre avec ses croiseurs et pilona la base américaine.

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Tandis que des destroyers et des croiseurs tout à la fois arrosaient Henderson Field d’obus. La nuit suivante, la Navy avait repris des forces, et les cuirassés South Dakota et Washington intercetèrent les japonais. Il ne fallut pas plus de sept minutes au Washington pour pulvériser de ces canons de 16 le cuirassé Kirishima. A la suite de cet épisode, les japonais abandonnèrent les bombardements, laissant les destroyers de Tanaka s’en sortir comme ils pouvaient.

Exténués et las de cette bataille, les Américains s’efforcèrent de repousser les Japonais qui, du 22 au 26 octobre, essayaient par tous les moyens de passer à l’assaut final. Ils manquèrent leur but de peu. Les destroyers de Tanaka essuyèrent des tirs d’artillerie qui leur causèent de lourdes pertes, car Tanaka avait considéré que le piètre état de la défense américaine à Henderson lui permettrait d’attaquer de jour. En cela, il fit une grave erreur.

Début novembre, Tanaka aborda soixante-cinq fois l’île de Guadalcanal en dix jours seulement, et constata avec satisfaction qu’il avait débarqué plus d’hommes que les Américains pour une perte de trois destroyer. Le 12 novembre, les Japonais accostèrent avec 11 000 hommes à bord. Une flotte, dans laquelle on pouvait compter deux cuirassés, couvraut l’opération. Les services de renseignement américains avait fait leur travaille ; Par conséquent, tout était prévu et il n’y eut pas de surprise. Mais le 13 novembre, la bataille dégénéra en mêlée générale, qui coûta quatre destroyers et deux croiseurs aux Américains, contre seulement un cuirassé et deux destroyers aux Japonais. Sans se laisser décourager, ces derniers revinrent à la charge les nuits suivantes, balayant de nouveau l’aérodrome de leur feu pendant trente-sept minutes. A l’aube, un avion qui allait décollé de la base de Henderson surpris les coupable et coula un croiseur. Mais pendant ce temps, puisque l’attention des Américains était détournée, le Tokyo Express en profita pour faire au moins dix navettes. Six eurent à affronter des attaques aériennes acharnées, tandisque les autres arbordèrent pour décharger.

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Une flottille japonaise se dirige vers Guadalcanal, qu’elle ravitaille de nuit en espérant bien échapper aux avions américains au lever du jour. Sortir trop tôt était aussi dangereux que de se faire prendre au petit matin. L’Asagiri en fit la cruelle expérience.

Les combats s’engagèrent et le croiseur Kirishima, écrasé par le feu du cuirassé Washington, ainsi que trois autres destroyers, deux américains et un japonais coulèrent, rejoignant ainsi les autres bateaux qui tapissaient le fond du détroit que l’on appelait déjà Ironbottom Sound (le détroit au fond de fer).

Les Américains dépassaient maintenant leur ennemi, avec 40 000 hommes, les Japonais n’en comptant que 25 000. Seul Tanaka pouvait empêcher le désastre. Ses destroyers n’étaient plus bon qu’à livrer le ravitaillement dans des conteneurs en caoutchouc que l’on jetait par-dessus-bord.

La nuit du 30 novembre, huit de ses destroyers bourrés de vivres et d’hommes, se trouvèrent face à face avec cinq croiseurs et six destroyers américains  qui venaient de Tassafaronga. Les Japonais, agguerris, réagirent d’instinct en les arrosants de torpilles, tandis que les Américains moins expérimentés, se firent repérer pour avoir trop compté sur les canons guidés par radar. Ils perdirent un croiseur. Quant aux Japonais, ils perdirent un destroyer, mais Takana ne se laissa pas décourager et continua à livrer son ravitillement, remportant ainsi la victoire tactique.

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Au début du mois de février 1943, les Japonais se résignèrent à abandonner Guadalcanal, et les destroyers de Tanaka revinrent, mais cette fois-ci pour évacuer les troupes qu’ils avaient ravitaillées avec tant d’assiduités. Les Américains opposèrent peu de résistance à ce retrait habilement dissimulé, et, le 7 février, il ne restait plus de la présence japonaise que des épaves.

Début décembre, le rytme des navettes augmenta, regroupant jusqu’à dix destroyers à la fois, mais le 12 décembre, le Teruzuki fut coulé par une vedette lance-torpilles. Parce que les navettes étaient peu fiables et dépourvues de couverture érienne, les japonais arrêtèrent leur activité navale pendant une période de pleine lune. A partir de ce moment-là le haut commandement japonais décida finalement d’évacué l’ïle, désormais imprenable, de Guadalcanal, et, le 14 janvier 1943, il ordonna à 6 00 hommes des corps d’élite de couvrir le retrait en assurant les arrières. L’évacuation, c’est à peine croyable, ne rencontra aucune résistance. En trois voyages, début février avec un croiseur et deux destroyers, Tanaka rapatria ses soldats jusq’au dernier.

Guadalcanal avait coûté aux Américains 1 600 hommes de troupe, mais encore plus de marines, et 23 000 hommes aux Japonais. Chaque camp a erdu vingt-quatre destrouyers ou utres navires.

 La chute d’Iwo-Jima

La prise d’Iwo Jima permit aux Américains d’atteindre deux objectifs : d’abord, ce fait d’arme permit à leur force aérienne d’accorder des escortes de chasseurs aux B-29 ; ensuite, la chute de l’île faisait entrevoir aux dirigeants japonais que les jours de leur empire étaient comptés.

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Iwo Jima, l’île défendue par un labyrinthe de tunnels, de caves et de fortins souterrains que, jusqu’au dernier homme, les Japonais défendront. Une équipe de démolition américaine fait sauter la superstructure d’un souterrain recouvrant trois étages de fortifications creusées dans le sol ; les défenseurs survivant seront enterrés.

A la fin de 1944, les commandants américains du théâtre du Pacifique se rendirent compte qu’une attaque de grande envergure contre l’île japonaise d’Iwo Jima se révélait d’une impériewuse nécessité.

L’importance stratégique de l’île

Malheureusement pour les Américains, le haut commandement japonais était grandement conscient de ces réalités stratégiques et avait réfléchi à la nécessité d’interdire tout accès d’Iwo Jima aux troupes américaines. Un officier d’état-major avait même suggéré l’élaboration d’un projet visant à couler  l’île dans l’océan (ou du moins la moitié qui contenait l’aérodrome principal), arguant du fait que l’aviation et la marine japonaises avaient subi des pertes significatives, ce qui rendait aléatoire une défense efficace. Le projet n’était pas si loufoque puisque, après tout, Iwo Jima n’est longue de de 8 km et large de 4 km, et que son point culminant (le sommet du mont Suribachi) ne culmine qu’à 168 m.

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Les forces américaines savaient ce qui les attendait à Iwo Jima. C’est pourquoi les bombardements de saturation commencèrent dès novembre, alors que le débarquement n’était pas prévu avant février. Les bombardements par l’artillerie de marine ainsi que par l’aviation s’intensifièrent dans les jours précédents l’assaut.

Cette suggestion ne fut toutefois pas retenue mais, en juin 1944, un général très en vue Kuribayashi, fut envoyé dans l’île pour en organiser la défense. On lui fit nettement comprendre que, en cas d’échec, il ne devait pas s’attendre à revoir sa famille et sa patrie. Les 14 000 vétérans qui le rejoignirent à Iwo Jima au cours des mois suivants reçurent la même directive. Mais comme ces soldats disposaient d’une artillerie lourde et moyenne, de batteries antiaériennes, de mitrailleuses lourdes et légères, de mortiers et de chars, avec des munitions en abondance, leur moral ne fut en rien influencé par la perspective de vaincre ou de mourir sur place.

 Des Bunkers et des tunnels

C’est avec une volonté d’acier que ces hommes se mirent au travail, ils enterrèrent leur artillerie profondément dans le sol et construisirent des lignes de défense succèssives sur toute la largeur de l’ïle. Ils relièrent aussi la plupart de leurs points d’appui par des souterrains, travail qui fut facilité par la configuration géographique d’Iwo Jima, faite de roches volcaniques légères, facile à creuser et demeurant solides quelque soit la profondeur des galeries. En mars 1945, environ 4,800 km de souterrains parcouraient la moitié septentrionale de l’ïle.

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Les chenillés amphibies de débarquement, manœuvrés par des équipages appartenant à l’US Coastguard, amènent la 4e division des marines sur la plage d’Iwo Jima. Les Japonais avaient décidé de ne pas riposter au cours des premières phases de débarquement ; Ils opposèrent ensuite une résistance farouche.

Pour les défenseurs, ce fut bien utile car, en vue de ramolir cette défense avant le débarquement, l’US Navy et l’US Air Force procédèrent à un bombardement massif de l’ïle. C’est la marine US qui déclancha la bataille en pilonnant les positions japonaises dès novembre 1944 avec le feu de six destroyers et de quatre croiseurs lourds. Ceux-ci crachèrent leurs obus pendant toute une matinée. L’opération fut répétée à intervalles réguliers jusqu’en février. Le 8 décembre, des Consolidated B-24 et des North American B-25 commencèrent un bombardement intensif qui dura soixante- douze jours. Le point culminant de cette action eut lieu le 19 février avec l’attaque de cent vingt appareils, venus des porte-avions qui lâchèrent des bombes au napalm sur les terrains situés juste au-delà des plages de débarquement prévues. Après ce déluge de feu, le bombardement se limita au tir de barrage.

Quatre cent cinquante bâtiments de la Ve flotte US mouillaient au large de l’île à l’aube du 19 février. Autour d’eux et entre eux, grouillaient quatre cent quatre-vingt-deux péniches de débarquement, de tous les modèles imaginables, transportant les soldats de huit bataillons de marines. A 9 h 02 mn, la première vague toucha les plages d’Iwo Jima. A gauche, il y avait les compagnies de la 5e Division des marines. A droite, celles de la 4e Division.

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La bataille pour Iwo Jima a été la plus sanglante que le corps des marines ait jamais dû livrer. Le paysage lunaire de cette île volcanique était truffé de grottes que les Japonais avaient renforcées et reliées à leurs fortins et fortifications par un réseau de souterrains. Depuis ce labyrinthe, la garnison nippone de 21 500 hommes commandés par le général Kuribayashi se battit avec courage et détermination. Cest avec difficulté que les marines avançaient vers l’intérieur, attaquant chaque fortin au lance-flammes.

Une résistance acharnée

Pendant les vingt premières minutes, il sembla que la marine et l’aviation avaient fait tout le travail des marines. Ceux-ci ne rencontraient qu’une résistance sporadique et clairsemée, en apparence totalement désorganisée. Mais quand les marines firent mouvement vers une petite crète de dune, il se déclencha contre eux un tir serré de mitailleuses et de mortiers, provenant de postes bien camouflés. Une pluie mortelle de balles et d’obus balaya systématiquement la bande de terrain longue de 1,600 km. L’opération la plus coûteuse que connut le corps de marines venait de commencer.

 Pendant quelques secondes, le choc soudain de ce déluge de feu déclanché par les Japonais cloua les marines au sol. Les réflexes acquis lors de l’entraînement, couplés à la réaction nécessaire face à une telle situation, galvanisèrent les Américains qui reprirent l’action. Ils ne pouvaient en aucun cas survivre en restant sur place. Ils ne pouvaient pas reculer non plus, car malgré le tir qui frappait dru la plage derrière eux, les péniches s’avançaient toujours, débarquant des compagnies de soutien qui s’accrochaient aux têtes de pont.

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Des hommes de la 5e division de marines somme les occupants d’une grotte de se rendre. Généralement, les défenseurs ignoraient ce type d’ultimatum. Les marines truffaient alors la grotte d’explosifs ou la remplissaient d’essence avant d’y jeter des substances incendiaires.

Les pelontons de tête foncèrent droit devant eux pour échapper à la pluie d’obus qui les talonnait ; ils arrivèrent ainsi devant les positions japonaises les plus proches. Ils en détruisirent quelques-unes, laissant les autres à leurs camarades des compagnies qui débarquaient. En moin d’une heure, ils avaient élargi leur tête de pont, large maintenant de 0,800 km. Sept bataillons au grand complet avaient débarqué avec l’essentiel de leurs équipements. Les patrouilles envoyées en avant venaient d’atteindre les abords de l’aérodrome principal et pouvaient apercevoir le second, près de la plage ouest.

Sans aucun doute, Kuribayashi avait commis une erreur fondamentale en permettant à cette première vague de marines de franchir la plage car, à la fin de la journée, 30 000 marines avec leurs armes et leur logistique avaient débarqué, avec la ferme intention de rester. Les pertes avaient été élevées (ce à quoi les Américains s’attendaient), mais la pression des troupes débarquantes et le désespoir des premiers débarqués les avaient conduits au franchissement de l’étranglement de l’ïle, ce qui isolait le mont Suribachi, avec sa garnison du gros des forces de la défense japonaise et permettait aux Américains de contrôler l’extrémité sud du principal aérodrome.

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Un marine dirige le tir de saturation d’une mitrailleuse pointée sur des positions japonaises le 9 mars 1945. Le dédale de tunnels et de souterrains permettait aux Japonais de faire irruption puis de disparaître avec une rapidité incroyable. Les Nippons savaient parfaitement que tant qu’ils restaient à proximité des marines, les Américains ne pouvaient se permettre un tir de saturation qui risquerait de tuer ou de blesser leurs propres soldats.

Le mont Suribachi fut enlevé au cours des quatre journées qui suivirent. La plus célèbre photo de l’histoire américaine, montrant le drapeau étoilé hissé au sommet hissé par une section de marines sur le sommet de cette élévation,  a été pris prise le 23 février. A partir de ce momment, une bataille sauvage s’engagea avec l’assaut des marines contre les lignes de défense du nord. A la baïonnette, au fusil, au lance-flammes et à la grenade, l’affrontement dura vingt et un jours. Les défenseurs japonais se battaient au départ de positions bien enterrés et leur tactique était d’attendre bien à l’abri que les marines soient à une distance de 45 m ou moins avant de se servir de leurs pièces et de trahir leur position puis de disparaître après un  (spasme) violent de bataille rapprochée, de bataille qui coûtait cher.

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Le regard des mille miles. La flexité du regard de ces marines revenant de la ligne de front témoigne éloquemment de la férocité des combats. La résistance des Japonais à Iwo Jima donnait aux Alliés un avant-goût de ce qui les attendait s’il leur prenait l’idée d’envahir le Japon proprement dit.

Les tunnels des Japonais 

Sans cesse, les marines pénétraient dans des zones laminées en apparence par les barrages d’artillerie. Soudainement, un tir de canons les surprenait, provoqué par les défenseurs retranchés dans des positions quasi invisibles. Puis, après une demi-heure de combat acharné, ils prenaient d’assaut la position pour n’y trouver que quelques cadavres japonais et, parfois, une mitrailleuse hors d’usage. Et s’ils poursuivaient leur avance, le poste reprenait vie pour les canarder par derrière : les défenseurs étaient revenus par les tunnels.

Au dixième jour de l’opération, bon nombre de formation de marines avaient perdu la moitié de leurs effectifs. Malgré le débarquement de la 3e division de marines, toutes les forces américaines se virent bloquées dans un réseau de positions défensives au nord de l’ïle. Des ensembles de fortins souterrains leur faisaient face, ainsi que des labyrinthes de caves. Ce n’est que cent quatre-vingt-neuf jours après le débarquement que les premières patrouilles de marines purent atteindre la plage nord-est de l’île. A partir de ce moment, il fut possible de scender en portions le terrain toujours tenu par les Japonais et de les grignoter une à une jusqu’au moment ou la résistance fut totalement éliminée. La nuit de 25 au 26 mars, les derniers défenseurs hurlèrent leur ultime Banzai en chargeant les Américains. Le matin suivant, les corps de trois cents serviteurs féaux de l’empereur jonchaient le sol devant l’entrée de la dernière position qu’ils avaient héroïquement tenue.

 

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Le mont Suribachi surplombe le paysage lunaire d’Iwo Jima que les mortiers américains pilonnent les positions nippones. La garnison a lutté presque jusqu’au dernier homme, et le corps du commandant japonais au courage et à la détermination inflexible, le général Kuribayashi, n’a jamais pu être retrouvé

A ce moment, les premiers B-29 atterrissaient sur le principal aérodrome de l’île. A la fin de mars, des escadres de P-51 les rejoignirent pour assurer leur escorte contre le Japon. Cette bataille constitua un pas décisif dans la défaite du Japon. Le corps des marines y avait perdu 6 821 tués et trois fois autant de blessés. Des 23 000 Japonais qui étaient dans l’île au moment des premiers débarquements, seul 1083 hommes furent fait prisonniers ; la plupart d’entre eux étaient grièvement blessés. Ces Japonais venaient d’écrire une nouvelle page de gloire militaire.

L’ÉTRANGLEMENT DU JAPON

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 5 h 44 min

Quelques mois après Pearl Harbour, lorsque la puissante machine de guerre américaine s’est jetée dans la bataille, les Japonais n’ont pas su riposter à l’attaque des navires, des avions et des sous-marins. Ces derniers ont connu un succès considérable.

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Un bateau de transport de troupes japonais échoué sur une plage du Pacifique. Témoignage muet de l’efficacité de la campagne contre les artères vitales de l’économie japonaise. Même les convois côtiers n’étaient pas à l’abri des sous-marins.

L’impression qu’ont laissée Hiroshima et Nagasaki en août 1945 a été si forte que l’on admet communément que la bombe a provoqué la fin de la guerre. Or c’est faux. L’Empire japonais était déjà vaincu, parce qu’il ne savait pas riposter aux attaques des forces aéronavales, aux opérations amphibies qui le prenait de flanc et au blocus sous-marin qui l’encerclait d’un anneau de feu.

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Les pertes parmis les destroyers et les bateaux d’escorte de la marine impériale japonaise étaient si lourdes qu’il était devenu impossible de rassembler des escortes efficaces.

Les Japonais avaient créé la «rande Sphère de coprospérité asiatique pour s’assurer l’accès aux matières premières, charbon, minerai de fer, pétrole, étain, caoutchouc, dont leurs îles étaient peu pourvues. Ce vaste empire fut établi d’une façon rapide et efficace pour les campagnes militaires du début de l’année 1942, mais, après cela, il avait fallu, pour le maintenir, assurer la libre circulation entre la métropole et les conquêtes.

Les japonais avaient parié que les Occidentaux accepteraient le fait accompli après Pearl harbor. Ils avaient sous-estimé la capacité de riposte des Etats-Unis et du Royaume-Uni. Le Royaume-Uni avait déjà subi des assauts contre sa marine marchande, vitale mais vulnérable. Jadis, les offensives de la flotte sous-marine du Kaiser n’avaient finalement, pas réussi. Cela a bien servi de leçon à la marine américaine. Incapable d’entreprendre des opérations d’envergure à long terme, l’US Navy décida de frapper le dense réseau commercial japonais, avec la seule arme dont elle disposait, ses sous-marins.

De leur côté, les Japonais avaient constitué une superbe flotte de surface, mais à l’image de la Grand Fleet britannique de la Première Guerre mondiale, celle-ci s’était entraînée suivant une conception agressive de la bataille navale qui devait, en principe, leur assurer la maîtrise du Pacifique. Son importante arme sous-marine était destinée à éclairer la flotte et à dresser des enbuscades à l’ennemi. L’assaut des sous-marins contre les cargos, malgré ses conséquences graves, n’était pas en phase avec la stratégie offensive. Réciproquement, il semblerait que les Japonais n’attendaient pas que l’ennemi adopte cette tactique, et par conséquent, ils entrèrent dans les hostilités sans avoir pensé un plan de convoi, ni prévu des moyens de lutte ASM, et étaient peu préparés à remplacer les tonnages perdus.

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Les Japonais étaient mal préparés à défendre leurs voies maritimes contre les Alliés. Un cargo coulé par la flotte sous-marine américaine.

Paradoxalement, la flotte sous-marine américaine avait été conçue selon les principes parallèles de défense de la métropole et l’attaque de la flotte de guerre adverse. Manquant d’expérience, et encore sous le choc de l’agression qu’ils venaient de subir à Pearl Harbor, les Américains ne pouvaient pas faire grand-chose, sinon entraver les plans de l’ennemi, mais le torpillage du Atsutusan Maru (8 660 t) par le sous-marin américain Swordfish fut un premier signe encourageant.

Cinquante bâtiments, de catégorie diverses, étaient prêts à passer à l’action. Dabord en ordre dispersé, ils se regroupèrent bientôt dans des zones ou les bateaux japonais avaient l’habitude de naviger seuls et sans escorte, souvent tous feux allumés, et cette situation dura jusqu’en avril 1942.

C’est le 27 janvier 1942 que les sous-marins américains du Pacifique coulèrent le premier bâtiment ennemi : le Gudgeon envoya par le fond le sous-marin I-173 qui avait fait surface. Le 8 février, le vieux submersible américain S-37 usa de la même ruse que les U-Boote. Il mit à profit ses petites dimensions pour attaquer de nuit, coulant le destroyer Natsushio dans le détroit de Macassar. Certains commandants de découvraient des dons particuliers pour couler les destroyers japonais, ce que l’ennemi appréhendait au plus haut point.

 

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Les sous-marins américains repèrent les bateaux japonais ou qi’ils soient. Ici le viseur du périscope montre un navire marchand de 9 000 t, camouflé dans un port, avec un petit bateau à sa droite.

Les tactiques sous-marines évoluaient à la lumière de l’expérience. Aller au-devant de la cible pour lui envoyer une salve de torpilles était un tactique dangereuse, mais à la fois efficace et couramment utilisée. L’utilité des canons était sans égale, non seulement parce qu’ils permettaient d’économiser de précieuses torpilles, mais aussi parce que dans les premiers temps les torpilles elles même étaient très peu fiables. La difficulté de contrôle de la profondeur et la mauvaise conception de la mise à feu conduisaient souvent à l’échec de l’attaque. L’exemple classique est celui du sous-marin américain Tinosa, qui tira douze torpilles sur un pétrolier. Quatre seulement explosèrent, et le bateau s’en tira. En fin de compte, pour trouver une solution à ce problème, il fallu activer l’introduction de la torpille électrique.

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Vue au périscope de la fin d’un vieux destroyer japonais.

Une nouvelle base sous-marine fut établie à Brisbane, avec des bateaux venant de Pearl Harbour, pour faire obstacle à une invasion de l’Australie, dont on sentait planer la menace. Cela étant, il devenait possible, des le second semestre de l’année 1942, de commencer à établir un blocus rapproché régulier sur les côtes des îles japonaises. Malgré le fait que, désormait, les sous-marins américains rencontraient des cargos rassemblés en convois, ceux-ci étaient toujours escortés, et l’introduction du radar de surface SJ permettait aux sous-marins de détecter et de pister les cibles éventuelles. Le Haddock, le premier du genre, coula deux bateaux en août. Au premier semestre 1942 et jusqu’en juin, les sous-marins torpillèrent cinquante-six navires marchands pour un total de 235 000 t. Au second semestre, ce chiffre monta jusqu’à quartre-vingt-qatre bateaux et 358 000 t. Les choses bougeaint enfin.

Les sous-marins se livrèrent également à une important minage, qui causa par la suite de nombreuses pertes et avaries. Cette brusque multiplication des activités n’alla pas sans revers. Seul trois bâtiments furent perdus jusqu’au moment ou des contres-mesures furent prises par les Japonais en 1942, mais, de cet instant jusqu’à l’année suivante, ce chiffre s’éleva à quinze. D’un autre côté, L’Empire perdit encore trois-cent-huit bateaux en 1943, soit un total de 1 367 000 t. Bien que les bateaux coulés fussent partiellement remplacés, le Japon perdit 16% de sa flotte en état de naviger.

En 1944, chacun des deux camps avait gagné en expérience. Les bâtiments américains étaient non seulement plus nombreux, ils restaient aussi plus longtemps en activité grâce à leurs bases opéraionelles avancées et à leurs ports judicieusement choisis, tant pour les navires que pour les ravitailleurs. De leur côté, les Japonais faisaient de gros efforts pour organiser des convois, mais les sous-marins de l’US Navy se regroupaient en meutes pour coordonner. Ces meutes, contrairement à la tactique allemande, se composaient en général de trois bâtiments ce qui est significatif de l’esprit d’indépendance des commandants américains dans leur ensemble. Les forces sous-marines du Pacifique étaient en grande partie l’œuvre du contre-amiral Charles A. Lockwood dont l’énergie et l’enthousiasme ont joué un rôle capital dans le développement de l’arme.

Parmi ceux qui ont réalisé les meilleures scores, on trouve le sous-marin de « Mush » Morton (Morton le niais) le Wahoo, qui coula vingt bateaux de plus de 60 000 t, avant de sombrer en 1943 dans le détroit de la Pérouse. C’est le sous-marin Flasher qui coula le plus gros bateau (un peu plus de 100 000 t), en 1944-1945 , et le Toutog qui coula le plus grand nombre de navires dépassant 73 000 t Bien que ces scores individuels soient loin derrière certaines prouesses de la Kriegsmarine, les submersibles, en nombre limité, avaient atteint leur but, c’est-à-dire obtenir la commande de soixante-six autres sous-marins pour la seule année de 1943.

Des pertes massives  

En 1944, pas moins de cinq cent quarante-huit navires de commerce, soit 2 453 000 t, furent coulés. Bien que la construction des pétroliers compensâ les pertes, les Japonais virent leur flotte de cargos diminuer de moitié. Vers le milieu de l’année 1944, en faisant des pétroliers leur cible prioritaire, les Américains firent chter de moitié les importations japonaises de pétrole, vitales pour l’Empire. Les voies maritimes ennemies étaient maintenant réduites comme une peau de chagrin par l’avance américaine, et les sous-marins se faisaient concurrence, non seulement entre eux, mais également avec les avions, qu’ils soient basés au sol ou sur un porte-avions, pour des cibles qui se faisaient de plus en plus rares. Cent soixante sous-marins étaient en fonction en 1945.

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L’ancement du Swordfish le 1er avril 1941. Neuf mois plus tard, dans les jours qui suivirent l’attaque de Pearl Harbour, le Swordfish devait envoyer par le fond le premier des mille cent treize navires marchands japonais coulés par la flotte de sous-marins américains pendant la guerre.

Une des fonctions subsidiaires du sous-marin étant de porter secours aux naufragés ils étaient disposés parallèlement aux routes des Boeing B-29, qui bombardaient le Japon à partir de leurs bases des îles mariannes. Au total, environ cinq cent aviateurs contraints à u atterrissage forcé furent secourus. Le dernier  Maru

Fut coulé par le sous-marin américain Torsk la veille de la reddition du Japon. Il était le dernier des mille cent treize bateaux qui sombrèrent au cours du conflit, représentant un total de 4.8 millions de tonnes, contre cinante-deux sous-marins américains perdus.

LOCKHEED PV-1 ET PV-2 EN ACTION

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 5 h 38 min

Dérivés de l’avion civil Model 18 et réalisés à la suite du Hudson, les Lockheed Ventura et Harpoon effectuèrent dans le cadre de la marine américaine et de la Royal Air Force britannique des missions de patrouille côtière au courd desquelles ils se révélèrent très efficaces et triomphèrent souvent de l’opposition acharnée d’attaquants ennemis grâce à leur robustesse et à leurs qualités de vol.

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Prêt à partir en mission, un PV-1 Ventura de l’US Navy attend son équipage sur une piste de fortune de l’île Bougainville, dans l’archipel des Salomon.

Les performances et les capacités offensives du Ventura et du Harpoon de l’US Navy contredisaient leur désignation d’avions de patrouille, terme qui est généralement associé à l’hydravion à long rayon d’action Consolidated Catalina et Martin Mariner. Les PV étaient rapides, puissamment armés, et transportaient des charges impressionnantes de bombes. Ils utilisaient, pour se défendre, leur vitesse et leur maniabilité, outre les mitrailleuses jumelées de 12,7 mm de la tourelle dorsale et les deux armes de 7,62 mm montées dans le poste de tir ventral, si bien que les aviateurs ennemis apprirent très vite à les respecter.

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 Les opérations dans le Pacifique

Les Ventura se lançèrent dans la bataille contre les Japonais en mai 1943, quand le VB-137 fut déployé dans les îles Samoa et Ellice (aujourd’hui Tuvalu), d’où il accomplit le type de mission normalement assumé par les unités de patrouille. Au mois d’août de la même année, le VB-140 étendit vers l’ouest le champ d’intervention des PV, allant j’usqu’aux îles Salomon et commençant à opérer depuis le célèbre terrain d’aviation de Henderson, la guerre se déplaça elle aussi vers l’ouest, et le VB-140 alla se baser sur l’île Russel, ou elle fut rejointe en octobre par les VB-138. Ces deux formations furent les premières à mettre en œuvre des tactiques d’attaque qui allaient être employées par les Ventura jusqu’à la fin du conflit.

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Les Ventura furent très actifs sur tous les théâtres d’opérations du Pacifique dans les missions anti-navires et ASM. Des appareils stationnés sur des lointaines îles Aléoutiennes vont partir en mission.

A la fin de l’anné 1943, avec la conquête de l’île de Tarawa, le Pacifique central devint la zone de combat principale. Le VB-142 se rendit à Tarawa avec ses PV le 21 décembre, c’est-à-dire un mois exactement après le débarquement des Marines. De là, ce squadron effectua des patrouilles et des raids sur les bases ennemies situées dans les îles Marshall. Les attaques lancées contre les convois qui tentaient de ravitailler ces bases détruisirent ou endommagèrent gravement nze navires et un certain nombre d’embarcations légères au cours des premiers mois de l’année 1944. Le 2 janvier, le VB-144 arriva en renfort et, après les débarquements américains dans les îles Kwajalein et Majuro, les deux squadrons de PV concentrèrent leurs efforts sur la naturalisation des bases japonaises de l’archipel Marshall qui avaient été contournées et représentaient une menace sérieuse ; pour se garantir d’éventuels raids de bombardements ennemis, de fréquentes attaques furent donc menées contre les pistes et les installations afin qu’elles restent hors d’état de fonctionner.

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Lockheed PV-1 Ventura PV-2 Harpoon

Caractéristiques

Type : avion de patrouille maritime.

Envergure : 19,96 m                                             Poids à vide : 9 161 kg

Longueur : 15,77 m                                                Max au décollage : 14 096 kg.

Hauteur : 3,63 m

Armement : 2 mitrailleuses de 12,7 mm tirant

                     vers l’avant, 2 dorsale de 7,62 mm

                     2 de 7,62 mm ventrale, bombes ou

                     grenades anti-soumarine de 147 kg

                     ou une torpille.

Arrivé au sein des unités dans les derniers mois de la guerre, le PV-2 Harpoon représentait un net progrès pae rapport au PV-1, bénéficiant d’un rayon d’action accru et d’un emport en armement considérablement amélioré.

La tactique utilisée par les Ventura impliquait habituellement des passages offensifs en vol plané effectués par des formations de trois ou six appareils qui avanâient de front et larguaient tous leurs bombes en même temps. Le groupe d’avions s’approchait de l’objectif à une altitude de 1 830 à 2 440 m, amorçait une descente en piqué à 30 ou 45o à des vitesses pouvant atteindre 556 km/h ; le pilote lâchait ses bombes (généralement six engins de 227 kg) en se servant du colimateur de visée monté devant le pare-brise, puis redressait son appareil arrivé à une distance de 910 à 1 520 m du sol afin d’éviter de se trouver exposé au tir des armes automatiques.

Le bombardemnt à basse altitude et les missions de reconnaissance photographique exigeaient un passage à grande vitesse au-dessus de la cible, à une altitude de 30 m ou moins, et les avions étaient souvent atteints par des tirs d’armes automatiques. Un Ventura du VB-144 fut touché lors d’une opération de ce genre au-dessus de Wotje : un projectile traversa le nez de l’appareil et explosa dans l’abitacle, tuant le pilote sur le coup et détruisit ses commandes. Le copilote prit le relais et termina la manœuvre d’attaque, puis ramena le PV à Tarawa ou il put se poser sans encombre. Cet exploit était autant plus remarquable qu’il s’agissait d’un pilote remplaçant qui venait juste de rejoindre le Squadron et dont c’était le premier atterrissage avec un Ventura !

Dans le Pacifique Sud, la campagne de débarquement d’île en île continua de déplacer la guerre vers l’ouest. En avril, le VB -148 se trouvait à Munda, en Nouvelle-Géorgie, puis à la fin du mois de mai, il partit se baser à Emirau. Le 1er juin 1944, le lieutenant Metke fut chargé d’une mission d’esploration dans une zone située près des îles Carolines occidentales ; au sud de la grande base ennemie implantée à Truk, l’équipage aperçut un Mitsubishi G4M, engagea le combat avec lui et l’abattit ; une semaine plus tard, le lieutenant Harry Stanfort descendit un autre (Betty) avec ses mitrailleuses avant. Le 26 juillet, le même lieutenant Metke repéra un convoi de cinq navires se dirigant au sud-ouest de Truk et l’attaqua avec les seules armes dont il disposait, des bombes anti-sous- marines. Son compte rendu de contact alerta le squadron, et six avions furent envoyés pour un raid qui détruisit trois des bâtiments du convoi et en endommagea un quatrième. Le lendemain, un autre raid coula encore un navire, et Leonard Wheatley, la mitrailleuse de tourelle de l’un des Ventura, abattit un chasseur Kawasaki Ki-61 « Tony » qui escortait les bâtiments.

La reconquête des îles Marianne, un peu plus tard dans l’année, permit de disposer de nouvelles bases et marqua le point culminant de l’intervention des PV sur le théâtre du Pacifique, car aux missions de patrouille habituelles s’ajoutèrent de nombreux raids sur les bases ennemies disséminées dans les îles. Au début de l’année 1945, les PV commençèrent à se livrer à des attaques contre les bateaux piquets radar nippons qui, postés au sud du Japon, assumaient des tâches d’alerte lointaine pour prévenir de l’éventuelle arrivée de bombardiers Boeing B-29. Au cours de l’une de ces opérations, menée par un Ventura du VPB-133, les deux pilotes furent grièvement blessés par les tirs de DCA du navireVPB-133, les deux pilotes furent grièvement blessés par les tirs de DCA du navire qu’ils voulaient frapper. L’équipage leur donna les premiers soins d’urgence, puis parvint à ramener l’appareil à Iwo-Jima ou  le chef mécanicien posa l’appareil sans incident.

Les missions d’exploration conduites par le VP-133 depuis Iwo-Jima inclure des survols du territoire japonais qui donnèrent en même temps l’occasion d’attaquer les navires côtiers, les trains, les ponts et les tunnels. Le 13 mai, le Lieutenant-Commander Jack Coley bombarda deux navires et détruisit deux locomotives avec des roquettes de 127 mm au cours d’une sortie au-dessu de Honshu. Le 28 mai, il localisa et attaqua un convoi de huit navires, mais touché par des tirs de DCA et dut couper un moteur. Les dégâts subis par les réservoirs de carburant l’obligèrent finalement à faire un amerrissage forcé, et il se retrouva à côté d’un sous-marin allié posté au nord d’Iwo-Jima ; Coley et tous les membres de son équipage furent secourus et sortirent idemnes de l’aventure.

Les PV-2 Harpoon firent leur première apparition dans le Pacifique occidental au mois de mai 1945, quand le VPB-142 arriva à Tinian, dans les îles Mariannes, le 27 juin, au cours d’un vol d’exploration classique, le lieutenant Janes et son équipage avaient atteint la partie la plus éloignée du secteur dont ils étaient chargés et faisaient demi-tour por regagner leur base quand soudain, sortant d’un nuage, ils repérèrent un sous-marin japonais qui naviguait en surface. Janes amorça un virage de descente en piqué, et alors que le PV approchait, l’équipage du navire prit brusquement conscience du danger imminent et voulut plonger en catastrophe. Quand le Harpoon se trouva au-dessus de sa cible, dont le pont était encore à fleur d’eau, Janes largua trois bombes anti-soumarines après avoir effectué un encadrement parfait. Tandis que l’appareil tournait autour de sa victime, l’équipage vit le bâtiment couler en laissant à la surface des vagues un large cercle de débris et d’huile. L’analyse des registres japonais faite après la guerre confirma la destruction du sous-marin, qui fut identifié comme étant le I-165.

Les VPB-144, VPB-148 et VPB-153 retournèrent également combattre dans le Pacifique occidental avec des PV-2. A la fin du conflit, plus de la moitié des squadrons de patrouille de la marine américaine basés à terre étaient équipés de Harpoon.

Les îles Aléoutiennes

Les PV participèrent aux combats dans les îles Aléoutiennes depuis le début de l’année 1943 jusqu’à la fin de la guerre, et leurs équipages s’aperçurent rapidement que les conditions météorologiques qui y régnaient constituaient de loin leur pire ennemi. Les PV mis en œuvre dans cette zone se livrèrent surtout à des attaques contre les bases japonaises des Kouriles.

La contribution des PV à la victoire finale des Alliés dans la Seconde Guerre mondiale est passée pratiquement inaperçue des historiens et du public, il serait grand temps d’accorder à ces avions, même après tant d’années, à la place d’honneur qui leur revient. Appareil robustes dotés d’un potentiel offensif redoutable, les PV s’acquirent l’estime et l’attachement de leurs équipages qui savaient que les performances et la fiabilité de ces machines leur permettraient de revenir sains et saufs à leur base.

28 juillet 2014

LES GROUPES DE COMBAT AÉRONAVALS

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 20 min

Pendant toute la durée du conflit, la compétence des équipages et le matériel utilisé ne cessèrent de s’améliorer, au point que les navires les appareils et les tactiques mis en œuvre en vinrent bien souvent à faire du porte-avions et de son groupe aérien le fer de lance des forces armées.

 La clause du traité de Washington de 1922 qui limitait la taille des porte-avions fit que les navires britanniques étaient plus petits que ceux de certaines autres marines ; ils étaient cependant conçus pour contrôler un empire très étendu, et la Royal Navy les mettait généralement en œuvre par petits groupes, ou même seuls. Leur équipement se composait à la fois d’avions obsolètes comme le Gloster Sea Gladiator, et le Fairey Swordfish

(Modèle qui, au mois de novembre 1940, conduisit avec succès le raid contre Tarente, auquel un groupe de deux porte-avions avait été affecté à l’origine), et d’appareils modernes tels que le bombardier en piqué Blackburn Skua et le chasseur Fairey Fulmar (encore handicapé par le fait de devoir embarquer un navigateur). Les machines du Squadron 800, basé sur l’Ark Royal, furent utilisées pour frapper le bâtiment de ligne français Richelieu au large de Dakar en septembre 1940.

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Ayant été équipée de Gloster Sea Gladiator et de Fairey Swordfish, l’aéronavale britannique accueillit avec plaisir des avions modernes tel que le Fulmar et le Blackburn Skua, qui ne firent cependant pas le poids face au combat.

Ce fut en fait dans le Pacifique que la marine britannique put mener des attaques à partir des groupes de porte-avions de plus grande taille, dans une zone relativement restreinte dont les Alliés s’étaient assuré le contrôle. Elle se livra là à des opérations semblables à celles des Etats-Unis et du Japon, bien que, dans tous les domaines, des progrès aient été réalisés, les plus notables étant l’introduction du radar aéroporté.

La force d’attaque Japonaise 

Comme les Américains, les Japonais étaient concients du fait que des groupes importants de porte-avions étaient nécessaires pour opérer dans les vastes étendues de l’océan Pacifique, si bien que même l’attaque de Pearl Harbor fut lancée depuis une force de six porte-avions (appelée la 1re  Flotte aérienne), qui avait pour navire-amiral le bâtiment de 42 000 t. Akagi, et dont le nombre total d’appareils avait exceptionennement été porté à 430. Ceux-ci se composait pour l’essentiel de bombardiers torpilleurs Nakajima B5N, de bombardiers en piqué Aichi D3A, et des inévitables chasseurs Mitsubishi A6M, dont la vitesse dépassait de quelque 160 km/h celle du Fulmar, par exemple, mais qui rendait 26 km/h au Grumman F4F que la marine américaine avait réceptionnés un an plus tôt. Quand ils se trouvèrent ainsi contraints d’entrer dans le conflit mondial., Les Étas-Unis disposaient de sept porte-avions qui allait du vieux Langley au tout récent USS Hornet de la classe Yorktown, armé le mois précédent ; ils possédaient donc un bâtiment de moins que le Japon : ce pays se glorifiait d’avoir la force de porte-avions la plus puissante du pacifique, et cette force était en passe d’être encore augmentée.

Les premiers des porte-avions japonais construit pendant la guerre fut le Taiho, navire  de 29 300 t qui, au moment de sa mise en service, était le porte-avions le mieux protégé du monde, un blindage de 95 mm d’épaisseur recouvrant son pont d’envol, sur les 150 m qui séparaient les ascenseurs, eux-mêmes pourvus sur leur partie supérieur de plaques de 50 mm.

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Cette photo du HMS Colossus en mai 1945 illustre bien l’amélioration des groupes embarqués britanniques. Sur le pont sont alignés des Fairey Barracuda, des Supermarine Seafire et des Vought Corsair.

La taille des groupes de porte-avions qui pouvait être déployés pour les opérations dans le Pacifique est bien illustrée par la colonne de bâtiments qui s’approcha de l’île de Midway lors de la bataille décisive du mois de juin 1942. Le Hiryu, avec ses 64 avions, voguait  en tête de la colonne de gauche, suivi à 3 600 mêtres seulement par le Soryu, qui transportait lui aussi un total de 64 chasseurs (Zero), bombardiers en piqué (Val) et bombardiers (Kate). L’autre côté de la formation se composait du navire-amiral Akagi et, fermant la marche, du Kaga. Les Japonais voulaient par cette opération attirer la flotte américaine du Pacifique dans un piège, mais leur plan échoua et tous les porte-avions de ce groupe furent désemparés par les bombardiers en piqué Douglas SBD Dauntless ; les Etats-Unis perdirent cependant l’USS Entreprise et du Hornet (Task Force 16).

La division de la force américaine contribua largement à cette victoire, car les japonais croyaient, à la suite d’un mauvais rapport, que le Yorktown était le seul porte-avions présent à Midway et que l’incendie qui s’alluma à bord allait le faire sombrer. La perte de ces quatre gros porte-avions empêcha le Japon d’engager sa puissante flotte et marqua le début du déclin de sa suprématie navale, même s’il resta encore par la suite à la marine nippone suffisamment de ressort pour tenter d’arrêter la progression américaine dans le Pacifique ;ces pertes s’ajoutaient en outre à celle du porte-avions léger Shoho, détruit un mois plus tôt au cours de son premier et dernier combat, et qui ouvrit la liste des porte-avions japonais coulés par les Alliés.

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Le 10 juin 1944, cependant, la plus grande partie de la flotte nippone se trouvait encore à Tawi-Tawi, sous le commandement du vice-amiral Ozawa. Cette force comptait six porte-avions répartis en deux divisions, et elle appa- reilla trois jours plus tard pour se rendre près des Philippines, ou elle devait effectuer des exercices.

Il s’agissait là d’un rassemblement important de navires, mais la flotte américaine qu’il rencontra se révéla plus considérable encore puisqu’elle comprenait la Task Force 58, avec huit porte-avions légers et sept porte-avions lourds, dont les USS Bunker Hill, Wasp, Essex et Hornet, pour ne citer que les plus connus. Ozawa commit sa première erreur de la journée en envoyant 73 avions attaqué la flotte américaine alord que celle-ci se trouvait encore à l’extrême limite du rayon d’action des appareils japonais. Trois autres vagues d’assaut furent lancées, mais les 372 machines qui décollèrent des porte-avions nippons, 242 furent abattues lord de cette célèbre bataille de la mer des Philippines. Les bâtiments de l’US Navy  déployèrent surtout des Grumman F6F Hellcat, et ces chasseurs, associés aux canons de DCA qui tiraient des obus à fusée de proximité, furent les pricipaux artisans de l’hécatombe de la matinée. Les contre-attaques américaines se concentrèrent sur le Shokaku et le Taho, dont les citernes contenant le carburant d’aviation se rompirent ; les navires furent alors envahis par des vapeurs qui, au bout d’un certain temps (six heures dans le cas du Taiho), provoquèrent d’énormes explosions internes et firent sombrer les deux bâtiments. Pour le Japon, la défaite subie dans cet affrontement entre les deux groupes de porte-avions ennemis signifiait en fait l’aénantissement de sa marinartfichier_727139_1718466_201301280214282

Un appareil se prépare à  apponter sur le second USS Yorktown (CV-10), deuxième unité de la classe Essex dont les bâtiments allaient dominer les dernières phases du pacifique en raison du grand nombre d’appareils embarqués.

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Illustration éclatante de la formidable puissance aéronavale déployée par les Américains pendant les derniers mois du conflit, l’USS Ticonderoga (CV-14), sixième porte-avions de la classe Essex, fait route vers l’Extrême-Orient avec, à son bord, des Hellcat, des Helldriver et des Avenger.

Les premiers raids menés par les appareils embarqués américains avaient été semblable à ceux que lançait la Royal Navy, et la première tentative pour engager deux porte-avions dans une même opération fut faite lors de l’attaque contre la Nouvelle-Guinée, au mois de mars 1942. Elle fut à l’origine du déploiement de groupe de porte-avions plus importants, qui rendirent possible les éclatantes victoires évoquées plus haut.

LA BATAILLE DE VELLA LAVELLA

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 15 min

Contrairement aux expériences de guerre maritime à l’ouest, les destrouyers dans le pacifique, retrouvèrent leur rôle d’attaquants, en particulier au cours de la dure campagne des îles salomon.

Vella lavella, quoiqu’elle ne fût pas l’une des grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale, présente le type achevé des traîtresses rencontres de nuit, comme ils s’en produit au cours de la campagne des Salomon et explique pourquoi les destroyers, aussi bien japonais qu’américains gardèrent leur armement traditionnel. L’île de Velle Lavella située à qulque 200 miles (320 km) de Guadalcanal au nord-est de l’archipel fut envahie par les Américains en août 1943 et, le mois suivant la tranquile garnison japonaise se trouva coincée à la pointe nord-ouest de l’île. La flotte du Mikado planifia laors son évacuation pour la nuit du 6 au 7 octobre, dans trois destroyers et quelques bâtiments auxiliaires couverts par six destroyers modernisés de  l’express de Tokyo.

Cette force navale fut détectée par une reconnaissance aérienne. Sa position et sa probable destination furent signalées au capitaine Frank R.Walker, commandant des destroyers USS Selfridge, USS Chevalier et USS O’Bannon, auxquels il fut fixé un rendez-vous avec trois autres destroyers au large du point d’évacuation japonais. Walker, de son côté, savait qu’il avait été repéré par un avion ennemi.

Les destroyers japonais prirent la tête de l’escadre d’évacuation et se divisèrent en deux colonnes parallèles quatre d’un côté et deux de l’autre. Ils croisèrent peu ou prou la force T de Walker à 22 h45 et, l’ayant estimée, ne prirent aucune initiative. Reflexion faite, le commandant japonais ordonna deux brusques changments de cap, ce qui causa une certaine confusion dans l’ordonnance de ses navires. Au second changement de cap, la distance les séparant des Américains était tombée à 6 400 m. Walker n’en attendit pas d’avantage pour saluer l’ennemi  à la japonaise  par une slave de quatorze torplles. A ce moment, les Japonais se masquaient mutuellement leurs propres tirs. C’était une nuit sombre, éclairée seulement par un quartier de lune, mais traversée par des grains et tout le monde demandait le maximum aux machines.  Pendant que les torpilles américaines fendaient l’eau, le Yagumo quitta la formation, et, à une distance réduite à 2 700m, tourna sur trois quart de cercle et en cour de virage, lâcha huit torpilles.

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À 23 h05, une torpille américaine toucha le Yagum, qui lui-même presque similtamément touchait le Chevalier, second en poste dans la ligne américaine. Sa proue arrachée, le destroyer amorça un virage irrésistible, si malencontreux qu’il entra en collision avec le destroyer américain en fin de file, le O’Bannon, qui, gravement endommagé, s’immobilisa à son tour.

Walker maintenant seul avec son Selfridge se porta sur la paire de destroyers japonais non encore engagés. Mais, depuis environ six minutes, ceux-ci avaient lâché une bordée de seize torpilles que le Selfridge allait, hélas intercepter, l’une d’elles explosa sous le canon (B) , ravageant la proue et laissant le pesant canon jumelé pendant miraculeusement au-dessus des tôles tordues.

Averti de l’approche des renforts américains, Il choisit de se retirer avant de compromettre sa victoire et, après avoir lâché ses dernières torpilles à une distance de 13 km en direction de ses adversaires, vira de bord à toute vitesse. Il était 23 h 17 et toute l’affaire n’avait duré que vingt-deux minutes.

Matériellemnt, les pertes mettant les deux adversaires à égalité, avec un bateau perdu de chaque côté, mais les Japonais eurent le meilleur, en ceci qu’ils avaient pu effectuer leur mission d’évacuation.

Coulez le haguro

A première vue, un des plus puissants croiseurs de bataille jamais vus contre six petits destroyers n’aurait pas dû poser de problème. Mais en mai 1945, les faits en décidèrent autrement.

Le 10 mai 1945, à 16 h 40 heure locale, le sous-marin britannique HMS Subtle signala un croiseur de la classe Nachi, accompagné de deux destroyers et de plus petits bâtiments d’escorte, dans les eaux du détroit de Malacca, entre la presqu’île de Malaya et l’île de Sumatra ; ils avaient mis le cap au nord-ouest et filaient environ 17 nœuds. Mais quoique le Subtle et deux autres sous-marins fussent là pour bloquer le étroit, la ombinaison de haut-fonds, de forts mouvements de marée et des manœuvres en zigzag d l’objectif conspira à contrarier les efforts du Subtle pour se rapprocher, et il dut se contenter d’envoyer un message aux siens. Le sous-marin ne s’était pas trompé : le croiseur signalé était le Haguro en compagnie du desroyer Kamikaze et de deux patrouilleurs.

Informée par un précédent rapport de l’espionnage, une puissante force alliée avait déjà quitté Colombo pour intercepter le Haguro. Elle comprenait sous les ordres du vice-amiral Walker, les cuirassés HMS Elisabeth et le Richelieu français le destroyer néerlandais Tromp et quatre porte-avions d’escorte. Le jour suivant le rapport du Subtle, cette force fut repérée par une reconnaissance aérienne japonaise. Alerté, le Haguro fit demi-tour, et travesa les lignes des sous-marins britanniques, pendant que le Kamikaze lâchait une charge de profondeur sur le Subtle pour lui donner une leçon.

Ensuite le haguro flâna, attendant le résultat d’une attaque aérienne décidée sur la force britannique. Celle-ci ne prit pas corps. En revanche, malgré la présence des Alliés à l’ouest de Sumatra, un transport japonais escorté avait réussit à franchir les 200 miles (320 km) séparant Penang du sud de Port Blair, capital des îles Andaman. Encouragé, le Haguro se emit en route le 14 mai, et entra sans mauvaise rencontre et accompagné de toutes ses forces, moins un sous-marin qui avait été détaché, dans la mer des Adamans. Suspectant quelque chose, Walker ne possédait néanmoins aucune information précise. Aussi détachat-il, avant l’aube du 15 maim la 26e flottille de destroyers, commandée par le capitaine Manley Power, pour patrouiller la route supposée du Haguro, indiquée par une reconnaissance aérienne.

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Power était embarqué sur le HMS Saumarez, que suivaient quatre autres unités de sa classe V, les HMS Venus, Verulam, Virago et Volage. Marchant bon train, ils furent en vue de l’extrême pointe de Sumatra au lever du jour. Une reconnaissance aérienne de quatre Avenger Grumman ayant trouvé non pas le Haguro mais le transport revenant des îles Nicobar, ils l’attaquèrent, mais sans succès, et deux d’entre eux durent amérrir. Quoiqu’en sachant pas d’avantage sur la position de son objectif, Power poussa en direction des transports. Enfin à 10 h 41, le commandant en chef à Ceylan signala à Walker, qui le transmit à Power, d’abandonner l’opération, le Haguro n’étant plus considéré contre une menace contre la libre circulation dans le golfe du bengale. En véritable homme de destroyer, Power estima que Ceylan ne pouvait pas être exactement au courant de la situation et demanda confirmation du signal. Le processus des questions-réponses demandait du temps à cause des relais. La 26e flottille de destroyers en profita pour continuer sa marche.

Cette tactique toute  nelsonienne  fut récompensée quand un Avenger, qui signalait la position du convoi, apperçut aussi le Haguro et son destroyer entrain de sortir du détroit à faible allure. De nouveau, se voyant découvert, le cuirassé changea de route, mais Power s’obstina. Midi, était proche, l’attaque en piqué par les Avenger, arrivés au bout de leur disponibilité en carburant, n’avaient rien donné. C’était au tour des destroyers de montrer leurs talents.

À 16 h 40, les cinq destroyers avançaient sur un rang, alignés sur le Saumarez, au centre. Cela voulait dire qu’ils pouvaient à l’œil nu inspecter un large secteur du détroit. L’après-midi prit fin sur un bref crépuscule tropical, montrant des nuages s’avançant sur la mer ; des pointes de lumière perçaient l’obscurité croissante. De plus en plus la surface de la mer était fouettée de grains, un temps idéal pour les destroyers, surtout quand ils étaient dotés de l’excellent radar d’artillerie britannique.

Maintenant un branle-bas de combat normalisé, les destroyers gouvernaient est sud-est, le Vénus étant plus au nord, les autres restant alignés à bâbord de sa proue. Le temps devenu orageux provoquait des troubles  du radar. Cependant, à 22 h 40, le Vénus repéra un objectif à environ 40 miles (64 km) de distance, qui selon le mouvement de l’image captée par le radar, se déplaçait vers le sud-est. C’était le Haguro qui, ayant abandonné le projet d’atteindre Port Blair, avait mis le cap sur Singapour. Les tactiques établies par Power avaient été maintes fois répétées, et chaque commandant savait se que le chef attendait de lui. La flottille ratrappa son objectif à seulement 14 miles (22,500 km) à bâbord de sa ligne. Elle effectua un mouvememt enveloppant par le nord, le but étant de fixer l’objectif et de l’attaquer de tous les côtés à la fois.

Les destroyers repérés

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Touché par quatre torpilles. Le Haguro commença à donner de la bande et un incendie se déclara au poste de conduite de tir, affectant gravement les capacités de combat du croiseur. Trente minutes après l’explosion du premier obus, le Haguro coulait.

Le 16 mai, à 0 h 45, le Haguro, avec son Kamikaze à bâbord, était à 10 miles (16 km) du centre de la ligne britannique et s’en approchait, quand son radar révéla la présence, des destroyers. Il manoeuvrait comme s’il n’était pas très sûr de leur pavillon (ils provenaient de la direction inattendue de Singapour) quand tout à coup, il changea de cap. A ce niveau des opérations, seul le Venus était à portée du grand croiseur et l’avait à bâbord tandis que les autres destroyers poussaient leurs feux pour le rejoindre. Le Venus croisa par l’avant la route du Haguro avec l’intention de l’attaquer par l’avant tribord. Il rata son coup et du faire un tour de 300o par tribord pour se désengager, il semble que les Japonais perçut les torpilles ; de nouveau il modifia son cap, toujours sans tier. Pendant ce temps-là, les quatre autres destroyers de Power resserraient leur cercle dans une obscurité de velours à une vitesse dépassant les 50 nœuds. Toute équivoque cessa quand le Saumarez, passant en sens inverse le Kamikaze, le balaya du feu de ses canons et de sesarmes automatiques.

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Ce fut juste après 1 h 30 que des deux côtés on lança des fusées éclairantes. Le Saumarez fut baigné d’une lueur verdâte à seulement 2 745 m du Haguro, qui ouvrit immédiatement un feu violent. Le destroyer fut tout suite touché dans une de ses chaudières, se déroba en tournant à tribord et lâcha sa pleine bordée de torpilles. Presque en même temps, le Virulam attaquait dans un secteur proche, sans opposition, le feu japonais étant concentré sur le Saumarez. Le croiseur, qui manoeuvrait de son mieux pour éviter les torpilles, Quand même atteint trois fois à l’avant, son armement avant s’était tu et il commençait à donner de la bande. Il reçut encore un impact, probablement deux à la hauteur de ses machines. Pendant dix minutes le Haguro fut harcelé par l’artillerie des destroyers. Alors le Venus et le Virago, saisissant leur chance, se ruèrent à bâbord, lâchant à eux deux onze torpilles.

Seul le Volage n’avait pas pris part è l’attaque. A 1 h 50, il reçut l’ordre d’expédier par le fond la coque du croiseur déjà très incliné et enfoncé, brûlant à l’avant. A un mile (1 500 km) seulement le destoyer manqua sa cible. Ce fut le Venus qui, fit le travail. A 2 h 06, à 45 miles (72 km) au sud-ouest de Penang, le Haguro sombra.

Les destroyers, comblés de joie, n’en demandaient pas davantage et se retirèrent. Le Kamikaze revint plus tard pour arracher quatre cents survivants aux eaux noires. Dans la flottille britannique, seul le Saumarez avait été endommagé.

BOMBES SUR LE PACIFIQUE

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 10 min

Cest sur le théâtre du pacifique que le bombardier léger pit donner toute la mesure de ses possibilités. Chacun des deux camps en présence utilisa en effet plusieurs appareils de ce type. Ces derniers devaient opérer le plus souvent à partir d’aérodromes de fortune aménagés dans la jungle sur les îles les plus proches des zones de combat.

Les forces japonaises entrèrent en guerre le 7 décembre 1941 à l’aube, lorsque les avions embarqués de la 1re Flotte aéronavale fondirent sur la base de l’US Navy de Pearl Harbor, ou une grande partie de la flotte de combat américaine était amarée (si plusieurs cuirassés furent coulés ou endommagés, les porte-avions absents des lieux ce jour-là échappèrent à l’attaque). Pour stopper la grande offensive lancée sumultanément par les Japonais en direction de l’Asie du Sud-Est, les Américains (aux Philippines), les Britanniques (en Malaisie) et les Néerlandais (à Java) disposèrent ensemble de 710 avions, les forces auxquelles venaient s’ajouter les 165 appareils de la Royal Australian Air Force stationnés en Malaisie, en Indonésie et dans les Salomon. En Malaisie, la RAF Far East Command comprenait les Squadrons 60 et 61, unités équipées de Bristol Blenheim Mk I, modèle entré en service en 1937 et pourvu d’un armement défensif constitué par une seule mitrailleuse Vickers de 7,7 mm. Également basées dans la péninsule de Malacca, deux autres unités étaient dotées de bombardiers torpil- leurs Vickers Vildebeest Mk III le plus lent de tous les avions à être engagés dans des opérations sur ce théâtre. La RAAF mettait quant à elle en œuvre des Lockheed Hudson Mk I et Mk III bombardiers de reconnaissance maritime performants et suffisamment armés pour repousser une attaque de chasseurs ; elle alignait également quelques squadrons de monomoteurs Commonwealth Wirraway, utilisé eux aussi dans des missions de reconnaissance et pouvant emporter des petites bombes ; une unité mixte, le Squadron 24, équipée de Hudson et de Wirraway, était basée à Rabaul, en Nouvelle-Bretagne. De son côté, le Corps aérien de l’armée des Indes néerlandaises (ML-KNILL) comprenait une division de bombardiers légers bimoteur Martin 139WH2, dont une unité était détachée à Singapour. Enfin L’US Far East Air Force, aux Philippines, ne disposait d’aucun bombardier léger, mais mettait en œuvre 36 bombardiers lourds Boeing B-17D Fortess basés près de Manille. Les Alliés se trouvaient totalement impréparés pour faire face à la violence des attaques aériennes japonaises. Ils considéraient les avions nippons comme inférieurs aux leurs ou, au mieux, comme de simples répliques de leurs propres appareils de l’entre-deux guerres. Ils ne tenaient aucun compte du fait que les équipages des forces aériennes japonaises avaient été engagés dans des opérations militaires en Mandchourie et en Chine pendant les dix années précédentes, et semblaient ignorer qu’ils maîtrisaient parfaitement les techniques de combat.

BOMBES SUR LE PACIFIQUE dans GUERRE DU PACIFIQUE artfichier_727139_1718327_201301282055961

Les Mitchell du 499th Bomb Squadron (Bats Outa Hell) du 345th Bomb Group (Medium) effectuèrent des  attaques à basses altitude contre toutes sortes d’objectifs japonais. Une bombe larguée par un B-25-J atteint de plein fouet un destroyer de la Marine impériale japonaise.

Les bombardiers légers de la force aérienne de l’armée japonaise étaient répartis en deux groupes aériens combinés, groupes avec lesquels les avions basés à terre de la force aéronavale nippone seraient appelés à coopérer, Les bombardiers bimoteurs Mitsubishi Ki-21-IB et Kawasaki Ki-48-I (baptisés respectivement Sally et Lily selon le code adopté par les Alliés en 1942) du 5e groupe aérien combiné basé à Formose, étaient chargés d’attaquer Luçon et Mindanao. Les deux principales îles des Philippines. Quant aux raids au-dessus de Siam et de la Malaisie, ils incombaient aux Ki-21 et Ki-48 du 3e groupe, basé en Indochine et dans l’île chinoise de Hainan. La FAAJ était également équipée de bombardiers légers monomoteurs, les Mitsubishi Ki-30 et Ki-51 (désignés par les Américains (Ann)  et (Sonia) et les Kawasaki Ki-32 (Mary). Les restes des quelques 650 appareils japonais basée à terre, en Indochine et à Fortmose, des Mitsubishi G3M2 (Nell) et G4M1 (Betty), appartenaient à des unités de la XIe Flotte aérienne de la Marine impériale sous le commandement du vice-amiral Nishizo Tsukuhara, les 21e et 23e flotilles aéronavales, basées à Formose et la 22e basée dans la région de Saigon. Le nouveau Mitsubishi G4M1 rempaçait progrèssivement le vieux G3M2, même si ce dernier devait continuer à équiper des unités de première ligne jusqu’en 1944 ; tous deux étaient pourvus d’une arme redoutable, la torpille Type 91 de 450 mm à oxygène liquide.

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A l’instar d’autres raids contre les îles occupées par les Japonais, l’opération contre la Nouvelle-Bretagne fut une action combinée mettant en jeu des forces aériennes, maritimes et terrestres. Fers de lance de la force d’attaque, les B-25 Mitchell pilonnàrent préalablement les défenses ennemies en effectuant des raids à basse altitude.

Le 19 décembre 1941, des G3M2 et G4M1 des groupes aéronavals (Kokutais) Genzan, Mihoro et Kanoya coulaient le Repulse et le Prince of Wales au large des côtes de la Malaisie. En ce même jour, quarante-huit heures à peine s’étaient écoulées depuis le début du conflit, les bombardiers légers japonais, opérant à partir de l’Indochine, de Formose et des îles Marshall, attaquaient des objectifs aussi distants les uns des autres que l’île de Wake, Hong Kong, Manille ou Singapour. Les forces d’invasion nippones ne rencontrèrent une vive résistance de la part des Alliés qu’en Birmanie : un grand nombre de Ki-21 furent abattus par les Curtiss P-40 de l’américain Volunteer Group (Les Flying Tigers) et les Hawker Hurricane et Brewster Buffalo de la RAF au-dessus de Ragoon en décembre 1941 et janvier 1942. En quelques semaines, les Japonais atteignirent tous les buts qu’ils s’étaient assignés : la Malaisie et les Indes néerlandaises étaient déjà entièrement conquises en mars 1942 ; la Birmanie et les Philippines tombèrent en mai.

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Le 18 avril 1942 seize B25 conduits par le Colonel James Doolittle quittent le pont du Hornet pour effectuer une attaque particukuèrement audacieuse contre Tokyo, Yokohama, Nagoya et Kobe. Le raid nécissita une coopération étroite entre l’US Army Air Force et l’US Navy.

Raid sur Tokyo

Pendant les deux années qui suivirent, tandis que des batailles périphériques seraient livrées en Chine, dans les Aléoutiennes et aux frontières de la Birmanie, les principaux combats allaient se dérouler dans les Salomon et la Nouvelle-Guinée. Les forces japonaises engagées sur le théâtre du Sud-Ouest du Pacifique établirent leur quartier général à Rabaul. Transférés à Kemdari, dans l’île des Célèbes (Indonésie). Les G3M2 et G4M1 de la 23e flottille aéronavale effectuèrent un nombre croissant d’attaques contre le port australien de Darwin ; dans le même temps, la 25e flottille prenait pour cible la base alliée clef du Port Moresby, en Nouvelle-Guinée. Au lendemain de la déroute alliée à Java, la RAAF et L’US Far East Air Force ripostèrent avec les modestes moyens dont elles disposaient alors : utilisant au début un petit nombre de bombardiers en piqué Hudson Mk III, Martin B-26-A Marauder et Douglas A-24 ainsi que des North Américan B-25 Mitchell et Douglas A-20-C Havroc, elles attaquèrent régulièrement, pendant les six mois qui suivirent, Rabaul, Lae, Salamaua, Buka, Dili, Penfui et d’autres bases ennemies en mer d’Arafoura. Le raid le plus audacieux de cette période fut cependant accompli par les seize B-25-B du 17th BG qui, placés sous le commandement du Colonel James Doolittle, bombardèrent plusieurs villes japonaises ( dont Tokyo ) le 18 avril 1942 : décollant à plus de 1 200 km des côtes nippones à partir du pont du Hornet, les Mitchell, une fois leur missions accomplie, effectuèrent des atterrissages forcés ou s’écrasèrent sur le continent, en Chine ei en territoire soviétique.

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Le B-25 Mitchell étai apprécié pour sa vitesse, son armement et sa maniabilité. Ce B-25D sortit des chaînes de montages de Kanas City.

Opérant à l’extrême limite de leurs rayons d’actions, les bombardiers légers alliés de la SWPA (South-West Pacific Area) furent souvent mis à mal par les chasseurs Mitsubishi A6M2 (Zeke) du groupe d’élite Tainan, basé à Lae et Rabaul. A Port Moresby, la 5e US Air Force, récemment constituée et placée sous les ordres du Général George Kenney, comprenait les 3rd, 22nd et 38 th Bomb Groups, tandis que le Group 9 de la RAAF disposait d’un petit nombre de Boston Mk III qui viendrait plus tard renforcer des chasseurs-bombardiers Bristol Beaufighter Mk VIF. Les Américains procédant au retrait progressif de leurs B-26 Marauder, les principaux avions de la 5th Air Force furent bientôt le B-25 Mitchell et le A-20 Havoc. A l’instigation du Général Paul (Pappy) Gunn, ces derniers appareils furent adaptés pour des missions de mitraillage à basse altitude et pourvus de bombes à haute puissance explosive Para-Frag de 19 kg ; quant à la version B-25C INA du Mitchell, elle fut dotée de huit mitrailleuses Browning M2 de 12,7 mm montée dans le nez. Un autre nouveau modèle, le Lockheed Ventura GR.Mk V, fut employé par des squadrons de la RNZAF dans les Salomon à partir de l’automne 1942.

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Spectaculaire photographie d’un Douglas P-70 touché par la DCA japonaise au-dessus de la Nouvelle-Guinée néerlandaisee au cours d’une de ses attaques à basse altitude.

L’offensive finale

Tandis que les 5th et 7th US Air Force, assistées par la RAAF et la RNZAF, prenaient part aux combats dans les Salomon et en Nouvelle-Guinée, la petite 11th US Air Force menait une difficile campagne dans les Aléoutiennes. Une seule de ses unités, le 28th Composite Group, était équipée de B-25. Rassemblés ensuite, au lendemain de la chite de Kiska, en août 1943, au sein du seul 77th Nomb Aquadron, ces derniers devaient participer au raid contre Paramushiro, dans les Kuriles, le 11 septembre 1943 : à leurs côtés opéraient les bombardiers de patrouille légère Lockheed PV-1 et PV-2 Harpoon de l’US Navy, spécialisés dans les missions antinavires. Du cpté japonais, les G4M2 de la 25e flottille aéronavale furent particulièrement actifs sur ce théâtre.

   Dans le Pacifique Sud, les combats reprirent de plus belle lorsque les forces américaines prirent pied dans les îles Marshall et Gilbert. Un appui aérien fut fourni aux forces de débarquement par les B-25 de la 7th US Air Force, ainsi que pr les B-25 du 4st Group. A ce stade de la guerre, les plus récentes versions du Mitchell comprenaient les B25-G et H, armés de canons de 75 mm, et les B-26J-INA qui pouvait comporter jusqu’à 12 mitrailleuses de 12,7 mm.

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North American B-25C-10 du 49th BS,, 340 th BG, basé à Catane  (Sicile) en septembre 1943. On notera les marques de la RAF sur les dérives.

Les Alliés s’assurèrent définitivement la maîtrise de l’air dans le Pacifique à la fin du printemps 1944, au lendemain de la cruciale bataille de la mer des Philippines et l’anéantissement de la 1re  Flotte aérienne de la Marine impéraile japonaise dans les îles Mariannes. Rassemblés au sein des Far East Air Forces (général Kenney) en juin, les bombardiers légers des 5th et 7th Air Force prirent part aux batailles des golfes de Leyte et de Lingayen, entre octobre 1944 et janvier 1945. Cette période vit l’entrée en scène des pilotes-suicides japonais, ou kamikazes, qui devaient infliger de lourdes pertes à l’US Navy. C’est pendant la campagne des Philippines que le dernier-né de Mitsubishi, le bombardier KI-67 Hiryû (Peggy) fut rencontré pour la première fois. Meilleur bombardier léger japonais de toute la guerre, le Ki-67 Hiryû contribua grandement, avec le Ki-48 et Ki-21, à retarder l’avance des Alliés dans les derniers mois du conflit.

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Les Japonais furent dans l’impossibilité de mettre en service un nombre important de Mitsubishi Ki-67 Hiryû.

Les B-25 de la 5th Air Force, basé à Luçon après la conquête des Philippines, traquèrent les navires ennemis en mer de Chine méridionale et bombardèrent des objectifs sur Formose, avant d’être intégrés dans la 7th Air Force au lendemain de la bataille d’Okinawa, en avril 1945. A partir de 1e  Shima, les B-25 attaquèrent ensuite Kyushu, dans le sud du Japon. Pendant la bataille d’Okinawa, les attaques de kamikazes atteignirent leur maximum d’intensité, chaque type de bombardier léger japonais étant employé. Les Alliés, de leur côté, mirent également en service dans les dernières semaines de la guerre le Douglas A-26 Invader.

27 juillet 2014

LES HYDRAVIONS DU PACIFIQUE

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 23 min

Au cours des premières années de la guerre du Pacifique, la puissance de l’aviation embarquée nippone empêcha les Alliées de déployer sur une grande échelle les appareils lents et vulnérables que constituaient les hydravions.

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Près d’une base aérienne d’une île des Aléoutiennes, un Consolidated PBY-5 amphibie, le principal appareil de patrouille maritime de l’US Navy au cours de l’année 1942, s’apprête à partir pour une mission de reconnaissance.

Le rôle que jouèrent les hydravions dans la guerre du Pacifique fut moins important que prévu compte tenu des vastes étendues d’eau à surveiller et de la nature essentiellement maritime du conflit. En fait, ce fut sans doute la dimension même du théâtre des opérations qui enleva aux hydravions à long rayon d’action une partie de leur utilité, jusqu’à l’élimination progressive  de la force aéronavale japonaise.Cependant, dans les mers relativement étroites du Sud-Est asiatique et dans les nombreus archipels qui allaient se révéler d’une importance stratégique vitale dans la guerre du Pacifique, les hydravions trouvèrent dans les missions de reconnaissance maritime un emploi fait pour eux. Ils restèrent pourtant extrêmement vulnérables, du fait que leurs lieux de mouillage étaient géographiquement très dispersés et qu’ils durent affronter de nombreux chasseurs embarqués ennemis.

Quand ils attaquèrent Pearl Harbor, les Japonais possédaient environ cent Kawanishi H6K et de nombreux Yokosuka H5Y répartis dans tout le Pacifique Nords et dans des bases côtières de l’Asie du Sud-Est. En prévision d’une éventuelle agression nippone quelques soixante-dix Consolidated PBY Catalina de différents types équipaient douze squadrons de patrouille de l’US Navy, dont cinq opéraient à partir de Hawaii. L’aéronavale des Pays-Bas disposait dans les Indes Néerlandaises de vingt-quatre Dornier Do 24K ; le squadron 205 de la Royal Air Force venait de réceptionner six Catalina à Singapour ; La Royal New Zeeland Air Force mettait en œuvre depuis les îles Fidji un nombre équivalent d’entique hydravions Short Singapore ayant appartenu à la RAF ; et le Royal Australian Air Force possédait quelques Catalina basés au nord de l’Australie.

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Les PBY Catalina étant particulièrement efficaces au cours des missions de nuit, des unités spéciales les Squadrons Black Cat, furent mises sur pied à cette fin en faisant appel aux meilleurs équipages de l’US Navy.

Malgré leur éparpillement et leur vulnérabilité (presque la moitié des Dornier néerlandais ne survécurent pas au trois premières semaines de la guerre et les pertes subies par les PBY à Pearl Harbor furent particulièrement lourdes, un squadron entier était anéanti à sa base de Ford Island), les hydravions accomplirent nombre d’exploits mémorables, comme le raid de bombardement conduit avec succès par les Catalina australiens sur la base japonaise de Truk, dans les îles Carolines, le 15 janvier 1942. En dehors des longues patrouilles effectuées par les PBY américains pour surveiller les flottes nippones, l’US Navy au début des hostilités, se servit surtout des hydravions comme « navigateurs » pour aider aux déploiements de ses renforts de chasseurs dans le Pacifique.

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A gauche, photograpié quelques instants avant d’être abattu, ce Kawanishi H8K2 portait un armement défensif de cinq canons de 20 mm et cinq mitrailleuses. Cet appareil était sans conteste le meilleur de tous les hydravions. A droite, le même appareil que sur le cliché précédent perd rapidement de l’altitude après avoir été atteint par des intercepteurs américains. La vitesse réduite de l’(Emily)  facilitait la tâche de l’aviation alliée.

Il fallut attendre les grandes batailles navales qui se déroulèrent un peu plus tard pour que le potentiel du PBY américain soit exploité à son maximum ; c’est ainsi que les Catalina de la RAF basé à Ceylan signalèrent l’approche de la force de porte-avions de l’amiral Nagumo dans l’océan Indien, ce qui permit à de nombreux navires (mais malheureusement pas au porte-avions britannique Hermes) d’échapper à la destruction. Au cours des phases préliminaires de la bataille de Midway, trente PBY, qui étaient basés sur l’atoll lui-même, prirent l’air tous les matins à l’aube pour guetter l’arrivée des bâtiments ennemis ; le 3 juin 1942, l’un des pilotes repéra la flotte d’invasion japonaise, la suivi et donna des indications constantes sur sa position ; dans la nuit des PBY effectuèrent un transport de troupes ; le lendemain, les pilotes des Catalina trouvaient au cours de leurs patrouilles les redoutables porte-avions nippons. Pendant la bataille des îles Salomon, les hydravions des deux camps recherchèrent activement chacune des flottes adverses ; là encore, les PBY jouèrent un rôle prémordial dans la localisation des porte-avions de Nagumo, et ils firent de même au cours de la bataille des îles Santa Cruz.

En juin 1944, au moment de la plus grande bataille navale qui se déroula pendant cette guerre, la bataille des îles Mariannes (qui donna lieu à ce que les pilotes américains appelèrent le tir aux dindons des Mariannes), le  Martin PBM Mariner, qui était équipé d’un radar, opérait déjà d’un bout à l’autre du Pacifique aux côtés des PBY, et ce furent des appareils de ce type basés à Saipan qui, les premiers prirent contact avec la 1re flotte mobile de l’amiral Ozawa.

Les Japonais quant à eux, connurent moins de réussite dans le déploiement de leurs hydravions durant la seconde moitié du conflit, surtout du fait des ravages causés par les chasseurs à long rayon d’action américains, mais aussi parce qu’ils ne disposaient pas de bons radars de veille aéroportés, alors que presque tous les avions de reconnaissance maritime alliés, ou qu’ils opèrassent dans le monde, en faisaient un usage constant. Le remarquable Kawanishi H8K arriva trop tard pour influer sur le cours des événements, et il fut d’ailleurs cantonné dans une large mesure à des missions de secondes lignes telles que le transport des troupes et de l’état-major de la marine.

A la suite des pertes désastreuses infligées par les sous-marins allemands, peu de temps après l’entrée en guerre des Etats-Unis, aux navires marchands américains circulant dans l’Atlantique Ouest et la mer des Antilles l’US Army Air Force et l’US Navy augmentèrent régulièrement le nombre de squadrons de patrouille et e reconnaissance maritime, dont le rôle était de protéger la navigation de la menace des U-Boote ennemis. En 1943, ces patrouilles assuraient une couverture aérienne efficace jusqu’à une distance de l’ordre de 1 300 km au large des côtes nord-américaines et le Coastal Command britannique en faisait autant de l’autre côté de l’Atlantique ; il restait cependant au milieu de l’océan une zone dangereuse assez étendue, que seule pouvait prendre en charge les appareils (à rayon d’action très limité) embarqués sur les porte-avions d’escorte qui accompagnaient parfois les convois les plus inportants. Dans l’Atlantique Sud, grâce à l’île de l’Ascension et aux bases installées au Brésil, presque toute la largeur de l’océan entre l’Afrique et l’Amérique du Sud pouvait être surveillée par les avions de patrouille.

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Un Catalina de la RAF survole les côtes de l’île de Ceylan. Ces appareils ont été stationnés en Inde et en Afrique de l’Est afin de patrouiller au-dessus du golfe de Bengale et de l’océan Indien pour repérer les raiders japonais.

Les meutes de U-Boote

Le nombre croissant de victoires remportées par l’ensemble des forces anti-sous-marines alliées amena les Allemands à modifier considérablement leurs tactiques dans ce domaine. L’un des plus importants de ces changements consista à utiliser des (meutes) de U-Boote qui suivaient les convois jusqu’à ce qu’ils soient en dehors de la zone couverte par les avions basés à terre et qui les attaquaient alors en force, parvenant ainsi souvent à détruire un grand nombre de navires de commerce.

Mais les hydravions menèrent la vie dure aux sous-marins. Le 24 juin 1944, un pilote de Catalina canadien, le Flight Lieutenant D.E. Hornell, repéra et attaqua un sous-marin en surface dans l’Atlantique Nord, l’une des ses mitrailleuses avant de son hydravion s’enraya et les canons du sous-marin entrèrent en action, touchant l’un des moteur du Catalina et mettant le feu aux réservoirs d’aile. Tout en s’éfforçant de garder le contrôle de son avion désemparé et en flammes, Hornell réussit à faire un passage au ras de l’eau, encadra sa cible et l’envoya par le fond avec des grenades sous-marine. Quand le moteur embrasé se détacha, le pilote n’eut pas d’autre solution que de faire un amérissage forcé et, bien que souffrant de plusieurs blessures, il réussit à faire monter son équipage dans le seule canot de sauvetage qui n’avait pas été endommagé. Ballotés par des eaux glaciales, six des sept hommes survécurent dans le canot pendant plus de ving heures avant d’être recueillis par une chaloupe de sauvetage. Hornell, qui avait perdu connaissance quelques heures auparavant, mourut trois jours plus tard.

Les vastes étendues du Pacifique et la distance séparant l’aviation basée à terre des flottes en opération obligèrent celles-ci à disposer d’une aviation d’observation embarquée. En outre, la forme même de L’expansion nippone contraignit la marine impériale à se doter d’hydravions à flotteurs avant 1941.

Préparant la guerre dans le Pacifique, le Japon, en tant qu’agresseur, envisagea de s’équiper d’une importante force d’hydravions à flotteurs destinée à soutenir ses ambitions territoriales. De tels appareils étaient absolument indispensables à la couverture des flottes engagées dans de longues expéditions outre-mer dans lesquelles le Japon n’était pas certain de disposer des bases aériennes nécessaires en égard à l’immensité de l’Océan. C’est la raison pour laquelle l’état-major naval japonais se dota non seulement de nombreux porte-avions mais aussi de plusieurs transports d’hydravions, bâtiments que d’autres marines utilisaient comme des plates-formes mobiles mais non opérationnelles. Le Japon construisit pour ce faire huit navires de ce type qui, réunissant plus d’une centaine d’hydravions à flotteurs, accompagnèrent les forces d’assaut pendant les deux premières années de la guerre.

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Un Vought OS2U Kingfisher se place sur le dispositif de récupération spécial du croiseur lourd USS Quincey. Cette façon de faire permettait aux bâtiments d’embarquer leurs avions d’observation sans stopper.

Quoi qu’il en fût, ces appareils étaient en général de conception encienne à l’époque de Pearl Harbor et n’étaient pas destinés à être engagés dans des combats aériens. La conquête de la supériorité dans les airs était confiée aux chasseurs embarqués sur porte-avions, et les missions d’attaque revenaient aux bombardiers disponibles à bord de ces bâtiments. Néanmoins, au début du conflit, l’état-major naval accordait une grande confiance à des avions comme le Kawanishi E7K2 (ALF), un biplan à flotteurs mis en œuvre par les transports d’hydravions Chitose et Chiyoda. Le premier de ces navires prit même part à la campagne des Salomon. Jsugeant tous deux 11 190 t, ces bateaux furent transformés en porte-avions d’escorte en 1943 et coulés par les Américains.

Si l’E7K2 était démodé quand débuta la guerre dans le Pacifique, un autre hydravion à flotteurs, plus moderne celui-là, était entré depuis peu en service. Il s’agissait du Aichi 13A1 (Jake), qui opérait depuis des transports d’hydravions et des croiseurs, et qui avait participé à l’attaque de la ligne ferroviaire Hankow-Canton. Embarqué sur les croiseurs Chikuma, Kinugasa et Tone, cet appareil fut également engagé dans l’assaut mené sur Pearl Harbor, Ce petit hydravion à flotteurs triplace pouvait tenir l’air, si besoin était, pendant une quinzaine d’heures, ce qui était remarquable. Un autre bon appareil, L’Aichi E16A1 (Paul) fut mis en service dans le Pacifique, mais il fit son apparition tardivement à une époque ou l’initiative était passée du côté américain, si bien qu’il subit de lourdes pertes lors de la bataille des Philippines en 1944. Comme d’autres machines mises en service au moment ou la supériorité alliée dans les airs étaient devenue totale, l’E16A1 termina sa carrière en effectuant des attaques suicides pendant les derniers mois de la guerre.

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La myriade d’îles formant les Indes orientales fit des hydravions à flotteurs un moyen de combat indispensable pour les Japonais engagés dans la conquête de cette région. Après la fin de la guerre, les Britanniques découvrirent d’importantes quantités d’appareils sur la base de Seletar.

Mais l’emploi la plus interessante des hydravions au sein de la marine impériale fut leur mise en œuvre en liaison avec les sous-marins. L’idée d’intaller des avions à bord des submersibles ne fut en fait appliquée qu’au Japon. Elle connut un évident succès, et ce pendant une assez longue période. Pas moins de trente-six sous-marins équipés d’hydravions servirent dans l’arme navale nippone ou furent construits au cours des hostilités. Le I-7, un submersible jaugeant 2 525 t, et lancé en 1935 expédia au-dessus de Pearl Harbor, dix jours après l’attaque japonaise, un Yokosyka E14Y1 du I-25 piloté par un officier du nom de Fujita  largua des projectiles au phosphore de 76 kg sur la côte de l’Oregon et fut le seul appareil à avoir jeté des bombes sur le territoire des Etats-Unis au cours de la Seconde Guerre mondiale. Cette attaque isolée visait avant tout, comme d’ailleur le raid de Doolittle sur le Japon en avril 1942, à porter un coupau moral de l’ennemi.

Pendant plus de deux ans, les sous-marins à long rayon d’action des clase I-7,  I-9,  I-15 et  I-10 rôdèrent dans le Pacifique et l’océan Indien, utilisant presque exclusivement leurs E14Y1 pour reconnaître les ports alliés en Australie, en Nouvelle-Zélande, dans les Aléoutiennes, ais aussi à Ceylan, aux Seychelles, à Madagascar et en Afrique orientale. Neuf des vingt-deux bâtiments engagés furent perdus pendant cette période, le plus souvent dans l’attaque de navires de commerce. La supériorité aérienne des Alliés limita de plus en plus l’utilisation des hydravions embarqués sur sous-marins.

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L’E13A du Tone se trouvait dans la partie nord du secteur de recherche qui lui avait été imparti quand il découvrit les navires américains. Par chance pour les Américains, l’avion de reconnaissance japonais ne put conserver le contact que pendant un peu plus d’une heure.

Léclaireur aérien de Midway

La bataille de Midway constitua le tournant de la guerre dans le Pacifique. Cet affrontement  entre porte-avions américains et japonais fut désisif et permit aux Américains de reprendre l’initiative. Ce ne fut que grâce à l’un de ces aléas qui décdent du sort d’une bataille que les Japonais ne furent pas informés de la présence des navires américains. A la suite d’une erreur de manipulation, le catapultage de l’appareil du croiseur lourd Tone fut retardé. Cette seule faute empêcha le (Jake) du Tone de repérer à temps la flotte américaine. De leur côté, les Américains étaient parvenus à décrypter le code ennemi et à savoir approximativement ou se trouvait la flotte nippone.

À 7 h 28, l’hydravion à flotteurs japonais transmit son premier message : (Aperçu dix navires, certainement ennemis.) Les communications suivantes signalèrent cinq croiseurs et cinq destroyers. Mais aucune mention rapportant la présence de porte-avions ne fut faite avant 8 h20. Ce fut un véritable choc pour les responsables japonais, qui réalisèrent alors que leur flotte pouvait être attaquée par la voie des airs. Ils avaient raison, puisque les raids conduits par les Américains chagèrent le cours de la guerre dans le Pacifique.

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Épine dorsale des unités de reconnaissance de la marine impériale nipponne, le E13A servait sur les croiseurs et les transports d’hydravions.

Un projet beaucoup plus ambitieux fut conçu par la marine impériale en 1942, quand celle-ci demanda la réalisation d’un bombardier rapide et puissant, capable d’emporter une charge de bombes de 850 kg à une distance de 1 130 km. Il s’agissait en fait d’un appareil largué depuis un sous-marin et qui, dès qu’il avait pris l’air, se débarassait de ses flotteurs. Désigné A6M2, cet avion était propulsé par un moteur Atsuta 32 en ligne de 1 400 ch (1 044 Kw). Malheureusement pour les Japonais, le développement du M6A1 fut extrêmement lent, et ce ne fut pas avant 1944 que les sous-marins des classes I-400, (5 220 t) et I-13  3 600 t) furent commandés. En 1945, des plans furent dressés en vue d’un bombardement des écluses du canal de Panama par les submersibles de la 1re flottille. Le I-400 et le I-401 enportant chacun trois M6A1, de même que le I-13 et le I-14, qui mettaient en œuvre deux de ces appareils chacun, furent addectés à cette mission. Se rendant compte que les objectifs les plus interessants se trouvaient à présent dans le Pacifique, l’état-major naval nippon détourna la flottille d’attaque sur l’atoll d’Ulithia à 480 km au sud-est des Mariannes. Les sous-marins étaient encore en plein Océan quand les deux bombes atomiques explosèrent au-dessus du Japon, obligeant celui-ci à capituler.

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Sans dout l’un des meilleurs hydravions à flotteurs de la marine nipponne, l’Aichi M6A Seiran fut conçu pour être utilisé à partir de sous-marins. La mission originale de cet appareil consistait dans l’attaque des écluses du canal de Panama.

LA BATAILLE DU FOND DE FERAILLE

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 16 min

Les batailles navales autour des îles Salomon, dans l’océan Pacifique, au cours de la seconde moitié de l’année 1942, furent une succession d’action brèves, violentes et dramatiques qui eurent lieu souvent la nuit.

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Carte de la bataille du fod de ferraille août 1942.

 Décontenancés sur le moment par la perte subite de l’île de Guadalcanal, les Japonais réagirent avec rapidité. Le vice-amiral Mikawa appareilla de Rabaul, dans le sud-est de la Nouvelle-Guinée, quelques heures après le débarquement des Américains. Il avait à couvrir 1 125 km et le croiseur lourd Chokai, qui arborait la marque du vice-amiral, accompagné de deux croiseurs légers et d’un destroyer donna toute sa vitesse. A quatorze heures du jour même du débarquement, il aviat déjà franchi 320 km, en route pour son rendez-vous avec un puissant renfort de quatre autres croiseurs lourds, près de Bougainville, l’île la plus occidentale des Salomon. Ayant réuni ses forces, Mikawa emprunta le passage entre les deux chaînes d’île parallèles constituant l’archipel, une sorte de longue mer intérieur de 30 à 60 km de largeur, qui fut baptisée the slot, la faille. Les Américains, qui n’attendaient rien de bon venant de l’ouest, avaient lancé des reconnaissances aériennes dans cette direction. Mikawa fut de la sorte repéré par deux fois avant midi, en ce jour du 8 août. Mais les Américains n’avaient aucune véritable expérience de la guerre. Les informations des aviateurs étaient imprécises, transmises d’un manière routinière, et metaient des heures à filtrer à travers la hiararchie militaire, si bien que ce ne fut guère avant 19 heures que le contre-amiral Turner, chef de la force amphibie, apprit en même temps que la flotte japonaise approchait et que les porte-avions américains s’en allaient.

artfichier_727139_1718152_201301275516153 dans GUERRE DU PACIFIQUE

Le Chokai, portant la marque de l’amiral Mikawa, conduisit l’assaut japonais contre les forces alliées stationnées autour de l’île de Savo. Leurs magnifiques équipages, excellant dans les combats de nuit, obtinrent une belle victoire aux dépens des flottes alliés.

La dernière nouvelle était alarmante, mais la première qui annonçait par erreur que l’escadre japonaise se composait surtout de ravitailleurs d’hydravions, l’était moins. Elle concordait avec le type de base que l’ennemi avait établie à Florida, et de tels bateau ne représentaient pas une menace directe. Rien ne laissait présager une attaque imminente et aucune précaution ne fut prise pour faire face à une telle éventualité. En outre, on trouvait sur place une escadre non négligeable de six croiseurs lourds, deux croiseurs légers et quatre destroyers, américains ou australiens, sous le commandement de l’amiral Crutchley, de la Royal Autralian Navy. Malheureusement les caractéristiques géographiques de la région ne facilitèrent pas la concentration de cette escadre.

Entre les plages nord de Guadalcanal et les îles voisines de Florida et Tulagi, plus au nord, il existe un passage de 24 à 40 km de largeur. Dans sa partie la plus étendu, au nord-ouest, par ou devait arriver Mikawa, cette mer intérieur, la « rainure », est divisé au centre par l’île de Savo, un rocher escarpé de 8 km de diamètres. Crutchler avait posté, entre Guadalcanal et Savo, un groupe sud composé de son navire amiral, l’Australia, le croiseur autralien Camberra et de l’américain Chicago. Au nord entre Savo et les îles Florida et Tulagi, croisait le restant de ses forces, les croiseurs lourd Astoria, Quincy  et Vicennes, barrant les approches du nord-ouest, deux destroyers américains en piquet radar, montaient la garde. L’accès aux plages par le sud-est moins probable, était couvert par deux croiseurs légers et deux destroyers. Sur le papier, ce choix semblait rationnel. Le petit matin du 8 août était très sombre, avec des nuages bas et des grains incessants ; il faisait chaud et humide, un climat carac- téristique de la région, Turner, préoccupé par les conséquences du retrait de Fletcher, appela Crutchley pour examiner la situation. Ce dernier, vu les mauvaises conditions atmosphériques, crut bon d’aller au rendez-vous à bord du croiseur arborant sa marque, l’Australia, laissant le commandement du groupe Sud à son adjoint à bord du Chicago. Quand Crutchley se présenta à son supérieur, Mikawa était à 80 km et approchait à toute allure sans que personne n’en eût la moindre idée.

 

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La force de croiseurs japonais, commandé par l’amiral Mikawa, passe sans encombre les destroyers en piquet radar pour se diriger vers la cible principale.

À 0 h 43, le 9 août, l’escadre japonaise formée en file, le Chokai en tête, pouvait distinguer malgré l’obscurité à 8 km le premier destroyer américain, Cétait le Blue qui, avec son matelot le Royal Talbot, sillonnait lentement le détroit, tout le monde à bord (sauf le quart de service) dormant. Surpris, le croiseur américain Chicago et l’aus- trailien Camberra reçoivent de plein fouet une attaque à la torpille. En quatre minutes, leur sort est réglé. Les équipages alliés tentent de riposter, mais il est trop tard, les navires sont perdus.

Quoique la ligne des vaisseaux japonais fut longue et en provenance de la direction surveillée, elle ne fut pas remarquée et défilla entre les deux destroyers ennemis à la vitesse de 26 nœuds. Mikawa avait décidé de porter un coup rapide (par crainte d’une contre-attaque en provenance des porte-avions de Fletcher) afin de repartir aussitôt avant le jour. Il n’ésita pas à lancer une reconnaissance aérienne. Les veilleurs américains virent l’appareil, mais sans comprendre que ses flotteurs indiquaient qu’il s’agissait d’un hydravion basé sur un gros bâtiment.

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Le Minneapolis, un croiseur de la classe New orlean. Les navires de cette classe partagent avec les Zara italiens le douteux privillège d’avoir perdu trois navires au cours d’un seul combat.

Toujours sans que leur présence soit soupçonnée, les Japonais laissèrent bientôt les deux croiseurs du groupe sud demeurés sur place.

À 1 h 38 les Japonais lançèrent leur première slave de torpilles. Quelques minutes plus tard, la paix nocturne fut brisée par l’éclatement des torpilles frappant de plein fouet le Camberra et illuminée par les hautes flammes qui s’en élevaient. Le commandant du Chicago fut réveillé en surseau qund l’avant de son bateau fut touché à son tour par une torpille. L’ennemi était toujours invisible et la bataille unilatérale, vielle de quatre minutes.

Quand les deux croiseurs commençèrent à répondre, la force navale de Mikawa était passée et faisait le tour de l’île de Savo pour se retirer. Mais la manœuvre rompit la ligne, qui se divisa en deux, de telle manière que ce furent deux colonnes parallèles qui encadrèrent le groupe Nord des Alliés. Aussi incroyable que cela paraisse, le Chicago n’avait rien signalé et les croiseurs du groupe Nord n’avaient pas entendu l’explosion des torpilles sues sud de l’île, c’est-à-dire à une distance de 8 km seulement !

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Photographié en 1938, l’îlot central du Chokai illustre bien la construction massive qui caractérisait les navires japonais. Les bâtiments américains du même type étaient bien moins protégés, ce qui explique en partie les pertes des Salomon.

Avançant à une vitesse stabilisée de 10 nœuds, les trois croiseurs américains, plus ou moins en ligne, équipages au lit, canons sans servants et dans l’axe du navire, soit vers l’avant, soit vers l’arrière, se trouvèrent tout à coup dans un bain de lumière. Ce qui se passa ensuite fut pire qu’à Matapan, ou la flotte italienne avait été surprise et décimée l’anné préécédente. Passant à 300 ou 400 mètres, les Japonais firent donner en même temps toutes leurs bouches à feu, même les armes de 25 mm ! Le combat ne dura pas 10 minutes, mais il laissa les navires américains en flammes de la proue à la poupe, notamment à cause de l’extrême infammabilité de leurs hydravions et des hangars, la réplique de ces bâtiments fut décousue, en raison de la surprise et de la réticence à admettre la présence des Japonais dans leurs eaux.

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Contournant par le nord l’île de Savo, Mikawa rencontra les autres croiseurs lliés. Bien que cela puisse paraître incroyable, les équipages n’avaient pas entendu le bruit des explosions, et personne ne se trouvat aux pièces lorsque les Japonais ouvrirent le feu.

En deux colonnes parallèles, les Japonais encadrent les croiseurs américains Astoria, Quincy er Vicennes. Surpris, les Américains reçoivent un déluge de feu tiré à courte portée. En dix minutes, les trois navires sont en flammes.

Pour conclure l’halladi, Mikawa coula les deux destroyers qui faisaient sentinelle. Après la dernièere salve du Yubari, à 2 h 23, un silence de mort régna. Du bord des navires japonais s’éloignant, la silhouette montagneuse du Savo apparaissait en ombres chinoises sur un fond d’incendies qui reflétait le ciel. Tous les navires frappés coulèrent dans les douze heures.

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Au cours des premiers mois de la guerre du Pacifique, la marine japonaise était la mieux entraînée au combat.

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Refusant la perspective d’une riposte aéronavale américaine de jour, Mikawa prit le chemin du retour en détruisant un destroyer américain en piquet radar.

Au sein de la flotte japonaise, deux bâtiments de tête seulement, le Chokai et l’Aoba, reçurent des coups au but ; il y eut trente-huit morts, dont certains peut-être tués par des obus amis, quand les tirs japonais se croisaient au nord de Savo.

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Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-M... |
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