LES PROCÈS DE 1945-1948

30 juillet 2014

LA BATAILLE DE GUADALCANAL

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 5 h 07 min

Les Japonais voulaient établir une base aérienne à Guadalcanal, ce qui leur aurait permit de bombarder l’Australie et de dominer le ciel du sud-ouest du Pacifique. Pour éviter cela, l’état-major américain décida d’envahir l’île. Lors de la bataille de Guadalcanal, les vice-amiraux Robert Ghormley et William Halsey se succédèrent au commandement des forces américaines dans le Pacifique. Celles-ci se composaient d’une Task Force (commandée par le contre-amiral Fletcher) de trois porte-avions (Enterprise, Saratoga et Wasp), de la flotte amphibie du Pacifique-Sud du contre-amiral Turner et de la 1ère division de US Marines du général Alexander Vandergrift, soit au total une force de 17 000 hommes (plus tard renforcée pour atteindre 60 000 hommes). Les Japonais disposaient des troupes de Rabaul (archipel Bismarck) commandées par l’amiral Shigeyoshe Inouye, des forces de l’amiral Raizo Tanaka, soit la flotte de destroyers japonais spécialisés dans les opérations nocturnes. Il y avait 3galement la 8e flotte japonaise du vice-amiral Gunihi Mikawa et de la XVIIe armée japonaise du général Haruyoshi Hyukatake), pour un total de 34 000 hommes.

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Avance alliée à Guadalcanal du 10 janvier au 9 février 1943.

L’amiral King (chef des opérations navales américaines et commandant en chef de la Navy) hésitait entre les plans de l’amiral Nimitz (commandant en chef de la flotte du Pacifique) et du général MacArthur (commandant en chef allié du sud-ouest Pacifique). Nimitz proposait des offensives navales à Truk, là ou s’était réfugiée la marine japonaise, tandis que MacArthur voulait effectuer des offensives amphibies sur la base japonaise de Rabaul (qui commandait toute l’Asie du sud-est), située dans l’archipel Bismarck. Le 5 juillet 1942, un contingent japonais de 1 500 hommes fut repéré par des appareils de reconnaissances américains à Tulagi (île Florida). Le même jour, ils repérèrent 2 200 japonais qui construisaient un aérodrome sur l’île de Guadalcanal (situé à l’est des îles Salomon). Il fut décidé d’attaquer cette île.

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Débarquement Américain

Le 7 août, la Task Force, la force amphibie du sud-ouest (contre-amiral Turner) et la 1ère division de Marines de Vandergrift attaquèrent Guadalcanal et réussirent à y prendre position. Les Américains s’emparèrent de l’aérodrome de Lunga Point (sur l’île) et le rebaptisèrent Henderson Field (en honneur d’un officier des Marines mort au combat). Un périmètre de défense fut établi tout autour. De violent combat eurent lieu à Tulagi, mais les 6 000 Marines qui s’y trouvaient virent à bout de la garnison japonaise le soir du 8 août. Pour ne pas perdre la face, l’amiral Inouye envoya un raid aérien vers l’île, mais il fut repoussé. Quant à lui, l’amiral Tanaka envoya en renfort sept croiseurs et un destroyer, profitant d’une manoeuvre de Fletcher qui amenait ses porte-avions à l’est de Guadalcanal. Après une défaite au large de l’île Savo (ou les Américains perdirent quatre croiseurs lourds), Turner dut faire rebrousser chemin à ses forces de transport. Le 20 août, la « piste Henderson » était achevée, les Américains disposaient donc d’un terrain d’aviation dans le secteur, ce qu’ils n’avaient pas avant, rééquilibrant ainsi les forces dans le ciel du Pacifique. Le 24 août, l’amiral Kondo envoya 8 navires de lignes, 3 porte-avions, des croiseurs et des destroyers pour attaquer la Task Force américaine. Lors des combats, les Japonais perdirent le porte-avions léger Ryujo. Il durent battre en retraite sans avoir pu bombarder l’aérodrome nit débarqué des renforts sur Tulagi et Guadalcanal. Cependant, l’Enterprise fut durement touché au cours des combats.

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Batterie Américaine

Le 12 septembre, le général Hyukatake envoya ses 6 000 hommes pour effectuer une offensive de nuit sur Bloody Ridge, la défense américaine était assurer par 11 000 hommes. L’attaque fut un échec et les Japonais perdirent 1 500 hommes contre seulement 40 pour les Américains. Lors d’offensives navales, le porte-avion Wasp et le destroyer O’Brien furent détruits. Le Saratoga et le cuirassé North Carolina furent gravement endommagés. A la fin de septembre 1942, l’US Navy ne disposait plus que du porte-avions Hornet et du cuirassé Washington dans ce secteur, mais elle parvint tout de même à débarquer 4 200 hommes sur Guadalcanal. Durant la nuit du 11 au 12 octobre, 3 croiseurs et 2 destroyers de l’amiral Goto s’approchèrent de l’île, mais la Task Force 64 de l’amiral Scott (5 croiseurs et destroyers) les intercepta et les vainquit. De plus, les Américains réussirent à débarquer de nouveaux renforts sur l’île. Le 13, les Japonais envoyèrent deux cuirassés rapides, des croiseurs lourds et six transports de troupes qui débarquèrent 4 500 hommes sur l’île. Les forces japonaises sur Guadalcanal se chiffraient désormais à 24 000 hommes et les américaines à 23 000 hommes. Insatisfait, Nimitz fit remplacer Ghormley par Halsey et Fletcher par l’amiral Kinkaid. Le 23 octobre, la XVIIe armée japonaise attaque l’aérodrome.

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Soldats américains

Pendant ce temps, l’amiral Kondo se tenait près au large de l’île avec 4 cuirassés, 4 porte-avions, 10 croiseurs et 30 destroyers. Le 26 octobre eut lieu la bataille de Santa Cruz ou le Hornet fut coulé et l’Enterprise gravement touché. Les Japonais quant à eux perdirent 100 avions sur les 150 engagés dans le combat. Les combats continuaient sur l’île, mais les Marines tinrent bon. Après une interruption des combats de deux semaines, la bataille décisive eu lieu du 12 au 15 novembre. Lors de celle-ci, la Navy perdit 2 croiseurs et 7 destroyers, tandis que la Marine Impériale perdit 6 navires de lignes et 6 de ses 10 transports de troupes (les 4 autres parvirent à débarquer leurs contingents) Le 11 décembre, l’état-major japonais pris la décision d’évacuer la XVIIe armée de Guadalcanal. A ce moment là, les forces japonaises sur l’île étaient réduites à 11 000 hommes tandis que 50 000 GI américains (du général Patch) avaient pris position. Le 7 février, les troupes japonaises commencèrent à gagner leurs transports et le 8, toutes les troupes japonaises avaient quitté Guadalcanal.

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Le porte-avions Hornet

Lors des  six batailles navales, la Navy et la Marine Impériale perdirent chacune 24 navires, soit 126 tonnes pour la première et 136 000 pour la seconde. Cependant, les Japonais avaient perdu 25 000 de leurs 35 000 hommes envoyés à Guadalcanal, alors que les Américains n’avaient perdus que 1 500 hommes sur 60 000. Ce fut la première défaite terrestre de l’armée japonaise.

LA BATAILLE DES PHILIPPINES

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 5 h 04 min

Depuis la mi-1942, les Philippines sont sous contrôle japonais. Mais les Alliés ne cessent d’avancer dans le Pacifique et les Philippines sont leur prochaine cible. Cependant, la marine impériale japonaise attend de pied ferme l’US Navy.

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Carte du théâtre des opérations aux Philippines

L’armée japonaise peut compter sur 225 000 hommes sur les Philippines, et c’est pourquoi les Américains durent utiliser les grands moyens. Ils déployèrent la plus grande force amphibie jamais vue dans le Pacifique, soit plus de 600 navires. Ceux-ci ont déposé sur les plages de Leyte 100 000 de la VIe armée américaine. Le 20 octobre, la VIe armée était positionnée autour de la capitale de Leyte, Tacloban, et de Dulag, au sud. Cette armée contraint les 21 500 Japonais postés à Leyte de se replier plus à l’intérieur de l’île. Les troupes japonaises avaient été prisent par surprise car le général Yamashita, commandant en chef japonais dans le Pacifique, pensait que les Américains débarqueraient à Luçon. Il dut alors dépêcher des renforts d’urgence vers Leyte. Pendant ce temps là, les flottes américaine et japonaise se préparent au combat.

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Le général MacArthur est de retour aux Philippines (20/10/1944)

Un combat naval géant

Le 24 octobre 1944, près de 300 bâtiments de guerre se sont engagés au large des Philippines dans ce qui pourrait bien devenir la plus grande bataille de tous les temps. Le but des Japonais est clair : anéantir les IIIe et VIIe flottes américaines, et pour ce faire, ils engagèrent toutes leurs forces navales dans le combat. Cette opération fut baptisée par les Japonais Sho-1, la décision de la lancer fut prise après que l’amirauté japonaise eu pris conscience du plan de débarquement américain. On envoya l’amiral Toyoda au combat. Celui-ci voulait piéger les flottes américaines entre deux groupes de cuirassés : la Ire force navale du vice-amiral Kurita (qui venait de Brunei) et la IIe force navale de l’amiral Shima (venant du Japon). Mais il fallait appâter les Américains pour les emmener au point d’embuscade décidé. On envoya alors les quatre derniers porte-avions nippons (dirigés par l’amiral Ozawa) pour faire appât. Mais au matin du 23 octobre, deux sous-marins américains repérèrent la Ire flotte japonaise et lui coulèrent deux croiseurs. Les Américains décident d’attaquer la flotte japonaise. C’est une catastrophe pour les Japonais, non seulement l’effet de surprise est perdu, mais les Américains vont s’en prendre à la force d’attaque, et non aux appâts ! Une immense bataille aérienne commence alors : le porte-avions américain Princeton est détruit par des bombardements japonais. L’aviation nippone parvint également à endommager un croiseur léger et cinq destroyers. Les avions américains causent aussi de lourds dommages aux Japonais : ils parviennent à détruire le cuirassé Musashi (de la Ire force nippone) dans la mer de Sibuyan. Les porte-avions japonais sont repérés au nord du cap Engaro, l’amiral Halsey donna l’ordre de les attaquer le soir même. Les porte-avions reprenaient leur rôle d’appât et la 1re flotte de Kurita file vers Leyte ou se trouve la VIIe flotte américaine. Celle-ci manque malheureusement de couverture aérienne.

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Un avion kamikaze en flammes menace de s’écraser sur un navire américain

Le 26 octobres, le combat qui avait opposé 282 navires tourne en faveur des Américains. Ceux-ci ont infligés des pertes énormes à la flotte japonaise. Durant la bataille, 30 navires furent coulés et 24 d’entre eux sont nippons ! Parmi ces navires coulés, ont dénombre les quatre derniers porte-avions japonais. Le combat se resserre sur les mers intérieurs des Philippines. L’amiral Nishumura perdait sa bataille contre les Américains et sombra avec son navire amiral, le Yamashiro. Pendant ce temps là, Kurita passait le détroit de San Bernardino et attaqua la 7e flotte américaine (du contre-amiral Sprague). Il parvint à lui couler cinq navires car les renforts aériens américains était aux prises avec les avions japonais 500 Km plus au nord. La marine et l’aviation américaine avaient réussi à vaincre la flotte impériale japonaise. Cependant, les navires américains durent faire face à une nouvelle menace : les pilotes kamikazes. Ceux-ci réussirent à couler le porte-avions d’escorte, le Saint Lô.

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La flotte américaine au large des Philippines

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Des tireurs américains guettent les avions japonais

La reprise des îles

Les troupes américaines et japonaises se livrent à un combat acharné sur l’île de Leyte. Le 1er novembre, des kamikazes parviennent à couler le destroyer Abner Read et à endommager cinq autres navires. Le 6 novembre, les porte-avions américains parviennent à détruire 400 avions japonais et à détruire le croiseur lourd Nachi. Le 14 novembre, l’US Navy peut rajouter quatre contre-torpilleurs japonais ainsi que le croiseur Kiso à son tableau de chasse. Ceux-ci furent coulés dans la baie de Manille. Le 25 novembre, les croiseurs Kumano et Yasoshima sont coulés par l’aéronavale américaine, mais les kamikazes endommagent quatre porte-avions américains. Le 7 décembre, l’aviation américaine coule un convoi de renforts japonais destinés à Leyte et les troupes du général Hodge débarquent dans la baie d’Ormoc. Le 18 décembre, la météo se mêle de la bataille en envoyant un typhon faire chavirer trois croiseurs américains et envoyer 150 avions à la mer. Le jour de Noël 1944, des troupes d’élite japonaise sont transférées de Luçon à Mindanao, et le 26 décembre, des navires japonais bombardent la tête de pont américaine à Mindoro.

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Des péniches américaines foncent vers les plages des Philippines

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La flotte américaine débbarquant sur les îles des Philippines

Le 4 janvier 1945, le porte-avions américains Ommaney Bay est gravement endommagé par des kamikazes et se voit forcer de se saborder. Le 9 janvier, la VIe armée américaine pu débarquer à Lingayen grâce au soutient de la IIIe flotte. Les Japonais lui offrirent peu de résistance, mais les navires de MacArthur furent attaqués par les kamikazes qui endommagèrent ou coulèrent 40 navires. Maintenant que les Américains tiennent Mindoro (depuis le 15 décembre dernier), l’aviation américaine peut soutenir l’invasion de Luçon. La VIe armée parvient rapidement à établir une tête de pont de 20 Km de large pour 5 Km de profondeur. A partir de ce moment, MacArthur insiste pour que Manille soit prise rapidement ainsi que la piste de Clark Field. Le 31 janvier, la 11e division aéroportée débarque au sud de la baie de Manille, à Nasugbu. Ils réussissent à atteindre les faubourgs de la ville le 3 février. Le 13, la 11e division aéroportée s’empare de la base navale de Cavite et de l’aérodrome de Nicholls. A daté du 21 février 1945, les Américains réoccupent toute la presqu’île de Bataan, à Luçon. Mais les combats continus à Manille et à Corregidor. Le 27, les derniers résistants japonais sont chassés de Manille, les derniers se rendent le 3 mars dans le bâtiment du ministère des Finances. Le 10 mars, les Américains débarquent à Mindanao.

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Débarquement de matériel sur les plages des Philippines

Le 18 mars, les Marines débarquent sur l’île de Panay. A leur grande surprise, ils sont accueillis par les guérilleros philippins qui avaient chassé les Japonais depuis quelques jours. Ceux-ci se rallièrent aux forces américaines. Le 1er avril, les Américains débarquent sur la presqu’île de Bicol et prennent l’aérodrome de Legaspi. Le 10 avril, ils occupent l’île de Jolo (entre Mindanao et Bornéo). Le 16, les troupes américaines, précédées de lourds bombardements, débarquent à Carabao, les Japonais avaient déjà évacués l’île. Le 22 avril, les îles de Cebu et de Jolo sont entièrement sous contrôle américain. Le 3 mai, Davao (sur l’île de Mindanao) est prise par les Américains. Le 13 mai, c’est au tour du col de Balete de tomber aux mains des Américains. Le 7 mai, à Luçon, les troupes américaines prennent Santa Fe et la piste de Villa Verde. Le 13 juin, les troupes australiennes débarquent dans le baie de Brunei et dans les iles de Labuan et Muara. Le 15 juin, Labuan et Muara sont prises par les Australiens. Le 21 juin, le port d’Aparri, dernier port aux mains des Japonais, est pris par les troupes américaines et le 25, elles s’emparent de Tuguegarao et de Gattaran.

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Artillerie américaine

Le 28 juin 1945, MacArthur annonce la fin des opérations à Luçon. La VIIe armée est affectée au nettoyage des 23 000 Japonais restant. Les Philippines sont repassées aux mains des Américains.

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Bombardier japonais Ki-48

L’île de Wake

Pour un groupe isolé de 400 Marines, avec seulement quelques pièces d’artillerie et une douzaine d’avions, la nouvelle de l’attaque sur Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, était des plus inquiétantes. Personne n’ignorait qu’ils seraient la cible suivante. Mais, contre toute attente, cette petite troupe va néanmoins résister durant deux semaines aux forces d’invasion japonaises.

Wake est située à 5 heures à l’ouest d’Hawaii, à peu près au milieu de nulle part. La soi-disant île est en fait un atoll en forme de V, lui-même composé de trois îlots de corail (Wake proprement dite, le corps du V, Wilkes et Peale, les deux extrémités) reliés par une route, avec un récif entourant un lagon.

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Carte des installations de défense  de l’île

Wake fût découverte en 1586 par Alvaro de Mendana, un explorateur espagnol qui mouilla à proximité, puis débarqua dans l’espoir de se ravitailler en eau et en nourriture. Mendana, qui ne trouva finalement ni eau ni nourriture, mais uniquement des ronces, la baptisa San Francisco, et la localisa de façon précise en latitude mais pas en longitude (quelque part, à l’ouest d’Hawaii). En 1796, le capitaine Wake, commandant du schooner de commerce britannique Prince William Henry, arriva, localisa l’atoll avec exactitude et lui donna son nom. En 1840, Charles Wilkes, océanographe américain, et Titian Peale, naturaliste, débarquèrent pour explorer l’île : ils laissèrent leurs noms aux deux plus petits îlots de l’atoll. Le 4 juillet 1898, le Major Francis V. Greene, commandant le deuxième détachement de la Force expéditionnaire des Philippines, envoya deux navires pour hisser un drapeau américain sur l’île. Peu après, le 17 janvier 1899, Edward D. Taussig, à bord du navire USS Bennington et agissant sur ordre de son gouvernement, vint prendre possession de l’atoll pour le compte des États-Unis d’Amérique.

L’intention première en capturant Wake était d’y établir un relais pour le câble entre Midway et Guam. Mais l’absence de toute eau potable, ajoutée au fait que l’île avait visiblement été recouverte par les flots plusieurs fois auparavant, dissuadèrent finalement de l’installer. En conséquence, le câble passa directement jusqu’à Guam en évitant Wake.

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Un canon anti-aérien de 3 pouces (75 mm)

En 1935, la compagnie aérienne Pan American, souhaitant étendre ses vols vers l’ouest, sélectionna Wake pour construire une base d’escale pour ses grands hydravions à destination des Philippines. La marine américaine, sentant l’importance militaire que pourrait avoir cette base, s’associa au projet. Dans le cadre de la tension grandissante entre le Japon et les États-Unis, l’importance stratégique de l’île devenait considérable pour les deux parties. En tant que base pour des d’avions de reconnaissance, elle pouvait se révéler d’une grande valeur pour observer une importante section du Pacifique ou pour couvrir l’avancée de ses propres forces. Aux mains de l’ennemi, elle deviendrait un obstacle sérieux à toute attaque surprise dans la région. L’idée générale était de sécuriser cette base avancée contre les attaques aériennes, les escamourches navales et les débarquements de faible envergure : le but étant de constituer un objectif qui obligerait les japonais à exposer leur flotte s’ils voulaient le capturer. La Flotte américaine du Pacifique devant alors attendre le moment opportun pour riposter et engager la marine japonaise. Pour cette raison, le Bureau Hepburn (crée en Mai 1938 pour des études stratégiques et rapport au Congrès sur les besoins en nouvelles bases navales) accorda une grande priorité à Wake, et recommanda un plan de développement en trois ans de 7.500.000$ pour transformer l’île en base militaire aérienne avancée. Et c’est ainsi, qu’au début de l’année 1940, commencèrent les travaux de construction pour les implantations militaires. Enfin, au début de 1941, une garnison de Marines fut installée.

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Photo contemporaine d’un vieux canon de 5 pouces (150 mm) sur l’île de Wake

A la date du 6 décembre 1941, veille de l’attaque japonaise sur Pearl Harbor, le statut défensif de Wake était loin d’être idéal. Bien que conçue comme base pour hydravions de reconnaissance Catalina, l’île n’en possédait encore aucun. Et seules les installations les plus primitives étaient déjà en place pour le support des avions. Sans compter que son escadrille, la VMF-211, n’avait que 12 avions F4F Grumman Wildcats et que ses pilotes étaient encore à s’entraîner avec ce modèle nouveau pour eux. Sur l’ensemble de l’atoll, il y avait 449 Marines de tout rang, détachés du 1er Bataillon de défense, équipés et entraînés pour le combat. Les défenses au sol intégraient l’artillerie complète d’un bataillon de défense (des batteries côtières de 5 pouces et des canons anti-aériens de 3 pouces) : elles avaient été installées, protégées par des sacs de sable et camouflées, à force de journées de travail de 12 heures. Cependant, pour manier l’ensemble des canons, 43 officiers et 939 hommes du rang auraient été nécessaires alors que seuls 15 et 373 étaient disponibles. En outre, l’île comptait 1.200 employés de construction civils non armés.

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Marines du 4ème Battaillon embarquant à bord du Tangier au quai de Pearl Harbor, le 15 décembre 1941, à destination de Wake

L’annonce de la guerre arriva le 8 décembre 1941 à 7 heures du matin, heure locale. A 11 heures, plusieurs avions surgirent des nuages : il s’agissait de la force d’attaque japonaise, composée de 34 bombardiers Nell, et venant de Roi à 800 kilomètres au sud. La pluie présente masqua leur descente et leur approche, mais l’absence complète de tout avertissement à temps mettait en évidence un des besoins les plus cruciaux pour les défenseurs : la nécessité d’un radar. L’offensive japonaise fut dévastatrice. Utilisant des bombes de 100 livres et des canons de 20 millimètres, l’attaque aérienne avait détruit sept des chasseurs F4F au sol. Le réservoir de carburant reçu un coup direct, explosa et souffla tout alentour. L’escadrille VMF-211 venait de subir 60% de pertes et 84 américains étaient morts ou mourants. Partout dans le Pacifique, c’était le même scénario : à Pearl Harbor, Guam, aux Philippines, en Chine du nord. Dans sa première allocution après le désastre de Pearl Harbor, le Président Roosevelt avait prévenu les américains pour se préparer à l’annonce de la chute de Wake. Avec le gros de la flotte au fond des océans, il ne pouvait être question, pour les jours immédiats, d’une défense navale de Wake. L’île allait devoir compter sur ses seules forces.

Le lendemain matin, les bombardiers japonais revinrent, méthodiques presque jusqu’à la faute : l’heure, l’altitude et l’approche étaient inchangés. L’escadrille de défense (du moins, ce qui en restait) les accrocha, et parvint à en descendre un en flammes. Puis, les batteries anti-aériennes ouvrirent le feu : cinq bombardiers dégagèrent de la fumée et un sixième s’enflamma et explosa. Durant les deux jours à venir, les défenseurs allaient détruire deux autres avions et en toucher un certain nombre d’autres qui allaient repartir avec une traînée de fumée derrière eux. Ce deuxième raid toucha durement le camp et la station aéronavale. L’hôpital fût détruit, de même que la radio de la Marine, ainsi que des baraquements, tuant en même temps 55 civils et 4 militaires. Mais, comme la suite des événements allait le démontrer, aussi considérables que pouvaient être les dégâts, ils n’étaient pas suffisants pour permettre un assaut.

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Épave du dernier avion américain, sur la plage où il s’est écrasé le 22 décembre avoir avoir détruit un Kate japonais

L’amiral Inouye, commandant japonais de la 4ème Flotte Impériale, était chargé par les plans d’alors, non seulement de la capture de Wake, mais plus important encore, de celle de Guam, de Makin et de Tarawa. Dans la nuit du 10 décembre, Guam tombait. Et plus tôt dans la même journée, Makin et Tarawa s’étaient rendues. Seule Wake subsistait. La conduite de cette dernière opération fût confiée au contre-amiral Kajioka. Les forces navales à sa disposition comprenaient son propre croiseur léger, le Yubari, deux autres croiseurs légers (Tatsuta et Tenryu), six destroyers (Mutsuki, Kisaragi, Yayoi, Mochizuki, Oite, et Hayate), deux destroyers de transport, deux transports de troupe, et deux sous-marins. Le plan prévoyait de débarquer 150 hommes sur Wilkes, et 300 autres sur la plage sud de Wake pour capturer l’aéroport sous la couverture des canons des navires. En cas d’insuffisance, il était prévu de débarquer également les équipages des destroyers de soutien.

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Le porte-avions japonais Hiryu

Le 11 décembre, à 3 heures du matin, les navires ennemis furent repérés par les vigies. A 5 heures, les navires de Kajioka débutèrent leur approche finale. A cause du temps défavorable et d’une mer agitée, les bateaux progressaient lentement et pas de la manière souhaitée ; certaines barges de débarquement étaient même retournées. Peu après, la flotte ouvrît le feu sur la partie sud de Wake. Les batteries côtières, cependant, restèrent silencieuses et cachées derrière un camouflage de broussaille. A 6 heures du matin, lorsque les navires ennemis furent assez près, les Marines commencèrent également à tirer. Alors que les américains venaient de définitivement révéler leurs positions, les tirs de riposte japonais s’avérèrent très imprécis. Une batterie envoya deux obus sur le Yubari au niveau de la ligne d’eau, et deux autres touchèrent son arrière. Gravement touché, le Yubari se retira au-delà de l’horizon. Le tir d’une autre batterie causa une violente explosion sur le destroyer Hayate : il se brisa en deux et coula. L’Oite était la cible suivante et reçu un coup direct : le navire lança alors un écran de fumée et s’esquiva tant bien que mal. Les artilleurs reportèrent leur tir sur les transports de troupe Kongo Maru et Konryu Maru : un obus toucha le navire de tête, provoquant la fuite des deux. Un autre croiseur, à l’extrémité ouest de l’île reçu un obus à la poupe et se déplaça pour être hors de portée. Enfin, le destroyer Yayoi accusa un coup dans sa poupe où un incendie se déclara. Kajioka ordonna alors une retraite : les plans de débarquement étaient oubliés, le contrôle des dégâts et la maîtrise des incendies devenant la priorité. Cependant, la flotte n’avait pas de couverture aérienne, et les Wildcats subsistants la retrouvèrent à moins d’une heure de Wake. Le destroyer Kisaragi, souffrant déjà d’un coup préalable, explosa sous les bombes, et un autre destroyer subit de grands dommages. La défaite japonaise était totale : deux navires avaient coulé, sept étaient endommagés, et probablement environ 500 japonais périrent alors que seulement quatre Marines étaient blessés.

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Le croiseur léger Yubari, du contre-amiral Sadamichi Kajioka, utilisé dans les opérations contre Wake

L’ennemi conserva une pression aérienne sur l’atoll. Jour après jour, les bombardiers Nell basés à terre attaquèrent, désormais couverts par des chasseurs Zéro et épaulés par des hydravions Mavis utilisés comme bombardiers, puis bientôt par des bombardiers en piqué Val depuis les porte-avions Soryu et Hiryu. Les avions s’attaquèrent méthodiquement aux positions de défense et aux batteries américaines. L’un après l’autre, les avions des défenseurs furent détruits : à ce moment, le reste de l’escadrille fût converti en infanterie.

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Troupes japonaises rendant un dernier hommage au Lieutenant Uchida, tué ainsi que 2 autres officiers et 29 hommes de son unité lors de l’assaut final

Pendant ce temps, à Pearl Harbor, une expédition de secours était prête à appareiller. Les secours à proprement parler consistaient dans le cargo Tangier et le pétrolier Neches : leur mission était d’apporter munitions et renforts ainsi que de nouveaux avions, et de ramener les blessés et une partie des civils à Pearl Harbor. L’expédition devait être protégée des attaques aérienne, de surface ou sous-marine par le groupe du Saratoga. Ce dernier comprenait le porte-avions du même nom, trois croiseurs lourd et neuf destroyers. Mais la progression du groupe était considérablement réduite, la vitesse maximum de son élément le plus lent, le vieux Neches, étant de 12 noeuds. Le 21 décembre, des renseignements parvinrent à Pearl Harbor, indiquant une importante concentration de forces aériennes basées dans les îles Marshalls, et la possibilité que le groupe du Saratoga rencontre des éléments de surface durant son approche de Wake. Sommé de choisir entre la retraite ou le renforcement de Wake, l’amiral Pye, agissant en tant que chef suprême de la Flotte du Pacifique, décida finalement que le risque était trop grand. Au regard des pertes subies à Pearl Harbor, il ne pouvait prendre le risque de perdre un porte-avions ou un autre navire capital. Finalement, la flotte de renfort fût rappelée : elle était alors à 425 miles de Wake. Ce que les américains ignoraient, c’est qu’à ce moment précis, quatre croiseurs ennemis patrouillaient à l’est de Wake, séparés de la couverture de leurs porte-avions par plusieurs centaines de miles, et faisaient donc une cible facile pour les aviateurs du Saratoga. De même qu’ils ignoraient que la force d’attaque japonaise sur Wake ne s’était pas préparée contre une éventuelle attaque américaine de surface (les japonais étant persuadés que le coup porté à Pearl Harbor leur laissait le champ libre dans le secteur). Cela aurait été connu, l’histoire de Wake aurait certainement été bien différente.

Du côté japonais, les mêmes difficultés que pour la première tentative étaient prévisibles, mais le haut commandement conserva presque inchangées les bases du schéma d’attaque. Le nouveau plan était, au fond, surtout une version amplifiée par ses moyens de l’originale qui avait échouée. Les navires coulés furent remplacés par deux nouveaux destroyers (l’Asanagi et le Yunagi), en plus d’un autre ajouté, l’Oboro. En complément, deux porte-avions (le Hiryu et le Soryu avec 118 avions), suivi des croiseurs lourds Tone et Chikuma et des destroyers Tanikaze et Urakaze, fûrent détachés de la force d’assaut sur Pearl Harbor pour être dirigés sur Wake. L’amiral Isoroku Yamamoto, le commandant en chef de la Flotte combinée, était désormais convaincu que Wake, au contraire d’autres objectifs du centre du Pacifique, était une pierre d’achoppement majeure. Pour laisser le moins possible d’opportunité aux batteries côtières, le débarquement initial fût prévu pour avoir lieu dans l’obscurité, bien avant l’aube. Et pour renforcer la surprise, il n’y aurait pas de bombardement naval préliminaire.

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Le Major James P. S. Devereux, l’officier supérieur des Marines sur Wake

Les Marines repérèrent la force japonaise le 23 décembre à 2 heures du matin. A ce moment, les 1.000 hommes de l’infanterie de marine japonaise étaient déjà en train de prendre place dans les barges de débarquement : deux se dirigèrent vers Wilkes et les autres vers la côte sud de Wake.

Sur l’île de Wilkes : à 2 heures 45, la compagnie japonaise comprenant environ 100 hommes débarqua sur la plage, sous le feu nourri de mitrailleuses dans le terrain au-dessus. La petite garnison de Marines sur l’ensemble de Wilkes était de 70 hommes environ. Très rapidement, les japonais s’emparèrent de la position de la batterie la plus proche, puis entamèrent un mouvement vers l’ouest pour capturer la seconde batterie. Cela sera tout ce que les japonais parviendront à faire ici. La progression s’avéra vite impossible, le feu de mitrailleuses camouflées les clouant au sol. Vers 4 heures, la situation était stabilisée. Les japonais tenaient solidement la position de la première batterie, mais entourés par les Marines qui leur empêchaient toute extension de la tête de pont. Les deux groupes présents de Marines groupèrent alors leurs forces et tentèrent de reprendre la position perdue. Après la réussite de l’assaut, les pertes japonaises s’avéraient horribles : ils avaient au total perdu 4 officiers et 90 hommes. Alors que du côté américain, 9 Marines et 2 travailleurs civils avaient été tués. Mais la ligne de communication avec le poste de commandement était coupée, et cela va induire le Major Devereux en erreur, lui laissant croire que Wilkes venait de tomber aux mains des japonais. Autour de 8 heures du matin, après que leurs forces aient été totalement repoussées, les japonais poursuivirent par un bombardement aérien et naval, jusqu’à finalement parvenir à détruire ces fameuses batteries côtières.

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Travailleurs civils marchant vers la captivité après la capture japonaise

Sur l’île de Wake : pendant ce temps, vers la côte sud de Wake, les navires de patrouille n° 32 et 33 (deux vieux destroyers) foncèrent délibérément vers le rivage pour s’échouer à une des extrémités de l’aéroport. Alors que les compagnies japonaises dévalaient des bords, le Lieutenant Hanna et ses équipiers tirèrent avec un canon de 3 pouces dans la coque du navire qui explosa immédiatement. Aidés par la lumière du navire en flammes, Hanna et ses hommes reportèrent leur feu sur l’autre navire, qui fût à son tour sévèrement touché. Néanmoins, durant cette résistance, deux autres barges de débarquement réussissaient à atteindre le récif, un peu à l’est du canal pour Wilkes : la force japonaise, d’environ 100 hommes, prenait rapidement position sur le rivage avant d’infiltrer la zone de broussailles devant eux. Peu après, une nouvelle force de débarquement s’essaya près des destroyers échoués. Quelques instants plus tard, le détachement américain conservait toujours sa position au sud de l’aéroport, mais était désormais cerné par les renforts japonais qui tentèrent plusieurs assauts. Le Soryu et le Hiryu lancèrent alors leurs avions en soutien des troupes au sol. A 7 heures 15, les bombardiers en piqué parvenaient au-dessus de l’île et éventraient les positions défensives restantes. Avec son poste de commandement sous le feu ennemi, persuadé de la perte de l’île de Wilkes, et au vu de l’écrasante supériorité aérienne ennemie, le Major Devereux leva le drapeau blanc. La garnison, dispersée et épuisée, se rendait aux japonais.

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Raid de bombardiers Dauntless sur Wake en 1943

Quatre-vingt-un Marines, huit marins, et 82 travailleurs civils furent tués durant la bataille. Les japonais, cependant, payèrent chèrement leur victoire. Des informations fragmentaires et de plausibilité variable sont contenues dans diverses sources. Néanmoins, les estimations suivantes peuvent être faites : 21 avions détruits et 51 endommagés, 3 navires détruits ou coulés et 8 endommagés, plus de 1.000 hommes tués ou disparus. Au regard de la puissance accumulée pour l’invasion et des maigres forces des défenseurs, il s’agit d’une des batailles les plus humiliantes que la Flotte japonaise ait eue à subir. Enfin, la résistance de Wake avait ralenti la progression de la campagne japonaise prévue pour la conquête du Pacifique.

Enragés par leurs pertes, les japonais traitèrent brutalement les prisonniers militaires. Certains furent mis nu ou à demi-nu. La plupart avaient les mains attachés dans le dos avec du câble de téléphone. Enfin, cinq des défenseurs furent décapités à bord du navire Nitta Maru. A l’exception de 100 travailleurs civils qui furent maintenus sur l’île, tous les autres furent envoyés en captivité avec les militaires. Durant le reste du conflit, Wake fut la cible de raids aériens américains, le premier en février 1942. Le raid d’octobre 1943, cependant, eut des répercussions fatales pour les prisonniers sur place. Le commandant japonais de l’atoll, craignant que ces raids soient précurseurs d’un important débarquement et que ces civils se transforment en cinquième colonne, les fit tous exécuter. Pour cela, il fût condamné comme criminel de guerre après la fin des hostilités.

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En 1945, la garnison japonaise rend Wake aux américains après la capitulation

Wake ne fut pas recapturée durant la guerre. Aucun débarquement sanglant ne fût tenté, car la supériorité aérienne américaine et leur contrôle des mers ne rendait plus l’île nécessaire. Les américains retrouvèrent Wake après la capitulation japonaise en 1945.

LA BATAILLE DES ÎLES MARSHALL

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 4 h 44 min

À toute vitesse

C’est ainsi que Fletcher Pratt historien du corps des Marines, intitule le chapitre qu’il consacre aux opérations qui donnèrent à la 5e flotte les atolls de Majuro, de Kwajalein et d’Eniwetok dans l’archipel des marshall. C’est aussi qu’au lendemain de la conquête des Gilbert, elle avait reçu en renfort trois cuirassés rapides dont Iowa et New Jersey de 45 000 tonnes et filan à 33 nœuds (61 km/h), trois porte-avions rapides dont deux lourds du type Essex et un léger du type Langley, et deux porte-avions d’escorte. Nimitz put ainsi constituer la 58e Task Force qui rassemblait les 12 porte-avions de la 5e flotte montés au total par 714 chasseurs, bombardiers en piqué et bombardiers-torpilleurs. Le jeu normal des mutations plaça le contre- amiral Marc A. Mitscher à la tête de redoutable ensemble offensif.

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À Tarawa comme à Kwajalein et Eniwetok, les Japonais se battent jusqu’au bout. Avant de mourir chacun veut tuer au moins un Américain : les G.I. redoutent jusqu’au dernier sursaut des cadavres.

Compte tenu de la meutrière expérience de Tarawa, Spruance, Turner et le général Holland M. Smith émirent l’avis qu’il fallait décomposer l’opération en deux phases et n’aborder l’objectif de Kwajalein qu’une fois réduite la résistance des atolls orientaux des Marshall. Certes, Nimitz convenait avec eux que les moyens disponibles de permettaient pas de s’en prendre simultanément à Wotje, à Maloelap et à Kwajalein, comme il l’avait prévu précédemment, mais jouant l’audace au lieu de la prudence qui lui était conseillée, il résolut de conscrer au troisième de ces objectifs l’ensemble de sa 5e flotte amphinie et de se contenter de neutralisation, par les soins de la 58e Task Force, des deux premiers.

Bien lui en prit, car le haut commandement japonais avait raisonné comme le faisaient des subordonnés et renforcé Maloelap et Wotje aux dépend de Kwajalein. Spruance s’aquitta de cette mission avec un plein succès. De 29 janvier au 11 février 1944, au cours de 6 232 sorties, son aviation embarquée largua sur ses objectis plus de 1 150 tonnes de bombes. Cette action se combina avec les interventions des formations aériennes de la marine et de l’armée qui s’étaient installées dans les Gilbert et qui en expédièrent encore 1 600.

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La prise de Tarawa marque le début de la longue progression de Nimitz vers Tokyo.

Au surplus, il occupa le lagon et l’atoll de Majuro dont le plan d’eau de 40 kilomètres de longueur sur 18 de largeur donnait à Nimitz une base pour ses opérations subséquentes, au deux tiers de la distance qui sépare Pearl Harbor du cordon des Mariannes.

Pendant ce temps, la 5e force amphibie s’était emparée de l’atoll de Kwajalein au centre du groupe et l’avait fait aux moindres frais, puisque, le 4 février 1944, on déplorait sur 42 000 Américains engagéd, 372 morts et 1 582 blessés, en regard de 7 870 japonais tués, dont le contre-amiral Akiyama qui commandait la défense. Et pourtant c’était le premier engagement de la 4e D.I. des marines.

C’est aussi l’expérience de Tarawa avait porté ses fruits et qui plus est, l’avait fait dans un temps record, entre la troupe au combat à terre et les bâtiments qui l’appuyaaient de leur feu, les transmissions fonctionnèrent de manière satisfaisante et, dans l’assaut de la double île de Roi-Namur, on vit les cuirassés du contre-amiral R.L. Conolly s’avancer jusqu’à 1 500 mètres du rivage et déverser 2 655 t onnes d’obus sur une surface de 500 hectares. D’autre part, dans les rangs de la première vague, le nombre des Amphtracks munis d’un meilleur blindage s’était multiplié, En présence de cette débauche de matériel, l’amiral Turner, comme s’il voulait répondre à certaines critiques, déclara : (Peut-être que nous employons trop d’hommes et trop de bateaux pour ces sortes d’affaires, mais je préfère qu’il en soit ainsi. Cela nous économie des vies humaines).

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Un dépôt de munitions japonais explose dans l’atoll de Kwajalein, au cœur  des Marshall.

La réserve de la 5e  force amphibie étant demeurée sans emploi, Spruance, le 17 février, la lança à l’assaut d’Eniwetok, atoll situé à 670 km au nord-ouest de Kwajalein. La même disproportion entre les moyens de l’attaque et ceux de la défense lui donna cet objectif au prix de 195 tués et 521 blessés, alors que, dans leurs rangs, les Japonais comptaient 2 677 morts sur un effectif de 2 741 hommes. De même qu’à Kwajalein, ils s’étaient battus jusqu’au bout, à preuve cet extrait d’une lettre écrite par un Marine : Cette nuit fut vraiment terrible. Il reste beaucoup de Japonais vivants et ils n’avaient tous qu’une idée fanatique : tuer chacun au moins un d’entre nous. Nous nous retranchâme avec l’ordre de tirer sur tout ce qui remuait. Mon sergent et moi restâmes éveillés tout la nuit dans notre trou, un couteau dans une main et une grenade dans l’aute. Ils se glissaient au milieu de nous, chaque buisson, chaque rocher prenait une allure sinistre. Ils tuèrent quelques-uns de nos camarades, mais, le lendemain matin, ils étaient à peu près tous morts, certains corps gisaient dans nos retranchements mêmes. Jamais je n’ai été aussi content de revoir le soleil.

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Il faut quarante-huit heures de combat d’infanterie, le recours au lance-flammes, à la charge explosive et à la grenade pour conquérir l’atoll de Tarawa.

Le 23 février, toutefois, toute résistance avait cessé dans cet atoll qui se situe à 5 000 km dams l’ouest-sud-ouest de Pearl Harbor, à 1 150 au nord-est de Truk dans les Carolines et à 1 500 km de Saipan dans les Mariannes, prochain objectif de l’amiral Nimitz.

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L’île de Betio, longue de 3 500 m et large de 600 m environ, a été transformés par les Japonais en une véritable forteresse.

Quant aux atolls de Wotje, de Maloelap, de Mili et de Jaluit, dans le même archipel, ils furent abandonnés à leur triste sort par les Américains et leurs garnisons vivotèrent jusqu’au lendemain de la capitulation du 2 septembre 1945.

Les défenseurs de Saipan choisissent la mort

La mer des philippines fut le tombeau de l’aéronavale japonaise dont les porte-avions sans appareils et sans pilotes entraînés n’étaient plus que des fusils sans cartouches. Au prix de 130 avions, sur les 956 que comptait sa Task Force à l’aube du 19 juin, et de 138 marins et aviateurs tués ou disparus, Spruance avait donc remporté sur l’ennemi une victoire dont les conséquences se prolongèrent jusqu’à la capitulation du 2 septembre 1945.

Reste que le nombre de ses subordonnés et de ses pairs qui, du reste, ignoraient le sort du Taiho, eprimèrent leur déception à la constatation qu’Ozawa n’avait pas été détruit et regrettèrent ce manque à gagner auquel avait conduit, selon eux, son excès de prudence, Nimitz, en revanche, et King couvrirent Spruance de leur autorité. Mais encore peut-on penser que, ce faisant, ils revendiquaient leurs responsabilités, en attribuant ce résultat incomplet à ce qu’avait d’un peu restrictif le passage de l’instruction lui enjoignant de (conquérir, occuper et défendre l’île de Saipan, Tinian et Guam). Dans tout les cas, quelques mois plus tard, l’amiral W.F. Halsey trouvait, dans l’ordre qui l’envoyait à Leyte, ce paragraphe significatif : (Au cas ou la possibilité de détruire une importante partie de la flotte ennemie se présenterait ou pourrait créée, cette destruction deviendrait la mission principale.)

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Combat de rues à Garapan, capital de l’île de Saipan. Condamnés par la défaite d’Ozawa, les défenseurs de l’île vendent chèrement leur vie ; 5 400 japonais meurent plutôt que de se rendre.

La défaite de la flotte mobile mettait les défenseurs de Saipan devant l’alternative de la capitulation ou de la mort. Le vice-amiral Nagumo qui commandait en chef aux Mariannes et son subordonné, le lieutenant-général Saito, choisirent la mort. Le 5e C.A. amphibie, en possession, dès le 18 juin, de l’extrémité méridionale de l’île, pivota de l’est au nord. Alignant plus de 67 000 hommes face aux 31 000 de la défense et pouvant compter sur l’appui de feu des bâtiments du vice-amiral Turner, il lui fallut jusqu’au 7 juillet pour acculer les japonais dans leurs derniers retranchements et, durant la nuit qui suivit, repousser une furieuse charge à la baïonnette. Du haut des falaises situées à l’extrémité nord de l’’île, pluieurs centaines de civils japonais hommes et femmes se précipitèrent dans la mer avec enfants, à moins qu’ils leurs eusent, avant de sauter, brisé la tête contre les rochers. Au total, les Américains eurent 3 426 tués et 13 099 blèssés et capturèrent 921 prisonniers.

Les Marines enlèvent Tinian

La conquête de Tinian fut l’affaire des 2e et 4e D.I. de Marines qui trouvait devant elles un peut plus de 8 000 japonais aux ordres du colonel Ogata. Le 24 juillet, les Américains débarquèrent au nord-ouest de l’île ou toute résistance organisée cessa dans la soirée du 1er août ; il en coûta au 5e C.A. amphibie et à la flotte qui l’appuyait 389 tués et 1 816 blessés. Le nombre de ses prisonniers ne s’élevait pas au-dessus de 252 sous-officiers et soldats.

 Le 3e C.A. amphibie occupe Guam

L’ancienne colonie américaine de Guam formait l’objectif du 3e C.A amphibie à l’ordre de bataille duquel la 77e D.I. (major-général Andrew D. Bruce) remplaça la 27e qui avait été dirigée sur Saipan. L’opération fut préparée par le déachement naval du contre-amiral Richard L. Connolly, lequel en 13 jours ne tira pas moins de 28 764 obus, dont 6 258 de 356 et 406 mm sur les défenses de l’île.

Le 27 juillet, les Américains conquirent deux têtes de pont sur la côte occidentale de Guam et jusqu’au 26 eurent à repousser les contres-attaques réitérées de la 29e D.I. nippone qui, sous les odres du lieutenant-colonel Takashina, formait l’essentiel de la garnison. Puis ils se portèrent en avavt et leur supériorité numérique et matérielle finit par s’imposer. Le 10 août, le drapeau étoilé flottait sur le mon Sata Rosa, et la résistance s’éffondrra. Le 1er septembre, les vainqueurs avaient enterré 10 693 cadavres japonais, et comptaient eux-mêmes 1 435 tués et 5 648 blessés.

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Le 3e C.A. amphibie reconquiert l’île de Guam, ancienne colonie américaine : une colonne traverse les ruines de la ville d’Agana.

Les villes Japonaises bombardées

Enfin depuis la mi-novembre, la 20e Air Force, directement subordonnée au Pentagone et basée sur Saipan, Tinian, Guam, lance ses formations de Super-forteresses B-29 à, l’assaut des centres industriels japonais. Le 3 décembre, Tokyo en est à son quatrième bombardement et jusqu’au 1er février les villes de Yokohama, de nagoya d’Osaka et de Kobe sont éalement attaquées. Avec quel succès ? Le major-général Masatake Okumiya, de l’actuelle aviation nippone, s’exprime ainsi à ce sujet. Nous furent très atteintes, car les bombes esplosives et incendiaires fracassèrent nos machines, brisèrent les structures métalliques, incendièrent de vastes bâtiments et tuèrent des centaines d’ouvriers.

Les usines de moteurs Mitsubishi à Nagoya, l’usine de moteurs Kawasaki d’Akashi, à l’ouest de Kobe, et celle de nakajima à Ohta, au nord ouets de Tokyo, subirent toutd des dommages étendus, Chacune de ces usines était en centre vital de production aéronautique, à la fois pour l’armée de terre et pour la marine, et les attaque des B-29 causèrent un recul très semsible de leur production.

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L’usine de moteurs d’avions Mitsubishi à Nagoya, (centre vital de production aéronautique à la fois pour l’armée de terre et pour la marine japonaise), est fortement endommagée par les bombardements américains.

Or le chiffre de 28 180 avions mis en service par le Japon durant l’année 1944 n’était déjà qu’une fraction de la production aéronautique américaine.

Dans ces conditions, les forces armées fu Mikado se trouvent réduites à la défensive pure et simple, sans autre espoir que d’infliger à l’ennemi des pertes assez considérables pour la dissuader de pousser à fond ses avantages. On sait ce qu’il en advint, mais observons que, capable pour une petite puissance comme la Finlande, ce système de la dissuasion l’était beaucoup moins pour une grande comme l’Empire nippon, tant l’enjeu, c’est-à-dire la destruction de l’appareil militaire nippon, revêtait d’importance aux yeux des dirigeants anglo-saxonx.

 

 

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Les cinq plus grandes cités japonaises ont perdu plus de 80 p. 100 de leur potentiel industriel sous les bombes américaines.

Les villes Japonaises écrasées sous les bombes

En présence de pertes aussi réduites, la 20e Air Force, actionnée directement par le Pantagone, c’est-à-dire par le général H.H. Arnold, pouruivit la destruction systématique des villes japonaises en commençant par les plus grandes, à la seule exception de Kyoto qui fut épargnée pour des raisons religieuses. Un résumé dans le tableau les résultats obtenus par cette campagne de bombardements incendiaire.

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Tokyo vient en tête de ce sinistre bilan de destruction

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Les rescapés des terribles bombardements qui dévastent la capitale nippone s’entassent dans les souterrains du métro de la ville deTokyo.

Le 17 juin, les cinq plus grandes cités nippones ayant perdu plus de 80% de leur potentiel industriel, l’offensive se rapporta sur 23 villes de population égale ou inférieure à 350 000 habitants. Celle- ci consumées, elle s’en prit à partir du 12 juillet, aux localités de moins de 100 000 habitants et leur fit connaître un sort pareil. Au total le 15 août 1945, ce n’était pas mois de  69 villes japonaises qui avaient été l’objet des attaques de la 20e Air Force et celle-ci avait réduit en cendres 290 kilomètres carrés de bâtisses habités par 21 millions d’habitants. Dans ce sinistre bilan, Tokyo venait en tête, avec 90 kilomètres carrés de destructions provoquées par 11 836 tonnes de bombes ; puis venait Osaka, ville plus populeuse que Paris, qui en avait encaissé plus de 6 000 tonnes.

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Le 15 août 1945, on compte à Tokyo 90 kilomètres carrés de destructions provoquées par 11 836 tonnes de bombes américaines sur la ville.

La capitulation japonaise

Au lendemain de la déclaration japonaise du 14 août, le prince Higashkuni, oncle du Mikado, fut appelé à former un cabinet de transition, au sein duquel Shigemitsu reprit le portefueille des Affaires étrangères. C’est donc à celui-ci qu’il appartint de signer, en compagnie du général Umezu, chef d’état-major de l’Armée auquel l’Empereur avait interdit de se suicider, la convention d’armistice qui, soixante-douze mois et un jour après qu’Hitler eut déclenché la Deuxième Guerre mondiale, mit fin à la plus abominable tuerie des temps modernes.

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Soldat nippon à l’annonce de la capitulation du Japon.

La cérémonie eut lieu le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé Missouri, ancré dans la baie de Yokohama. Le général MacArthur la présida en sa qualité de commandant en chef interallié et lui donna un caractère de solennité qui avait quelque peu manqué à la capitulation de Berlin.

LES SUCCÈS DE L’USS ENGLAND

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 4 h 33 min

La guerre du Pacifique ne fut pas une guerre très remarquée pour ses combats de cache-cache entre escorteurs et sous-marins, et pourtant ce fut au début de l’une de ces batailles entre porte-avions que l’USS England accomplit l’une des performances les plus étonnantes de cette guerre.

Comme toutes les opérations menées à grande échelle, celle connue sous le nom d’ A-Go  et qui se termina par la bataille des Philippines en juin 1944 fut méticuleusement organisée. Les Japonais espéraient attirer une grande partie de la marine militaire américaine dans les eaux situées au nord des îles de l’Amirauté, pour la faire passer à travers un piège de sous-marins bien préparé. La doctrine tactique japonaise considérait que les rôles principaux du sous-marin étaient ceux d’un navire de reconnaissance. C’est dans cet optique qu’ils déployèrent un mois à l’avance vingt-cinq de leurs unités sous-marines dans les eaux déjà mentionnées.

A la mi-mai, les trois destroyers de la classe Buckley, l’USS England, le George et de Raby, étaient partis en mission pour harceler la ligne d’approvisionnement ennemi qui ravitaillait Bougainville, lorsque, le 19 mai, en début d’après-midi, l’USS England entra en contact sonar avec un sous-marin en plongée. Il n’y avait que quelques bâtiments d’escorte dans le Pacifique à être équipés du système d’arme Hedgehog ; l’England, qui avait été récemment mise en service, en faisant partie et attaqua sans hésiter. La deuxième salve produisit deux tirs directs réussis, mais n’ayant pas la preuve immédiate de la destruction, il fit suivre la deuxième salve de trois autres, dont la dernière produidit trois petites explosions, immédiatement suivies par une énorme détonation qui souleva la partie arrière de la coque du bateau hors de l’eau. Cela marqua la fin de l’I-16 un sous-marin plus imposant que le destroyer.

LES SUCCÈS DE L’USS ENGLAND dans GUERRE DU PACIFIQUE artfichier_727139_1727268_201301312535814

Cette photo montre la grande vitesse de surface du sous-marin japonais du type B1 de la classe I-15. Il était doté d’un hydravion Glen.

Le petit groupe poursuivait sa route vers le nord-ouest à l’extérieur de l’archipel Bismarck, lorsque le 22 mai à 3 h 50, il surprit le RO-106 en train de recharger ses batteries en surface. Le George le prit dans le faisceau de ses projecteurs au moment ou il plongeait et lâcha une série de grenades sous-marines à cet endroit. Là encore, le résultat ne fut pas immédiat, et l’England envoya à son tour une salve d’Hedgehog. Un coup dans le mille qui ne ramena à la surface qu’une nappe de pétrole et des débris pour marquer l’endroit du naufrage.

Ce sous-marin avait été celui le plus au nord de la route vers Bougainville, et son voisin le RO-104 fut repérer le lendemain matin avant l’heure du petit déjeuner. Le George, le navire de commande et le Raby attaquèrent ensemble, mais sans résultat. Ce fut une nouvelle fois au tour de l’England de se diriger droit sur lui. Il laissa de nouveau suffisamment de preuves pour revendiquer le naufrage.

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Salve tirée

Comme il y avait maintenant suffisamment de preuves concernant l’existence d’une ligne de sous-marins, le groupe de destroyers se dirigea plus vers le sud-ouest et, effectivement, à l’aube du 24 mai, le George entra en contact radar avec un objectif qui plongeait rapidement. Les conditions sonar étant favorables, l’England calcula avec précision la position et la profondeur avant de lâcher une salve des quelques charges qui lui restaient. Bien que l’objectif s’enfonçâ rapidement, des profondeurs parvint le bruit assourdi d’une explosion. Le Ro-116 avait vécu.

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Le 26 mai, alors que le groue retournait à Manille pour se ravitailler en carburant et se réarmer, il rencontra un autre sous-marin. Le contact sonar fut obtenu par le Raby, il fut perdu puis retrouvé par l’England qui fit feu avec la précision habituelle de Hedgehog. Cette fois encore ce fut un tir parfait qui désagrégea le RO-108 et produisit une série d’explosions dont le grondement fut perceptible en surface.

Les navires rapidement réapprovisionnés se remirent immédiatement en route pour rejopindre un groupe ASM basé sur un CVE, Un des derniers destroyers repéra un sous-marin, mais ne put quitter le groupe pour partir à sa poursuite. Les destroyers restèrent en contact toute la nuit et, après une série d’attaques infructueuses, l’England put enfin assayer à son tour. Et, le 31 mai, à 7 h 35, il réussit presque inévitablement à couler le RO-105 avec une seule salve. L’England avait établi un record qui reste inégalé : six sous-marins ennemis coulés en douze jours. Parmi les vingt-cinq sous-marins déployés par les Japonais, dix-sept furent coulés. Leur tactisques était mauvaise, ils étaient mal placés, ils n’ont rien remporté et ils furent gaspillés.

A L’ASSAUT DE KOHIMA

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 4 h 29 min

La guerre de Birmanie, qui s’est déroulée dans des forêts détrempées, des montagnes escarpées et des rivières torrentielles, ne resemble à aucune autre campagne de la Seconde Guerre mondiale. Peu de gens s’en souviennent. Pourtant elle fut le théâtre de grands exploits.

J’ai fait Kohïma

Il reste peu d’hommes en vie aujourd’hui pour le dire, la plupart sont restés sur le terrain, et la majorité de ceux qui sont rentrés doivent être physiquement éprouvés ; mais, quels que soient, et quelque soit la couleur de leur peau, on leur doit le respect parce qu’ils ont vécu une guerre qu’on ne peut comparer qu’à la bataille de Stalingrad ou à celle de Monte Cassino, ou Verdun pendant la Grande Guerre. Ils se sont battus jusqu’à la mort.

Les événements se sont déclenchés la nuit du 7 mars 1944, quand le commandant en chef de la XVe armée japonaise R.Mutaguchi, entama l’opération U-Go, et lança ses divisions à travers la rivière Chindwin, dans une bataille pompeusement appelé la (Marche sur Delhi). L’objectif était d’isoler, puis de prendre les grands centres commerciaux et administratifs que les Anglais avaient installés à Imphäl.

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La prise de Kohïma était le prualable indispensable à la capture de la ville d’Imphal. Toutefois les Japonais ne purent venir à bout de la résistance des Britanniques retranchés autour de Kohïma.

 La traversée de la rivière Chindwin

Au sud d’Imphäl, les Japonais lançèrent des attaques pour faire diversion, mais à part l’assaut principal sur les dépôts, l’étape la plus inportante fut le mouvement de la 31e division, sous les ordres du général K. Sato, qui traversa la rivière Chindwin le 15 mars et se dirigea vers la petite base de Kohïma, située près du village de Naga. Ce village commandait une position vitale, dominant la seule route par laquelle pouvaient parvenir les renforts et l’approvisinnement anglais en provenance de la gare de ravitaillement de Manipur vers Imphäl.

Les ordres de Sato, qui devaient être exécutés le plus rapidement possible, étaient que ses régiments d’infanterie avancent en trois colonnes avec les canons du 31e régiment d’artillerie de montagne qui les accompagnait, entre la rivière Chindwin et Kohïma, la distance à vol d’oiseau ne dépassait pas 120 km, pourtant les hommes durent effectuer en réalité 320 km, leurs armes, munitions et provisions portées par des éléphants, des mules et des bœufs, ces deux derniers servant à l’occasion d’animaux de boucherie, les unités avancées japonaises atteignirent le nord de Kohïma à 4 heures du matin le 5 avril.

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Cette photographie révèle de la dureté des combats livrés par les armées britanniques et japonaises pour la prise de Kohïma.

Elles se trouvèrent face à un périmètre de défense hâtivement mis en place et tenu à ce moment-là par 1 500 hommes du 4e Royal West Kent, assistés de soldats des Assam Rifles, réfluant de positions avancées ou ils avaient eu pour tâche à la fois d’observer ce qui se passait et de tenter de retarder l’avance des Japonais. Les villageois de Naga, fidèles, tenaces et extraordinairement courageux, prirent le parti des Britanniques. Les premiers Japonais ur place ne repérèrent pas tout de suite une des unités britanniques de première importance : une batterie d’obusiers de 94 mm, situé sur l’autre versant d’une colline à Jotsoma, à 3, 200 km à l’ouest de Kohïma, et servie par des artilleurs indiens de la 161e brigade indienne, composée d’un batailon du Queen’s Owm Royal West Kent du 1/1er bataillon du Penjab et du 4/7e bataillon de Räjputs. C’est bataillons descendaient du Dimapur pour renforcer la défense.

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Le 94 mm infantry Howitzer lors d’essais en Italie, en 1944. Conçu à partir de plusieurs armes existantes, ce n’était pas une réussite et, comme l’infanterie n’en voulait pas, il n’entra jamais en service

Alors que les renforts britanniques n’étaient pas encore arrivés, les hommes du Royal West Kent résistaient avec tenacité aux attaques du 58e régiment japonais. Ceux-ci contournèrent Kohïma à pratir du village Naga jusqu’à Jail Hill et, la nuit du 6 avril, renforcés par l’arrivée de leurs compatriotes, ils réussirent à s’emparer de deux autres positions stratégiques situées dans le péromètre de défense, connu sous les noms de D.I.S. et F.S.D. Mais leurs unités d’assaut furent anéanties le jour suivant par une contre-attaque du Royal West Kent.

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Les Japonais se vantaient de la férocité de leurs assauts d’infanterie, mais face à une résistance acharnée, leurs attaques fanatiques se soldaient par des pertes importantes. Ici, ils sont sur le point de prendre une position britannique à Kohïma. De tels assauts n’étaient souvent repoussés qu’à l’extrême limite, après un sauvage corps à corps.

Chaque jour qui passait renforçait le dispositif nippon, et le général Sato fini par disposer de 12 000 fantassins. Cette force considérable semblait puvoir tout balayer devant elle. Dans la nuit du 13 avril, vague d’assaut après vague d’assaut, les Japonais s’élancèrent à l’attaque des positions tenues par les Britanniques. Courageux à l’extrême, les soldats de l’empereur allaient de l’avant en criant  (Banzaï) à la fois pour se donner du courage et pour impressionner l’adversaire. L’armée nippone était très fière de l’allant de ses troupes, mais lorsque celles-ci devaient faire face à des hommes tenaces et aussi courageux qu’elles, elle subissait des pertes considérables. Les Britanniques, aidés par le tir précis des obusiers stationnésà Jotsoma, brisaient toutes les tentatives japonaises. Chaque nouvelle attaque était disloquée par les obus, les éclats fauchant les survivants qui avançaient encore et les tirs accompagnaient les rescapés qui retournaient à leurs positions de départ.

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Les renforts sont en retard

Le jour suivant, des renforts britanniques srrivèrent à Jotsoma et les soldats commencèrent à se frayer un chemin à travers  3,200 km de jungle impénétrable. Cette dernière étape se révéla d’une extrême difficulté, retsrdant de vingt-quatre heures l’arrivée au front. Les Japonais ne perdaient pas de temps et bombardaient la position F.S.D. de tous leurs moyens disponibles. Au bout de quelques heures, le périmètre de défense commença à se désintégrer et ils purent s’emparer de la position F.S.D. et de celle avoisinante de Kurkri Piquet.

Mais le 18 avril, à 8 heures, les batteries de Jotsoma et des alentours répondirent par un violent bombardement qui permit aux Britanniques de relever la première garnison. Les soldats du Royal West Kent, les survivants des fusiliers d’Assam et ceux des compagnies composites mirent fin à l’abominable épreuve qu’ils enduraient et les hommes du Royal Berksire Regiment ainsi que de la Durham Light Unfantry prirent leur place.

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Une mitrailleuse britannique dominant un village en Birmanie. Les combats commençaient dans la jungle, mais après un long affrontement, de grandes zones de forêts étaient détruites laissant un spectacle d’un paysage dévasté rappelant les champs de bataile de la Première Guerre mondiale.

Mais les combats n’étaient pas terminé, Du côté anglais, les brigades de la 2e division venant de Dimapur se pressaient vers le front, tandis que du côté japonais, la 31e division de Sato poursuivait son déploiement. Le front de Kohïma ne permettant pas à deux divisions à complètes de manœuvrer, les deux adversaires entreprirent des mouvements d’encerclement dans la jungle autour de Kohïma, ou il était terriblement difficile d’avancer. A tel point que progresser de 1 600 km par jour, même sans rencontrer d’opposition, était devenu la norme. Le 27 avril, l’avance fut rendue presque impossible par une pluie diluvienne, comme jamais aucun des deux camps n’en avait subi. Pendant ce temps, la diarrhé et la dysentrie occasionnaient plus de pertes que les combats.

Tandis que les ailes tentaient de s’encercler mutuellement, sur le front central se déroulait le combat crucial. Les hommes de la Durham résistèrent à un assaut sur la Garnison Hill, qui coûta si cher au général Sato qu’il ordonna de cesser es attaques de nuit.

Les renforts

Cela devenait maintenant une bataille de logistique, et les Anglais la gangnaient. Non seulement le ravitaillement arrivait en abondance de Dimapur, mais aussi des pièces d’artillerie de montagne supplémentaires, et même des chars. A Kohïma, à la fin du mois d’avril, les hommes du 2e Dorsethire avaient commencé à se frayer un chemin en direction du bangalow du chef du district, et arrivaient à proximité du cort de tennis, à 22 m seulement des lignes ennemies.

Les Japonais y étaient arrivés les premiers, et, en terrassiers renommés, avaient creusé des tranchées et des abris tout le long du front. Personne ne pouvait traverser cette zone à découvert en plein jour, et les commerçants de Dimapur étaient surpris de se voir commander sans arrêt des chaussures de gymnastique pour des patrouilles de nuit ! Malgré l’efficacit. De celle-ci, la bataille s’éternisait avec une férocité toujours accrue.

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Les Gurkas en Birmanie chargent un mortier, Ces armes ont fait leurs preuves dans la jungle, car l’angle de tir élevé était un atout là ou l’artillerie traditionnelle aurait eu une capacité de tir en site trop restreinte.

Ce ne fut qu’à la mi-mai qu’un char parvint à gravir la côte tortueuse qui menait au bangalow du chef du dustrict, et entrepris de détruire les abris japonais, permettant ainsi aux Anglais de marquer leur premier point.

Mais les Britanniques recevaient toujours davantage de chars (du 149e RAC) et de matériel d’infanterie ; pendant le mois de mais, les hommes du Manchester Regiment des Royal Norfolk, du Worcester Regiment, des Queen’s Own Cameron Higlanders et des Royal Welsh Fisiliers vinrent à l’aide de ceux qui se trouvaient déjè à Kohïma, partageant avec eux l’atroce épreuve des combats, faisant face au courage et à la férocité des japonais.

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Comme le mortier, le canon d’infanterie fit ses preuves en Birmanie, conçu pour être transporté à dos de mulet, selon le principe que, partout ou passe l’homme, passe la mule (ce qui n’est pas le cas des véhicules sur roues ou tractés), les canons de 75 mm de l’infanterie japonaise avaient une portée de 7 000 m.

Pour ces derniers, les choses ne s’arrangeaient pas, l’attaque de Mitaguchi sur Imphäl était bloquée par la garnison britannique qui la tenait bien en main, et, de loin d’envoyer de l’aide à Sato, il avait demandé à ce dernier de lui détacher un de ses bataillons. Tout ce que le général Sato reçut durant toute la campagne fut des messages décourageant, des ordres auquels il lui était impossible d’obéir et des promesses de victoire à Imphäl qui ne se réalisaient jamais. Pendant ce temps, ses hommes se sacrifiaient car, comme d’habitude, aucun n’acceptait d’être fait prisonniers, et il ne reatait pas d’autre solution pour les blessés que de mourir faute de soins : l’armée de Sato s’affaiblissait.

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L’échec définitif de l’offensive vers Kohïma régla le sort de l’armée japonaise en Birmanie, et, à partir de juin 1945, elle fut repoussée sans ménagement par la XIVe armée britannique.

À la fin du mois de mai, le général japonais savait qu’il ne pourrait pas prendre Kohïma, et poursuivre l’offensive ne servait à rien. Après un vif échange de messages avec Mutagushi dans un desquel il soulignait que, depuis la traversée de la rivière Chindwin, son armée n’avait pas reçu la moindre cartouche ni le moindre grain de riz, abandonné et sans renfort, el en envoya un dernier, sarcastique et furieux (Les capacités tactiques de l’état-major de la XVe armée n’arrivent pas à la cheville fde celle de conserilo), coupa sa radio, et ordonna à ses hommes de se retirer. La bataille était terminée.

29 juillet 2014

LA BATAILLE DE MIDWAY

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 34 min

L’objectif des Japonais, l’île de Midway, au milieu du Pacifique, était l’avant-poste vital des défenses de Pearl Harbor, Yamamoto avait concience que s’il ne réussissait pas à éliminer la flotte du Pacifique avant la fin de 1942 les Etats-Unis deviendraient de plus en plus forts, au point qu’ils pourraient vaincre le japon par le simple effet de leur puissance industrielle. Nimitz, Yamamoto en était convaincu, se battait pour Midway, et l’amiral japonais tira des plans pour attirer les Américains dans un piège bien préparé. Mais il ne tint pas compte de l’avance prise dans le déchiffrement des codes de la marine impériale japonaise par les services de renseignements américains. Bien que l’objectif final soit resté incertain jusqu’à la dernière minute, Nimitz avait une idée assez claire des préparatifs nippons. De plus, les Japonais étaient mal informés sur un point en particulier : ils croyaient qu’un second porte-avions avait été endommagé, sinon coulé, dans la bataille de la mer de Corail, et cela signifiait pour eux que deux porte-avions américains seulement leur seraient opposés.

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Le Yorktown donne du gîte tandis qu’il abat sur bâbord pour éviter les bombardiers en piqué japonais pendant la bataille de Midway.

L’île de Midway fut transformée en porte-avions insubmersible par les Américains, qui y envoyèrent autant d’appareils que possible. Le 28 mai 1942, le contre-amiral Frank Fletcher partit de Pearl Harbor avec la task Force 16 (Entreprise et Hornet) et la Task Force 17 (Yorktow). Lorsque la bataille commença, le 4 juin, les Japonais pilonnèrent très souvent Midway, et les avions basés à terre ne purent leur infliger que peu de dommages. Les trois premières vagues d’avions décollés des porte-avions américains n’eurent pas davantage de succès, et seuls quatre appareils rentrèrent. Cinq des neuf escadrilles d’attaque furent éliminées sans infliger le moindre dégât aux Japonais.

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L’équipage de pont prépare un décollage ; de son efficacité dépendait le nombre de sorties quotidiennes.

La quatrième vague, cependant assoma l’Akagi, le Kaga et le Soryu dans une attaque bien coordonnée, qui laissa néanmoins le Hiryu non seulement intact mais indétecté. Et ses avions suivirent ceux du Yorktown qui retournaient à leur navire. Cette fois les Américains encaissèrent des coups sévères; en dépit de graves dommanges le Yorktown ne sombra pas et fut encore capable de continuer à utiliser ses appareils. Les Japonais supposèrent alors qu’il ne restait plus de porte-avions américains à flot, le Yorktown étant en feu et, apparement, sur le point d’aller par le fond. Un appareil de reconnaissance rapporta trop tard qu’il en avait trois; à ce moment- là, les avions américains étaient déjà  sur le chemin du retour.

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Une torpille larguée par un avion japonais explose contre la coque du Yorktown. Une seconde torpille, décochée par un sous-marin nippon achèvera le beau navire.

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Le Hiryu fut coulé, et le Yorktown, torpillé par un sous-marin, sombra également. Avec quatre porte-avions coulés alors que deux porte-avions américains se trouvaient encore à flot, les Japonais n’osèrent pas engager leur flotte de bataille, et Yamamoto se retira à contrecoeur. C’était la fin de la suprématie navale nippone.

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Le pont d’envol encombré de l’Entrprise quelques instants avant le déclenchement de la sanglante bataille de Midway. Seuls quatre de ces avions retourneront sur le navire.

 L’USS Intrepid en action

L’USS Intrepid (CV.11) était la troisème unité du type Essex, classe qui regroupe non seulement le plus grand nombre de gros bâtiments de la guerre jamais construits, mais aussi les plus efficaces. Il fut mis sur cale, avec quatre de ces jumeaux, en 1940.

Après une croisière d’entraînement de quatre mois à peine. L’Intrepid appareilla pour le Pacifique. Ayant franchi le canal de panama, il mit le cap à l’ouest à travers l’océan en direction de Pearl Harbor, ou il arriva le 19 janvier 1944, il y ralliait le chef de file de sa série, le USS Essex, et un encien croiseur léger transformé en porte-avions le USS Cabot, au sein de la Task Group 58.2, composante de la Task Force 58. La première mission qui leur fut coinfiée consistait à attaquer des bases japonaises dans l’archipel des Marshall à l’appui du débarquement de Kwajalein (31 janvier), ses sous les ordres du nouveau commandant, l’amiral Marc A. Mitscher. Durant ces opérations, L’Intrepid et le TG 58.2 attaquèrent l’île de Roi, sans que leurs formations aériennes aient à déplorer de pertes.

Le 17 février, la TF 58 reprenait la mer pour une opération plus hasardeuse, à savoir un raid de trois jours sur la principale base ennemie, Truk, dans les l’îles Carolines. Comme la précédente, cette mission avait pour but d’empêcher les Japonais d’infliger de lourdes pertes aux Américains au cours d’opérations amphibies qui devaient se dérouler cette fois à Eniwetok. Malgré les puissantes défenses de Truk, cette intervention se solda par un succès. Les appareils de l’US Navy coulèrent 47 navires dont un croiseur léger, trois destroyers et un gros pétrolier, et détruisirent 125 avions ennemis. Le prix payé n’était pas excessif (25 appareils), mais à la faveur d’une attaque de nuit sur la Task Force, une formation de bombardiers-torpilleurs Nakajima B5N (Kate) équipés d’un des premiers radars japonais parvint à toucher l’Intrepid, à l’attaque duquel ses propres chasseurs de nuit ne purent qu’assister, impuissants.

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L’USS Intrepid quelques instants après avoir été attaqué par un kamikaze. En dépit d’autres attaques, il survécut.

Une torpile frappa le bâtiment sur tribord arrière, détruisant le gouvernail. Bien protégé sous la ligne de flottaison, le bâtiment ne risquait pas de couler, mais pour lui permettre de gouverner, il fallut hisser une (voile) de fortune à l’extrémité avant du pont d’envol. Escorté par le porte-avions léger Cabot, deux croiseurs et quatre destroyers, il se traîna ainsi jusqu’à Majuro. Il y subit les réparations les plus urgentes, avant de reprendre la mer à destination de Pearl Harbor, ou il devait être remis en état. L’Intrepid entra en cale sèche dans la base hawiienne le 26 février, neuf jours après l’attaque. Un mois plus tard, il était de retour aux Etats-Unis, à Hunter’s Point (San Francisco), pour une refonte et des réparations qui allaent durer trois mois.

 Retour dans le Pacifique 

On profita pour moderniser ses radars et pour renforcer son armement antiaérien. Quand le porte-avions reprit la mer, le 9 juin, son pont d’envol était encombré de véhicules et de divers appareils de l’US Army et de l’US Navy. Les moyens de transport étaient trops rares pour que l’on se permette de gaspiller la moindre place sous les hangars et sur le pont d’envol, d’autant que le porte-avions ne serait véritablement opérationnel qu’une fois de retour dans le Pacifique Central. Quand le navire arriva à Pearl Harbor, ses formations aériennes se mirent sérieusement à l’entraînement, et deux mois plus tard, l’Intrepid était prêt à rejoindre son jumeau Bunker Hill et les CVL Cabot et Independance au sein du TG 38.2, composante de la TF38.

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Un TBF Avenger est lancé par la catapulte babord tandis que deux autres attendent avec leurs ailes repliées.

Le 28 août 1944, le Task Group appareillait d’Eniwetok pour aller bombarder les forces japonaises en prélude aux débarquements de Morotai et de Palau. Dès le mois suivant, cette dernière île était attaquée. Les 12 et 13 octobre, l’offensive fut dirigée contre le centre des Philippines pour obliger les nippons à rester sur la défensive. Cette opération se solda pour les Japonais par un bilant très lourd : 59 navires coulés et 478 avions détruits. Le 6 octobre, le TG 38.2 quittait Ulithi pour donner l’assaut à Formose, renforcé d’un autre porte-avions de la classe Essex, l’USS Hancock.

L’intrepid joua un rôle important dans la bataille du golfe de Leyte. Le 23 octobre le TG 38.2 était posté à l’est fdu détroit de San Bernardino avec l’ordre de protéger les plages de débarquement contre un assaut des puissantes forces de surface japonaises qui s’approchaient par l’ouest. De fait, c’est un des Curtiss SB2C (Helldriver) de l’Intrepid qui à l’aube fut le premier à repérer la force A de l’amiral Kurita. Il s’en suivit la bataille de Siuyan. L’Intrepid et le petit porte-avions Cabot frappèrent les premiers coups, désanparant le croiseur lourd Myoko, atteint par une torpille et touchant le cuirassé Musashi (une torpille et une bombe). Les avions de L’Intrepid participèrent également à l’assaut final avec ceux de L’Entreprise, de l’Essex, et du Franklin et du Cabot. Leurs attaques répétées à la torpille et à la bombe finirent par couler le Musashi ; après la perte du cuirassé, les Japonais se replièrent.

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L’Intrepid semble en flammes pendant une attaque aérienne. Un bombardier japonais explose à quelques mètres du navire, le couvrant d’essence et de débris. Du croiseur Santa Fe, il paraissait que le porte-avions avait explosé. Mais les équipes de sécurités maîtrisèrent rapidement les incendies.

Les attaques Kamikazes

Le lendemain, L’Intrepid prenait part à la bataille du cap Engano. Bien que la TF 38 ait pris le groupe de leurre, la 1re flotte mobile, pour le groupe principal, la plupart des porte-avions ennemis survivants furent envoyés par le fond (le Zuiko, le Zuikaku, le Chitose et le Chiyoda succombèrent ainsi aux coups des Américains). Après deux jours de combats presque incessants les porte-avions rapides montraient des signes de fatigue, mais avec la destruction des forces japonaises de surface, le pire semblait passé.

Mais les Japonais étaient sur le point d’inaugurer les attaques-suicides, ou kamikazes, qui allaient éprouver à l’extrême le moral de la Task Force. L’Intrepid fut le premier touché le 29 octobre, au large de Luçon, par un appareil japonais endommagé qui s’écrasa sur le pont, Si dix hommes furent tués et six autres blessés, les dégâts matériels furent peu importants et le navire put poursuivre le combat. Le lendemain, le TG 38.4 eut moins de chance : des incendies se déclarèrent à bord du Franklin et du Belleau Wood allumés par des avions qui s’abattirent délibérément sur leur pont encombré.

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La Task Force se replia sur Ulithi pour se reposer et effectuer des réparations, mais à peine les navires y étaient-ils arrivés ( 2 novembre ) qu’ils furent rappelés en hâte à Luçon pour appuyer les troupes combattant à terre.

Le 25 novembre, L’Intrepid était de nouveau à la mer, assurant une couverture continuelle au sol et s’approvionnant en carburant et en provisions auprès du train d’escadre. Pendant une série d’attaques aériennes, un avion japonais plongea sur l’Intrepid, allumant des incendies parmi les appareils et le ravitaillement entassés sur le pont d’envol. Tandis que les pompiers et les équipes de contrôle des dégâts luttaient contre le feu, un second kamikaze se fracassa sur le pont à 23 m de distance environ vers l’arrière. La bombe travesa le pont d’envol en bois et explosa dans le hangar, provoquant de nouvelles destructions. L’incendie fit rage pendant deux heures, avant d’être maîtrisé On dénombrait au total 69 morts et 85 blessés. Les dégâts étaient si considérables que le navire dut être envoyé aux Etats-Unis. Il regagna Ulithi pour y effectuer les réparations d’urgence avant de reprendre le long trajet de retour vers Pearl Harbor et San francisco, ou il arriva en janvier 1945.

L’organisation de l’arsenal était d’une efficacité telle que l’Intrepid appareilla le Hunter’s Point dès le 20 février pour rallier une fois de plus le théâtre des opérations dans le Pacifique.

Arrivé à Ulithi le 13 mars, il fut affecté au TG 58.4 avec le Yorktown, le Langley et l’Indépendence. Dès le lendemain, les porte-avions reprenaient la mer pour aller attaquer l’archipel du nippon, dernière phase de la guerre du Pacifique.

Le 18 mars, L’Intrepid subit de légers dégâts résultant de la projection des débris enflammés d’un avion-suicide qui avait explosé à 15 m de distance du navire. Le 16 avril, celui-ci eut moins de chance : deux kamikazes l’avaient pris pour  cible, et si l’un d’entre eut rata son but de quelques mètres, l’autre s’écrasa sur le pont d’envol, qu’il traversa, allumant dans le hangar un grand incendie qui mit, une fois de plus, le bâtiment hors de combat. Cette fois néanmoins les pertes en hommes furent moins lourdes : 10 morts et 87 blessés.

La guerre était finie pour l’Intrepid. Il regagna San Francisco mais put rallier à temps la TF 38 (juillet 1945) pour assister à la capitulation du Japon.

 Leyte, la dernière grande bataille

Des que les Japonais apprirent que les forces alliées faisaient route vers le golfe de Leyte, aux Philippines, ils déclanchèrent le plan SHO-1. Les navires stationnés au nord de Bornéo et ailleurs rameutés et répartis en trois groupes. La force A, en provenance de Bornéo (elle faisait partir du premier groupe d’attaque commandé par l’amiral Takeo Kurita), devait franchir le détroit de San Bernadino pour donner l’assaut aux forces de débarquement américaines par le nord, au large de Samar. Un deuxième groupe d’attaque, aux ordres du vice-amiral Kiyohide Shima devait faire la jonction avec la force C (qui faisait également partie du premier groupe d’attaque, en provenance de Bornéo), sous le commandement du vice-amiral Shaji Nishimura, pour franchir le détroit de Surigao et attaqué les Alliés par le sud. Enfin la principale force de porte-avions, la 1re Flotte mobile en provenance du Japon et placée sous les ordres du vice-amiral Jisaburo Ozawa (ses bâtiments n’avaient plus que quelques appareils), éloignerait les porte-avions américains des Philippines. Pendant que les premiers et deuxième groupes d’attaque en découdraient avec les troupes de débarquement et leurs navires de protection avant que les supercuirassés Yamato et Misashi  qui fesait partie de la force (A ) ne s’en prennent aux porte-avions américains avec leurs canons.

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Un signaleur sur le pont d’envol d’un porte-avions rapide, avec à l’arrière-plan un cuirassé de la classe Washington.

Comme bon nombre d’autres plans de bataille japonais trop complexes, le plan SHO-1 tourna mal dès le départ. Au large de Palawan, la force (A) tomba dans l’ambuscade que lui avaient tendue deux sous-marins américains qui communiquèrent leur contact par radio, et coulèrent trois croiseurs lourds. Alors qu’ils traversaient la mer de Sibuyan, les navires de l’amiral Kurita durent affronter de violentes attaques aériennes, ayant encaissé quelques dix-neuf torpilles, le puissant Musashi finit par être mis hors combat, tandis que son jumeau Yamato et les autres cuirassés Nagao, Kongo et Haruma continuaient péniblement, à faire route vers le détroit de San Bernadino.

Suite à un ambrouillamini dans les transmissions radio, les porte-avions rapides américains laissèrent les petits porte-avions d’escorte faire face seuls à un féroce bombardement des navires de Kurita pour se lancer à la poursuite des bâtiments pour les Américains leurs « Jeep carriers », destroyers et destroyers d’escorte, opposèrent aux forces de Kurita une résistance si farouche que l’amiral finit par donner l’ordre de la retraite, manquant ainsi l’occasion d’en finir avec la vulnérable force d’invasion.

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Un kamikaze s’abat sur l’Essex.

Dès lors, les Américains allaient prendre une terrible revanche sur leur advesaire. Traquant les porte-avions d’Osawa au large du cap Engano, ils envoyèrent par le fond le Chitose, le Chyoda, le Zukaku et le Zuiko. Alors qu’elles tentaient de se frayer un chemin à travers le détroit de Surigao, les forces de Nishimura et de Shima s’exposèrent à une foudroyante attaque de nuit des vieux cuirassés de l’amiral Oldenburg (certains étaient des vétérans qui avaient survécu à Pearl Harbor) et furent pratiquement exterminées.

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A Samar, l’artillerie nippone se déchaîne contre les porte-avions d’escort.

Baroud d’honneur dans la mer philippines

L’invasion de Saipan par les forces américaines, à la mi-juin 1944, força les Japonais à réagir en force. Des bases dans les ’îles Mariannes offraient la possibilité aux bombardiers américains d’attaquer des cibles sur le sol japonais. Pour éviter cela, la marine impériale japonaise décida de se porter au devant des Américains avec ses derniers porte-avions opérationnels et les équipages entraînés restants.

   L’amiral Jisaburo Ozawa, commandant la 1re Flotte mobile récemment constituée, projeta d’établir dans les îles de Guam, Yap et Rota un grand nombre de bases d’aviation, dont les appareils attaqueraient les porte-avions américains à l’ouest de Saipan, surpassant en nombre les avions américains embarqués. Comme les avions embarqués nippons, construits plus légèrement, avaient un rayon d’action supérieur de 320 km à celui des avions américains embarqués, l’amiral Ozawa projetait d’attaquer les porte-avions rapides, adverse, tout en restant hors du rayon d’action de leur aviation embarquée, de ravitailler et de réarmer à Guam, puis d’attaquer une seconde fois sur la route du retour. En théorie, les attaques aéronavales auraient dû être très destructrices, car les porte-avions américains auraient alors déjèa subi de sévères dommages, infligés par les assauts en provenance des avions basés à terre. L’application pratique du plan fut un échec. Dès le début de la bataille, le vice-amiral Kakuta, commandant les forces aériennes à terre, ne réussit pas à infliger des pertes significatives à l’aviation embarquée américaine. Pendant ce temps l’amiral américain Raymond Spruance lançait de violents raids sur les aérodromes japonais, détruisant les avions basés à Guam et Rota. Kakuta omit d’avertir Ozawa de l’échec de ses tentatives. En revanche, les Américains ne manquaient pas de renseignements sur les mouvements d’Ozawa car leurs sous-marins avaient repéré les porte-avions japonais dans la mer des Philippines.

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Un avion japonais en flamme plonge vers la mer au-dessus du petit porte-avions d’escorte Kitkun Bay lors de l’invasion de Saipan en juin 1944.

La force japonaise réunissant neuf porte-avions, 5 navires de ligne, 12 cuirassés, 27 destroyers et 24 sous-marins. Mais cette flotte fut mise à mal par la Task Force 58, composée de porte-avions légers ainsi que 7 navires de ligne, 21 croiseurs, 62 destroyers te 25 sous-marins. Cette supériorité quantitative était encore accrue par l’entraînement poussé des équipages d’avions américains. Le programme d’entraînement japonais ne pouvait pas compenser les pertes subies et de nombreux pilotes d’Ozawa étaient à peine capables d’apponter sur leurs porte-avions.

Le 18 juin, la principal escadre japonaise se mit en place à l’ouest des Mariannes et détacha son élément davant-garde, les trois porte-avions légers de l’amiral Takeo Kurita, avec l’intention de lancer les premières attaques le matin suivant. Lorsque le détachement précurseur lança une première vague de 16 chasseurs et de 53 bombardiers, celle-ci fut détectée au radar par les piquets d’alerte donnant le temps aux porte-avions américains de lancer à leur tour les chasseurs dispoibles. Ils infligèrent des pertes sévères aux Japonais (42 avions) et les seules dommages subis constituèrent en un impact de bombe sur le cuirassé South Dakota.

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Le porte-avions japonais Zuiho attaqué par le groupe aérien de l’Entreprise pendant la bataille de la mer des Philippines ; noter les marquages du pont.

Le tir aux dindons des Mariannes

Une deuxième vague fut lancée depuis les six porte-avions du corps principal : 48 chasseur et 62 bombardiers, mais dix minutes plus tard le sous-marin américain Albacore torpillait le porte-avions Taiho. Une fois de plus le tir antiaérien massif des cuirassés arrêtait la force de frappe japonaise, abattant 79 des 110 appareils.

Une troisième vague de 47 avions parvint à éviter la flotte cuirassée, mais elle ne trouva que très peu de cibles, et perdit 7 appareils. Une quatrième vague, lancée à partir de 11 h30, perdit aussi sa route, et seulement 33 des 82 avions trouvèrent le TG 58.2 et subirent de lourdes pertes.

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Types d’avions les plus courants de la guerre du Pacifique

Les porte-avions japonais avaient accompli leur effort maximal et n’avaient réussi qu’à infliger des dommages négligeables à la TF 58. A 12 h 22, Ozawa subit un nouvel échec lorsque le sous-marin américain Cavalla logea quatre torpilles dans le Shokaku, qui sauta et coula à 15 h10, suivi peu de temps après par le Taiho. Mais Ozawa n’avait pas l’intention de renoncer, car il croyait toujours que les forces de Kakuta basées à terre avaient infligé de lourdes pertes à l’aéronavale américaine, et il eut plutôt l’impression que ses 102 avions restants pouvaient retourner la situation au détriment de Spruance. En outre, Kakuta lui avait dit que de nombreux survivants d’attaques aéronavales avaient atterri sains et saufs à Guam.

Le jour suivant, les deux flottes adverses naviguèrent vers le nord-ouest dans des directions approximativement parallèles. Spruance n’apprit la position d’Ozawa que tard dans l’aprè-midi, et il se trouvait alors devant un choix difficile : une attaque contre les porte-avions japonais à la limite des rayons d’action de ses appareils en sachant que le vol de retour jusqu’aux porte-avions s’effecturait dans l’oscurité. Néanmoins, à 16 h 20, il ordonna une attaque massive, soit 85 chasseurs, 77 bombardiers en piqué et 74 avions-torpilleurs.

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Un bombardier perd une aile après avoir été touché par un obus de 127 mm tiré du Yorktown au large de Kwajalien.

Les Japonais ne purent lancer que 80 appareils avant que les Américains soient sur les lieux. Le porte-avions léger Hiyo fut coulé par deux torpilles, le Zuikaku, le Junyo et le Chiyoda furent gravement endommagés ainsi que d’autres unités. Ozawa essaya de sauver ce qui restait de sa flotte, mais il savait qu’il venait de perdre sa dernière chance de victoire décisive. Ses pilotes inexpérimentés avaient été abatus en si grand nombre que les pilotes américains avaient appelé la bataille aérienne du 19 juin le grand tir aux dindons des Mariannes. Même exténués, les pilotes de L’US Navy se montrèrent plus efficaces. Après l’attaque du 20 juin, les avions américains revinrent à leurs navires à 22 h 45, beaucoup d’entre eux virtuellement à sec de carburant. Dans un geste devenu légendaire, le vice-amiral Mitscher ordonna aux porte-avions de ralluner leurs feux de pont, pour s’assurer que les pilotes ne puissent apponter dans l’obscurité. Les pertes furent lourdes, mais 116 appareils retrouvèrent leurs hangars, sains et saufs. Les 80 autres ammerrirent à proximité, permettant aux destroyers de recueillir la majorité des équipages.

 Double langage malhonnêteté intellcetuelle

A posteriori, il est difficile de critiquer la conduite de la bataille par Ozawa. L’erreur tactique la plus grande, l’attaque des cuirassés, provenait du manque d’expérience des pilotes de l’aéronavale, Les extraordinaire contrevérités dite par Kakuta incitèrent Ozawa à croire que ses quatre attaques avaient réussi, et il fut même abusé quand il apprit que ses avions étaient en sécurité à Guam alors qu’en réalité ils avaient été détruits. Étant donné ces circonstances et le fait qu’il était de loin surpassé en nombre, il aurait difficilement pu faire mieux.

Même si Ozawa avait été favorisé par la chance, il aurait fallu un miracle pour lui donner la victoire contre la TF 58. Ce qui aurait pu arriver de mieux aurait été quelques porte-avions américains gravement endommagés ou même coulés. Il en serait résulté un court répit, mais les Japonais étaient maintenant submergés sous le nombre. Non seulement il y avait peu de pilotes entraînés disponibles, mais encore les matières premières et le carburant ne parvenaient plus en raison de la pénurie de navires marchands. Il  était maintenant impossible aux chantiers navals nippons de maintenir la marine marchande aux niveaux d’avant guerre. La flotte ne disposant plus de carburant raffiné en quantités suffisantes, était contrainte d’utiliser le carburant volatile de Bornéo, cause majeure des explosions qui détruisirent le Taiho et le Shokaku.

Du côté américain, il y eut d’amères récriminations contre Spruance, en particulier de la part de l’amiral William Halsey et de ses partisans. On avait l’impression que l’excès de prudence de Spruance avait fait perdre à la TF 58 l’occasion de couler tous les porte-avions d’Ozawa, et ainsi d’éliminer la marine impériale japonaise.

LES B-29 AU-DESSUS DU JAPON

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 18 min

Quand la guerre avec le Japon fut devenue une réalité, en décembre 1941, les Etats-Unis comprirent que la victoire finale ne pourrait être acquise que par deux moyens : soit par un débarquement au Japon, opération d’un coût prohibitif, soit par des attaques aériennes qui anéantraient l’ennemi et forceraient l’ennemi à capituler. Il n’y avait pas d’autre alternative, et le bombardier lourd à long rayon d’action Boeing B-29 Superfortress fut produit précisément en vue d’atteindre le second objectif.

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La mise au point du B-29 et sa fabrication à des milliers d’exemplaires constituent un véritable exploit technique.

Commandée à l’avance en très grande quantité

Le premier vol du prototype XB-29 eut lieu le 29 septembre 1942, date à laquelle 1 664 appareils de série avaient déjà été commandés. Au mois de juin de l’année suivante, le 58th Bombardment Wing (Very Heavy) fut mis en place à marietta (Géorgie), et en juillet 7 YB-29 de présérie entrèrent en service pour l’entraînement des équipages.

Pendant ce temps, 700 000 travailleurs chinois se mettaient au travail pour aménager neuf énormes terrains d’aviation, quatre en Chine et cinq au nord-est de l’Inde, et une nouvelle unité, la 20th Air Force, fut constituée sous l’autorité du General of the Army Henry H. Arnold le 4 avril 1944. Le 5 juin, des B-29 du 58th Wing décollèrent de leurs bases en Inde pour aller bombarder des dépôts de chemin de fer à bangkok (Thaïlande).

L’effort logistique qu’exigeait le soutien des opérations lancées depuis ces bases était énorme. Les B-29 devaient franchir l’Himalaya chargés de très grosses quantités de carburant et de matériel pour rejoindre leurs bases-relais en Chine.

Le premier raid de B-29 sur le territoire japonais fut mené le 15 juin par 50 appareils qui avaient pour objectif la ville de Yawata. Sept bombardiers  furent perdus, mais l’un d’entre eux seulement tomba aux mains de l’ennemi. Ces raids difficiles se poursuivirent pendant plusieurs mois et firent un nombre assez élevé de victimes au moins trois B-29 firent des atterrissages forcés en U.R.S.S., ou ils devaient donner naissance au Tupolev Tu-4.

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Des B-29 en formation au-dessus de Guam partent bombarder la population civile japonaise, détruisant des villes entières.

 Un rassemblement massif

Quand les Américains s’emparèrent des Mariannes en 1944, cinq grandes bases furent construites, deux à Tinian, deux à Guam et une à Saipan, chacune pouvant accueillir 180 appareils, le premier raid sur le Japon à partir des Mariannes eut lieu le 24 novembre mené par 111 B-29 du 73 rd  Wing sous le commandement du Brigadier General Emmett O’Donnell ; il visait les usines de moteurs Musashino, à Tokyo, mais en raison de difficultés de navigation 24 appareils seulement purent bombarder l’objectif.

Entre-temps, le 58th Wings avait été transféré aux Mariannes, bientôt rejoint par les 313th, 314th, et 315th Wings, soit au total près de 600 appareils. Le 20 janvier 1944, le Major General Curtis E. LeMay prit le commandement du XXI Bomber Command dont le quartier général était installé à Guam ; il avait pour mission d’entreprendre une série de raids incendiaires sur le Japon. Le premier fut lancé dans la nuit du 9 au 10 mars 1945 par 302 appareils qui passèrent individuellement à l’attaque d’une altitude comprise entre 1 525m et 3 050 m. Les équipages avaient été réduits et l’armement défensif supprimé pour renforcer la charge de bombes, constituée de plus de 6 t des nouvelles bombes incendiaires M69, dont chacune était faite en réalité d’un assemblage de conteneurs de napalm. Pour la perte de 14 B-29, Tokyo fut réduite en cendre sur une surface de 43,75 Km2. Cinq de ces raids incendiaires furent menés sur le Japon dans cette phase initiale pendant laquelle Nagoya

(Deux raids), Osaka et Kobe subirent le même sort que Tokyo.

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Un B-29 en direction du Japon

Face à cet assaut formidable, les défenses de la chasse japonaise allèrent s’accroissant, et les mitrailleuses de queue des B-29 furent rétablies. En mai, des raids engageant plus de 100 appareils furent fréquemment menés, avec des pertes qui tombèrent progressivement de 1,3% à 0,02%, en août. Le plus important, la « mission 183 », eut lieu dans la nuit du 25 au 26 mai, date à laquelle 464 B-29, guidés par douze avions éclaireurs, larguèrent plus de 2 200 t de bombes incendiaires sur les quartiers de Tokyo, dont la plupart des maisons étaient construites en bois ; une surface de 48,9Km 2 fut ainsi dévastée. Au cours de quelques 200 raids incendiaires effectués par les B-29 sur le Japon, l’US Air Force largua 172 400 t de bombes (dont 107 180 t de bombes incendiaires). Rien qu’à Tokyo, on comptait 80 000 morts et plus de 1 million de sans-abri, chiffres qui dépassent le bilan de chacune des deux attaques atomiques menées par des B-29 du 50th Composite Group (315 Bomb Wing)sur Hiroshima, le 6 août et sur Nagasaki trois jours plus tard. Que ce soit par le feu ou par la bombe atomique, le B-29 mena à bien la tâche qui lui avait été assignée, puisque le Japon capitula sans conditions le 15 août 1945 à minuit.

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B-29 bombardant le Japon

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Enola Gay à l’atterrissage après avoir largué la bombe atomique Little Boy.

PORTE-AVIONS BRITANNIQUES EN ORIENT

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 11 min

La fin de la guerre en Méditerranée et dans l’Atlantique permit à la Royal Navy de concentrer ses principaux porte-avions en Extrême-Orient, ou ils formèrent la British Pacific Fleet. L’attaque de la raffinerie de pétrole de Sabang en 1944, de petite envergure selon les Américains, mobilisa cependant quatre fois plus d’avions que lors du raid sur Taranto.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, au moment ou se constitua la British Pacific Fleet, l’US Navy employait sur une grande échelle l’Aviation navale, s’inspirant de doctrines opératrionnelles qu’il fallait réinculquer aux Britanniques. Un premier pas avait été franchi, au début de 1943. Lorsque le Victorious avait opéré dans le Pacifique avec le Saratoga. Puis, un an plus tard, les Américains prêtaient pour quelque temps le Saratoga au noyau de la nouvelle flotte bitannique, stationnant alors à Ceylan. Ce noyau était formé par l’Ilustrious et d’autres unités principales, qui, en raison de la fin prochaine des hostilités en Méditerranée, étaient désormais en mesure d’intervenir en Asie.

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Lorsque la Royal Navy put enfin disposer d’une importante force aéronavale en Extrême-Orient, la guerre du Pacifique touchait à sa fin et cette participation britannique n’avait qu’une valeur de symbole, d’une utilité militaire très marginale en comparaison de l’effort américain.

Après quelques semaines d’intense préparation, les deux porte-avions constituèrent le fer de lance d’une force de 27 navires, appelée TF-70, et qui devait, le 16 avril 1944, attaquer la raffinerie de pétrole de l’île de Sabang, à la pointe nord de Sumatra. Bien que dirigée par un officier britannique, cette force était multinationale, rasemblée derrière six enseignes différentes. Pour les Britanniques ils étaient faciles de déclencher une offensive contre les Japonais. Les deux porte-avions contenant 83 avions, soit quatre fois le nombre d’appareils utilsés à Taranto. Le mois suivant, des manœuvres préparatoires furent effectuées à Surabaya, dans l’île de Java. Si les pertes furent assez faibles et les résultats peu importants, les Britanniques tirèrent de ces exercices des enseignements précieux. Ils s’aperçurent en effet qu’il était capital de faire naviguer le commandant de la force à bord d’un porte-avions, celui-ci ayant, de là, une meilleure vue d’ensemble de la situation (la tradition voulait qu’il porte sa marque sur un navire de guerre). Ils prirent également conscience de la nécessité, lors d’opérations prolongées, de disposer d’un second pont d’atterrissage.

Vers la fin de 1944, le calme revenant dans l’océan Indien, cette zone ne fut plus surveillée que par six porte-avions d’escorte disponibles de la flotte des Indes orientale basés à Ceylan, et servant essentiellement à appuyer la campagne de la XIVe  armée, à Burma, avec cent-cinquante avions.

En janvier 1945, de sa base temporaire de Manus, dans les îles de l’Amirauté, au nord de la Nouvelle-Guinée, la British pacific Fleet se déclara opérationnelle. Elle avait accompli la lourde tâche d’assembler er d’organiser l’énorme train de ses navires, de façon à être totalement indépendante dans une guerre mobile l’amenant loin de ses bases habituelles. Comme la TF-57 la BPF était commandée par le vice-amiral Rawling, placé lui-même sous les ordres du commandant en chef de la flotte américaine du Pacifique, l’amiral Nimitz, mais elle dépendait de la 5e flotte de l’amiral Spruance. La BPF étai essentiellement constituée de quatre porte-avions et de quelques navires modernes, et elle recevait l’appui de six CVE, sa puissance étant équivalente à celle d’un groupe d’intervention américain. Sa première opération fut la prise d’Okinawa.

Les Britanniques avaient pour mission de détruire les terrains d’aviations japonais, situés dans le Sakishima Gunto, la série d’îles s’étendant entre Okinawa et Formose. Attaquant le jour et se retirant la nuit pour reformer l’escadrille, les assaillants ne rencontrèrent que peu d’opposition les premiers temps, mais le 1er avril 1945, jour des principaux débarquements, le Indefatigable fut touché par un kamikaze.

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(À gauche), le Victorious et l’implacable, photographiés depuis le pont d’envol du Formidable, le 10 juillet 1945, alors que la force aéronavale britannique s’apprête à lancer des attaques aériennes contre le sol métropolitain du Japon. Bien qu’embarquant davantage d’appareils que ce quoi ils avaient été conçus, ils restaient en déçà des performances américaines. (À droite), A de nombreuses reprises, la décision britannique de blinder les ponts d’envol des porte-avions se révéla très judicieuse car de nombreux avions-suicides s’écrasèrent en explosant, sans pour autant mettre les navires hors de combat. En revanche, nombre d’unités américaines durent retourner à leurs ports d’attache afin de réparer des ponts d’envol éventrés.

Après un mois d’opérations continues, les Britanniques s’accordèrent un moment de répit, puis revinrent de nouveau à l’attaque, joignant leurs efforts à ceux des porte-avions américains, incapables à eux seuls de mettre un terme à l’activité aérienne des Japonais. Le 4 mai un kamikaze s’abattit sur le Formidable endommageant son pont blindé ; il fallut quatre-vingts minutes pour le remettre en état Le Indomitable fut également atteint. Cette guerre d’usure continua ainsi des deux côtés, jour après jour. Le 9 mai, le Formidable fut touché une nouvelle fois et le Victorious essuya deux attaques. Il n’y eut que quelques morts mais de nombreux avions, à bord, furent détruits. Le 25 mai, Okinawa se trouvant désormais entre les mains des Américains. La TF-57 quitta les lieux après deux mois d’intense activitéé Plus lourd, les porte-avions brtanniques avaient prouvé leur supériorité aux Américains, car si ses derniers n’avaient perdu aucun avion. Beaucoup avaient été sérieusement endommagés et furent par la suite retirés du service.

Au cours des 8 000 sorties effectuées par l’aviation de la BPF pour s’emparer d’Okinawa, prŝ de 85 appareils avaient été détruits, dont la moitié par les kamikazes. Les Britanniques avaient brillé par leurs exploits et les deux flottes avaient bénéficié de leur expérience réciproque.

 La bataille du détroit de Surigao

La bataille du détroit de Surigao est l’une des quatre opérations plus connu sous le nom général de bataille du golfe de Leyte. Les japonais suivant le plan Sho-1, avaient envoyé deux détachements (appelés respectivment Force (C) et le deuxième groupe d’attaque) ver le détroit de Surigao. Le premier détachement sous les ordres du vice-amiral Nishimura, comprenait le cuirassé Fuso, Yamasiro et un croiseur lourd, tandis que le second, sous les ordres du vice-amiral Shima, ne comprenait que trois croiseurs lourds. L’objectif désigné était les escadres américaines au large de Samar. Elles devaient être attaquées conjointement avec le premier groupe d’attaque du vice-amiral Takeo Kurita qui comprenait cinq cuirassés.

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Nishimura entra dans le détroit de Surigao peu après minuit, le 24 octobre 1944. Deux destroyers précédaient le vaisseau amiral Yamashiro, le Fuso et le croiseur lourd Mogami qui avançaient de front. La première attaque américaine fut menée par des vedettes lance-torpilles et fut repoussée. Mais la seconde ligne de défense était constituée par un groupe de destroyers tous armés de torpilles. La mêlée fut confuse. L’un des destroyers américains lâcha une bordée de cinq torpilles ui toucha le Fuso par le travers. Ce dernier explosa et se brisa en deux parties, qui dérivèrent séparément avant de couler. La dernière ligne de défense américaine était commandée par le contre-amiral Jesse B. Oldendorf et était composée de six cuirassés : Tennessee, West Virginia, Mississippi, Maryland, California et Pennsylvania. Cinq d’entre eux étaient des vétérans de Pearl Harbor. Ils avaient tous été remis en état et bénéficiaient des derniers modèles de radar de conduite de tir. Le Tennessee et le West Virginia ouvrirent le feu à une distance de 20 850 m, suivis peu de temps après par le vaisseau amiral Mississippi et le Maryland.

Pendant un moment, le Yamashiro sembla indifférent à la tornade de feué Bien que touché, il signalait : (Le Yamashiro a été touché par une torpille, mais sa capacité de combat est intacte).

(À gauche), le cuirassé japonais Yamashiro en 1938. (À droite), le Pennsylvania conduit une file de vieux cuirassés de la classe Colorado et trois croiseurs de bataille dans le golfe de Lingayen.

Oldendorf tourna alors sa ligne de bataille pour barrer le (T) à Nashimura, manœuvre classique des cuirassés. Aucun navire n’échappe à une telle puissance de feu. Les témoins oculaires virent le Yamashiro se transformer en brasier. Il chavira finalement, entraînant tout l’équipage dans la mort. Les cuirassés n’avaient plus rien à faire. Les destroyers et les avions achevèrent la deuxième escadre de Shima, coulant tous les croiseurs et destroyers, exception faite du Shigura. La bataille du détroit de Surigao fut la dernière grande bataille de cuirassés et elle restera comme l’un des sommets de la bataille en ligne.

 Le sacrifice du Yamato

En avril 1945, pour gêner le débarquement américain d’Okinawa, le plus grand cuirassé jamais construit, le Yamato, fut envoyà pour une mission sans retour. Le débarquement américain à Okinawa marquait en effet, pour le Japon, le commencement de la fin. Mais dans un effort désespéré pour retarder l’énivitable, le cuirassé Yamato effectua sa dernière sortie depuis Kyushu. Il devait servir d’appât, loin d’Okinawa, aux avions américains et rendre ainsi l’île vulnérable aux attaques massives des kamikazes contre les navires de guerre et les transports de troupes. Dans le cas, improbable, ou le cuirassé atteindrait l’île, il avait reçu l’ordre de s’échouer et d’utiliser ses canons de 460 mm pour aider les défensseurs. Il n’avait pas embarqué de carburant de retour.

Cette escadre-suicide, dont le nom de code était TEN GO, comprenait, outre le Yamato, le croiseur léger Yahagi et huit destroyers. Elle quitta la baie de Yokuyama le 6 avril à 16 heures. Le lendemain l’un des destroyers fit demi-tour en raison d’ennuis mécaniques. Les navires légers naviguaient en cercle, entourant le cuirassé Yamato. Le 7 avril, ils furent repérés par les avions de reconnaissance américains. Peu de temps après, quelque 250 appareils partaient à la rencontre de l’escadre japonaise TEN GO. Le Yamato les repéra à environ 30 000 m. Tous les marins de l’escadre japonaise savaient que l’issue fatale ne pourrait être évitée, mais un climat de ferme résolution régnait dans les équipages quand les avions commençèrent leurs attaques. Après une brève accalmie, due à une bourrasque de pluie qui cacha les navires, la bataille commença à 12 h 32 alos que l’escadre n’était qu’à 280 km au sud de Kyushu. Le premier navire à disparaître fut le Yahagi. Puis ce fut le tour du destroyer Isokaze. La première bombe toucha le Yamato à 12 h 40, et dix minutes plus tard, des torpilles le touchaient par bâbord. Puis  ce furent huit autres torpilles qui atteignirent leur but sur bâbord et deux à tribord, entraînant une voie d’eau. A 14 h 5, il était évident que le dispoitif de redressement du bateau ne pourrait l’empêcher de gîter et l’ordre d’évacuation fut donné, Une dernière torpille l’atteignit qui ogmenta sa gîte de 20o. Soudain, la coque géante explosa dans d’énormes nuages de fumée.

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Le Yamato lors de sa première sortie en mer en 1941. Il n’eut jamais l’occasion de mettre à l’épreuve sa puissance et fut coulé par l’aéronavale américaine le 7 avril 1945.

Soudain la coque géante explosa dans d’énormes nuages de fumée. Les incendies avaient probablement gagné la soute à munitions. Les destroyers encore saufs se hâtèrent de repécher les survivants, mais 2 498 officiers et marins périrent. Après que les derniers rescapés eurent été repêchés à bord du Kasumi, le Fuyuzuki tira une torpille dans la coque du cuirassé et prit le chemin du retour avec les autres navires rescapés. Le Hatsushimo, le Suzutsuki et le Yukikase.

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Le Yamato qui brûle après l’attaque de l’aviation allié.

L’opération TEN GO fut un sacrifice innutile ; elle causa la mort de 3 665 marins (446 sur le Yahagi et 721 dans les destroyers, sans compter ceux du Yamato).

LE TRAITÉ DE WASHINGTON

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 03 min

Les accords de Washington en 1922 mirent fin provisoirement à la fièvre de construction de navires de ligne qui prévalait avant la Première Guerre mondiale.

Les Accords de Washington définissaient dans leur chapitre IV les caractéristiques d’un porte-avions : tout bâtiment exédant 20 000 t dont la fonction spécifique et exclusive est le transport d’aéronefs, et construit de façon à permettre aux appareils de décoller et d’atterrir. Les signataires des accords étaient autorisés à se doter d’un nombre indéterminé d’unitéd pour un tonnage total plafonné (article 7) : le Rayaume-Uni et les États-Unis, 135 000 t : le Japon 81 000 t : 60 000 t pour la France et l’Italie. L’article 9 stipule qu’aucun navire ne peut dépasser 27 000 t standard, mais chaque État peut en construire deux allant jusqu’à 33 000 t pourvu que le plafond soit respecté. En application des clauses de limitation, les puissances contractantes ont aussi la possibilité de convertir les unités (déjà construites ou en cours de construction) qui devraient sinon être cassées pour respecter les quotas. L’article 10 prévoit l’absence de restriction pour les armes de petit calibre et une dotation maximale de dix canons au calibre compris entre 152 et 203 mm. Au chapitre III, le remplacement des unités est admis vingt ans après leur date d’achèvement (sauf en cas de perte). Les navires expérimentaux peuvent quant à eux être remplacés dans la limite du plafonnement.

LE TRAITÉ DE WASHINGTON dans GUERRE DU PACIFIQUE artfichier_727139_1721109_201301295610460

Les planificateurs de la Royal Navy préférèrent mettre en chantier des bâtiments de dimensions plus modestes que celles des géants américains ou japonais. Le Courageous, le Furious et le Glorious photographiés ici. N’emportaient en tout que 120 avions. Seul le Furious survivra à la guerre.

Pour se situer dans le contexte de l’époque, on doit avoir en mémoire que le Royaume-Uni ainsi que le Japon construisaient déjà leurs premiers porte-avions de petit gabarit et que les Etats-Unis tranformaient un charbonnier. La France et l’Italie n’avaient pas avancé sérieusement leurs études. Ainsi après les hésitations de la première génération, les signataires se retrouvèrent en posséssion de paramètres définissant la deuxième génération de porte-avions, leur donnant les moyens d’optomiser la reconstruction, des coques inachevées des navires de ligne en chantier. Ce que firent les Américains en transformant les coques de deux croiseurs de bataille ; achevés en 1927, le Saratoga (CV.3) et le Lexington (CV.2) mesurant 207.50 m et filant à 34 nœuds ; comparés au CV.1 Langley de 165.40 m et filait 15 nœuds. La mutation de cinq ans, sans étape intermédiaire est particulièrement frappante, mais la limite officielle de 33 000 t est dépassée d’environ dix pour cent.

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Le Ryujo, une coque de croiseur transformée en porte-avions embarquant quarante-huit appareils. Les Japonais prirent la décision d’ignorer les clauses du traité et de construire plusieurs séries de grands porte-avions.

Les Japonais suivirent une orientation similaire avec le Hagaki et le Kaga. Les deux bâtiments, sans autre raison que le manque d’expérience, furent équipés d’une batterie de 203 mm, transgressant de cette manière les accords passés. Les deux marines revinrent ensuite à des bâtiments de dimension plus modestes (le Ranger et le Ryujo), qui servirent à démontrer que seules les grandes unités sont valables. Les Britanniques, avec de meilleures coques et plus d’expérience optèrent pour deux navires de 22 500 t, le Glorious et le Courageous, qui, armés de canons de 120 mm, demeuraient dans les limites de la convention. Usant d’une conception classique et sans démesur, la Royal Navy se retrouva en 1930 à la tête de six porte-avions d’une capacité d’embarquement peu inférieure à celle des unités américaines. Em mer, méditerranée, les Italiens ne virent pas l’intérêt de ce type de navires ; enfin les Français construsirent le Béarm, lent et de faible capacité, la France devait à cette occasion prendre du retard dans le domaine aéronaval.

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Le Lexington qui disposera jusqu’en 1945 des plus vastes hangars en service aur mer. Embarquant quatre-vingts appareils et atteignant la vitesse respectable de 34 nœuds, les navires de cette classe étaient les meilleurs du monde.

Au total, les accords de Washington mirent un frein aux rivalités stériles entre marines et à contrario stimuèrent l’essor des techniques de construction des grandes unités, croiseurs et porte-avions.

LE TOKYO EXPRESS

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 00 min

L’intensification des combats pour les îles Salomon obligea les Japonais a trouver un moyen de ravitailler leurs troupes à Guadalcanal, bravant les avions américains qui avaient la maîtrise du ciel. La solution, ils la trouvèrent en utilisant des destroyers et des transports rapides faisant des allés et venus de nuit.

Début juillet 1942, les Américains étaient prêt à mettre sur pied leur première opération amphibie. Celle-ci prit une tournure urgente dès que les avions de reconnaisance signalèrent que les Japonais étaient en train de construire une piste d’atterrissage à Guadalcanal et une base aéronavale près de Tulagi. Le 7 août, les Américains débarquèrent sans se heurter à une quelconque résistance, et deux jours plus tard, il ne leur restait apparement plus qu’à nettoyer le terrain.

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Un destroyer japonais coulé près de l’île de Floride, au nord du détroit  Ironbottom. Les Japonais étaient devenus maîtres dans l’art des combats nocturnes, et les Américains en venaient difficilement à bout.

Mais leur déception fut amère, car les croiseurs du vice-amiral Gunichi Makawa infligèrent une sanglante défaite aux navires américains chargés de couvrir l’opération, au large des îles Savo. Cependant, cette défaite tactique se transforma en victoire stratégique, car l’ennemi ne s’acharna pas sur les bateaux de transport qui, cependant étaient pour eux une cible de choix. Malgré cela, les Américains se sentirent contraints de se retirer, par prudence, abandonnant 16 000 marines démunis. Travaillant fièvreusement dans une chaleur moite et insupportable, le génie acheva en quelques jours la piste d’atterrissage que les Japonais n’avaient pas terminée, et la baptisèrent Henderson Field ; elle devait jouer un rôle primordial dans cette guerre. Le ravitaillement commença à arriver au copte-gouttes, puis fut acheminé par de nombreux allés et venues rapides par voie maritime.

Dans la nuit du 17 au 18 août.  Des transports rapides escortés de sept destroyers débarquèrent environ 1 000 soldats japonais. Leur  vitesse permettait à ces bateaux de faire un aller-et-retour par nuit, et leurs activités nocturnes allaient devenir si régulières que l’on en parla bientôt comme du (Tokyo express). Pendant une semaine, l’ennemi construisit petit à petit de cette façon la force armée qui allait reprendre l’île, mais tout ce passait la nuit, car la surveillance aérienne des Américains faisait courir trop de risques en plein jour. A l’aube du 22 août, deux destroyers américains équipés de radar (et dont l’un s’était montré si peu efficace à Savo, quinze jours plus tôt) furent envoyés pour barrer la route aux Japonais. Une fois de plus, ils se laissèrent prendre par surprise et l’un des destroyers fut coulé.

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Le Mutsuki que l’on voit ici, surpris à l’aube par les avions méricains de Guadalcanal était un destroyer transformé en transport pour ravitailler la garnison japonaise des îles Midway.

Le 24 août, les Japonais tentèrent de donner l’assaut. Alors que la bataille des Salomon orientales devait se dérouler avec le gros des troupes pour mobiliser l’attention des Américains, quatre destroyers commandés par le redoutable contre-amiral Raizo Tanaka, escortant des bateaux de transport, descendaient le (Slot), le long canal qui sépare les chaînes de montagneuses des îles Salomon. Les destroyers atteignirent lu objectif et neutralièrent Henderson Fiel un de leurs transports prit feu et le destroyer Mitsuki, qui n’avait pas eu le temps de renter avant le lever du jour, fut coulé. Le débarquent fut ajourné. 

En s’éloignant des îles Shetland, Tanaka tombait sous le feu des bombardiers Douglas basés sur l’aérodrome de Henderson, si bien qu’il ne pouvait naviger que de nuit. C’est dans la nuit du 26 au 27 août que trois destroyers débarquèrent 350 hommes, et 130 la nuit suivante. Très confiants, ils sortirent cependant trop tôt lors du voyage suivant et se firent repérer avant que la nuit tombe. L’Asagiri fut coulé corps et bien.

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A l’aube du 14 novembre, les transports japonais abordèrent à Guadalcanal.

Guadalcanal

À la mi-septembre, la situation sur l’île en était toujours au même point, aucun des deux camps nayant réussi à évincer l’autre. Le haut commandement japonais décida alors d’axer tout ses efforts sur Guadalcanal et retira du circuit du Tokyo Express les principaux destroyers pour les reformer : em mettant plus d’armes antiaériennes, en dégageant de la place pour pouvoir charger davantage le bateau, tout en ne touchant pas aux torpilles. Ce sont ces destroyers qui permirent aux Japonais d’attaquer. Mais les Américains, plus puissants  que prévu, ceux-ci furent contraints de se consacrer au déplacement des troupes. Pendant ce temps, les Américains débarquèrent 4 000 marines de plus, mais au prix du porte-avions Wasp et d’un destroyer.

Les navettes nocturnes des destroyers de Tanaka, ce fameux Tokyo Expess, accomplir des miracles durant tout le mois d’octobre en amenant jusqu’à 20 000 hommes équipés sur l’île. Les avions basés sur l’aérodrome de Henderson étaient en bien mauvaise posture et des croiseurs pilonnèrent la piste d’aterrissage dans la nuit du 11 au 12 octobre. Ils se trouvèrent face à face avec une force américaine bien supérieure. Dans ce que l’on devait appeler la bataille du cap de Bonne-Espérance, les Américains barrèrent le (T)  aux Japonais et leur coulèrent un croiseur et un destroyer. A peine le jour s’était-il levé que leurs avions envoyèrent encore par le fond deux autres destroyers du Tokyo Express.

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Au large de Guadalcanal, un convoi de transport japonais repéré par un Boeing B-17. Les bombardiers atteignirent rarement leur cible, et, même dans le cas, les chalands de débarquement arrivaient toujours à prendre la fuite.

Parce qu’ils voulaient absolument neutraliser la base de Henderson, les Japonais la bombardèrent à deux reprises dans la journée du 13 octobre, empêchant ainsi les Américains, par leurs tirs d’artillerie, de réparer les pistes d’atterrissage endommagées ; puis la nuit venu, ils intervinrent avec deux croiseurs. Ils pilonnèrent lourdement l’aéroport pendant une heure et demie. Les Américains perdirent leurs avions d’attaque et quarante-huit autres appareils. Les bombardements se poursuivirent dans la nuit du lendemain. Parallèlement, les Japoais renfloèrent le Tokyo Express avec de nombreux bateaux de transport supplémentaires, comptant sur le fait que la défense affaiblie de Henderson allait leur permettre de se montrer en plein jour. Réunissant toutes leurs forces, les Américains coûlèrent trois transports et obligèrent Tanaka à se replier. Mais celui-ci récidiva dans la nuit du 15 au 16 octobre avec ses croiseurs et pilona la base américaine.

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Tandis que des destroyers et des croiseurs tout à la fois arrosaient Henderson Field d’obus. La nuit suivante, la Navy avait repris des forces, et les cuirassés South Dakota et Washington intercetèrent les japonais. Il ne fallut pas plus de sept minutes au Washington pour pulvériser de ces canons de 16 le cuirassé Kirishima. A la suite de cet épisode, les japonais abandonnèrent les bombardements, laissant les destroyers de Tanaka s’en sortir comme ils pouvaient.

Exténués et las de cette bataille, les Américains s’efforcèrent de repousser les Japonais qui, du 22 au 26 octobre, essayaient par tous les moyens de passer à l’assaut final. Ils manquèrent leur but de peu. Les destroyers de Tanaka essuyèrent des tirs d’artillerie qui leur causèent de lourdes pertes, car Tanaka avait considéré que le piètre état de la défense américaine à Henderson lui permettrait d’attaquer de jour. En cela, il fit une grave erreur.

Début novembre, Tanaka aborda soixante-cinq fois l’île de Guadalcanal en dix jours seulement, et constata avec satisfaction qu’il avait débarqué plus d’hommes que les Américains pour une perte de trois destroyer. Le 12 novembre, les Japonais accostèrent avec 11 000 hommes à bord. Une flotte, dans laquelle on pouvait compter deux cuirassés, couvraut l’opération. Les services de renseignement américains avait fait leur travaille ; Par conséquent, tout était prévu et il n’y eut pas de surprise. Mais le 13 novembre, la bataille dégénéra en mêlée générale, qui coûta quatre destroyers et deux croiseurs aux Américains, contre seulement un cuirassé et deux destroyers aux Japonais. Sans se laisser décourager, ces derniers revinrent à la charge les nuits suivantes, balayant de nouveau l’aérodrome de leur feu pendant trente-sept minutes. A l’aube, un avion qui allait décollé de la base de Henderson surpris les coupable et coula un croiseur. Mais pendant ce temps, puisque l’attention des Américains était détournée, le Tokyo Express en profita pour faire au moins dix navettes. Six eurent à affronter des attaques aériennes acharnées, tandisque les autres arbordèrent pour décharger.

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Une flottille japonaise se dirige vers Guadalcanal, qu’elle ravitaille de nuit en espérant bien échapper aux avions américains au lever du jour. Sortir trop tôt était aussi dangereux que de se faire prendre au petit matin. L’Asagiri en fit la cruelle expérience.

Les combats s’engagèrent et le croiseur Kirishima, écrasé par le feu du cuirassé Washington, ainsi que trois autres destroyers, deux américains et un japonais coulèrent, rejoignant ainsi les autres bateaux qui tapissaient le fond du détroit que l’on appelait déjà Ironbottom Sound (le détroit au fond de fer).

Les Américains dépassaient maintenant leur ennemi, avec 40 000 hommes, les Japonais n’en comptant que 25 000. Seul Tanaka pouvait empêcher le désastre. Ses destroyers n’étaient plus bon qu’à livrer le ravitaillement dans des conteneurs en caoutchouc que l’on jetait par-dessus-bord.

La nuit du 30 novembre, huit de ses destroyers bourrés de vivres et d’hommes, se trouvèrent face à face avec cinq croiseurs et six destroyers américains  qui venaient de Tassafaronga. Les Japonais, agguerris, réagirent d’instinct en les arrosants de torpilles, tandis que les Américains moins expérimentés, se firent repérer pour avoir trop compté sur les canons guidés par radar. Ils perdirent un croiseur. Quant aux Japonais, ils perdirent un destroyer, mais Takana ne se laissa pas décourager et continua à livrer son ravitillement, remportant ainsi la victoire tactique.

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Au début du mois de février 1943, les Japonais se résignèrent à abandonner Guadalcanal, et les destroyers de Tanaka revinrent, mais cette fois-ci pour évacuer les troupes qu’ils avaient ravitaillées avec tant d’assiduités. Les Américains opposèrent peu de résistance à ce retrait habilement dissimulé, et, le 7 février, il ne restait plus de la présence japonaise que des épaves.

Début décembre, le rytme des navettes augmenta, regroupant jusqu’à dix destroyers à la fois, mais le 12 décembre, le Teruzuki fut coulé par une vedette lance-torpilles. Parce que les navettes étaient peu fiables et dépourvues de couverture érienne, les japonais arrêtèrent leur activité navale pendant une période de pleine lune. A partir de ce moment-là le haut commandement japonais décida finalement d’évacué l’ïle, désormais imprenable, de Guadalcanal, et, le 14 janvier 1943, il ordonna à 6 00 hommes des corps d’élite de couvrir le retrait en assurant les arrières. L’évacuation, c’est à peine croyable, ne rencontra aucune résistance. En trois voyages, début février avec un croiseur et deux destroyers, Tanaka rapatria ses soldats jusq’au dernier.

Guadalcanal avait coûté aux Américains 1 600 hommes de troupe, mais encore plus de marines, et 23 000 hommes aux Japonais. Chaque camp a erdu vingt-quatre destrouyers ou utres navires.

 La chute d’Iwo-Jima

La prise d’Iwo Jima permit aux Américains d’atteindre deux objectifs : d’abord, ce fait d’arme permit à leur force aérienne d’accorder des escortes de chasseurs aux B-29 ; ensuite, la chute de l’île faisait entrevoir aux dirigeants japonais que les jours de leur empire étaient comptés.

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Iwo Jima, l’île défendue par un labyrinthe de tunnels, de caves et de fortins souterrains que, jusqu’au dernier homme, les Japonais défendront. Une équipe de démolition américaine fait sauter la superstructure d’un souterrain recouvrant trois étages de fortifications creusées dans le sol ; les défenseurs survivant seront enterrés.

A la fin de 1944, les commandants américains du théâtre du Pacifique se rendirent compte qu’une attaque de grande envergure contre l’île japonaise d’Iwo Jima se révélait d’une impériewuse nécessité.

L’importance stratégique de l’île

Malheureusement pour les Américains, le haut commandement japonais était grandement conscient de ces réalités stratégiques et avait réfléchi à la nécessité d’interdire tout accès d’Iwo Jima aux troupes américaines. Un officier d’état-major avait même suggéré l’élaboration d’un projet visant à couler  l’île dans l’océan (ou du moins la moitié qui contenait l’aérodrome principal), arguant du fait que l’aviation et la marine japonaises avaient subi des pertes significatives, ce qui rendait aléatoire une défense efficace. Le projet n’était pas si loufoque puisque, après tout, Iwo Jima n’est longue de de 8 km et large de 4 km, et que son point culminant (le sommet du mont Suribachi) ne culmine qu’à 168 m.

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Les forces américaines savaient ce qui les attendait à Iwo Jima. C’est pourquoi les bombardements de saturation commencèrent dès novembre, alors que le débarquement n’était pas prévu avant février. Les bombardements par l’artillerie de marine ainsi que par l’aviation s’intensifièrent dans les jours précédents l’assaut.

Cette suggestion ne fut toutefois pas retenue mais, en juin 1944, un général très en vue Kuribayashi, fut envoyé dans l’île pour en organiser la défense. On lui fit nettement comprendre que, en cas d’échec, il ne devait pas s’attendre à revoir sa famille et sa patrie. Les 14 000 vétérans qui le rejoignirent à Iwo Jima au cours des mois suivants reçurent la même directive. Mais comme ces soldats disposaient d’une artillerie lourde et moyenne, de batteries antiaériennes, de mitrailleuses lourdes et légères, de mortiers et de chars, avec des munitions en abondance, leur moral ne fut en rien influencé par la perspective de vaincre ou de mourir sur place.

 Des Bunkers et des tunnels

C’est avec une volonté d’acier que ces hommes se mirent au travail, ils enterrèrent leur artillerie profondément dans le sol et construisirent des lignes de défense succèssives sur toute la largeur de l’ïle. Ils relièrent aussi la plupart de leurs points d’appui par des souterrains, travail qui fut facilité par la configuration géographique d’Iwo Jima, faite de roches volcaniques légères, facile à creuser et demeurant solides quelque soit la profondeur des galeries. En mars 1945, environ 4,800 km de souterrains parcouraient la moitié septentrionale de l’ïle.

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Les chenillés amphibies de débarquement, manœuvrés par des équipages appartenant à l’US Coastguard, amènent la 4e division des marines sur la plage d’Iwo Jima. Les Japonais avaient décidé de ne pas riposter au cours des premières phases de débarquement ; Ils opposèrent ensuite une résistance farouche.

Pour les défenseurs, ce fut bien utile car, en vue de ramolir cette défense avant le débarquement, l’US Navy et l’US Air Force procédèrent à un bombardement massif de l’ïle. C’est la marine US qui déclancha la bataille en pilonnant les positions japonaises dès novembre 1944 avec le feu de six destroyers et de quatre croiseurs lourds. Ceux-ci crachèrent leurs obus pendant toute une matinée. L’opération fut répétée à intervalles réguliers jusqu’en février. Le 8 décembre, des Consolidated B-24 et des North American B-25 commencèrent un bombardement intensif qui dura soixante- douze jours. Le point culminant de cette action eut lieu le 19 février avec l’attaque de cent vingt appareils, venus des porte-avions qui lâchèrent des bombes au napalm sur les terrains situés juste au-delà des plages de débarquement prévues. Après ce déluge de feu, le bombardement se limita au tir de barrage.

Quatre cent cinquante bâtiments de la Ve flotte US mouillaient au large de l’île à l’aube du 19 février. Autour d’eux et entre eux, grouillaient quatre cent quatre-vingt-deux péniches de débarquement, de tous les modèles imaginables, transportant les soldats de huit bataillons de marines. A 9 h 02 mn, la première vague toucha les plages d’Iwo Jima. A gauche, il y avait les compagnies de la 5e Division des marines. A droite, celles de la 4e Division.

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La bataille pour Iwo Jima a été la plus sanglante que le corps des marines ait jamais dû livrer. Le paysage lunaire de cette île volcanique était truffé de grottes que les Japonais avaient renforcées et reliées à leurs fortins et fortifications par un réseau de souterrains. Depuis ce labyrinthe, la garnison nippone de 21 500 hommes commandés par le général Kuribayashi se battit avec courage et détermination. Cest avec difficulté que les marines avançaient vers l’intérieur, attaquant chaque fortin au lance-flammes.

Une résistance acharnée

Pendant les vingt premières minutes, il sembla que la marine et l’aviation avaient fait tout le travail des marines. Ceux-ci ne rencontraient qu’une résistance sporadique et clairsemée, en apparence totalement désorganisée. Mais quand les marines firent mouvement vers une petite crète de dune, il se déclencha contre eux un tir serré de mitailleuses et de mortiers, provenant de postes bien camouflés. Une pluie mortelle de balles et d’obus balaya systématiquement la bande de terrain longue de 1,600 km. L’opération la plus coûteuse que connut le corps de marines venait de commencer.

 Pendant quelques secondes, le choc soudain de ce déluge de feu déclanché par les Japonais cloua les marines au sol. Les réflexes acquis lors de l’entraînement, couplés à la réaction nécessaire face à une telle situation, galvanisèrent les Américains qui reprirent l’action. Ils ne pouvaient en aucun cas survivre en restant sur place. Ils ne pouvaient pas reculer non plus, car malgré le tir qui frappait dru la plage derrière eux, les péniches s’avançaient toujours, débarquant des compagnies de soutien qui s’accrochaient aux têtes de pont.

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Des hommes de la 5e division de marines somme les occupants d’une grotte de se rendre. Généralement, les défenseurs ignoraient ce type d’ultimatum. Les marines truffaient alors la grotte d’explosifs ou la remplissaient d’essence avant d’y jeter des substances incendiaires.

Les pelontons de tête foncèrent droit devant eux pour échapper à la pluie d’obus qui les talonnait ; ils arrivèrent ainsi devant les positions japonaises les plus proches. Ils en détruisirent quelques-unes, laissant les autres à leurs camarades des compagnies qui débarquaient. En moin d’une heure, ils avaient élargi leur tête de pont, large maintenant de 0,800 km. Sept bataillons au grand complet avaient débarqué avec l’essentiel de leurs équipements. Les patrouilles envoyées en avant venaient d’atteindre les abords de l’aérodrome principal et pouvaient apercevoir le second, près de la plage ouest.

Sans aucun doute, Kuribayashi avait commis une erreur fondamentale en permettant à cette première vague de marines de franchir la plage car, à la fin de la journée, 30 000 marines avec leurs armes et leur logistique avaient débarqué, avec la ferme intention de rester. Les pertes avaient été élevées (ce à quoi les Américains s’attendaient), mais la pression des troupes débarquantes et le désespoir des premiers débarqués les avaient conduits au franchissement de l’étranglement de l’ïle, ce qui isolait le mont Suribachi, avec sa garnison du gros des forces de la défense japonaise et permettait aux Américains de contrôler l’extrémité sud du principal aérodrome.

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Un marine dirige le tir de saturation d’une mitrailleuse pointée sur des positions japonaises le 9 mars 1945. Le dédale de tunnels et de souterrains permettait aux Japonais de faire irruption puis de disparaître avec une rapidité incroyable. Les Nippons savaient parfaitement que tant qu’ils restaient à proximité des marines, les Américains ne pouvaient se permettre un tir de saturation qui risquerait de tuer ou de blesser leurs propres soldats.

Le mont Suribachi fut enlevé au cours des quatre journées qui suivirent. La plus célèbre photo de l’histoire américaine, montrant le drapeau étoilé hissé au sommet hissé par une section de marines sur le sommet de cette élévation,  a été pris prise le 23 février. A partir de ce momment, une bataille sauvage s’engagea avec l’assaut des marines contre les lignes de défense du nord. A la baïonnette, au fusil, au lance-flammes et à la grenade, l’affrontement dura vingt et un jours. Les défenseurs japonais se battaient au départ de positions bien enterrés et leur tactique était d’attendre bien à l’abri que les marines soient à une distance de 45 m ou moins avant de se servir de leurs pièces et de trahir leur position puis de disparaître après un  (spasme) violent de bataille rapprochée, de bataille qui coûtait cher.

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Le regard des mille miles. La flexité du regard de ces marines revenant de la ligne de front témoigne éloquemment de la férocité des combats. La résistance des Japonais à Iwo Jima donnait aux Alliés un avant-goût de ce qui les attendait s’il leur prenait l’idée d’envahir le Japon proprement dit.

Les tunnels des Japonais 

Sans cesse, les marines pénétraient dans des zones laminées en apparence par les barrages d’artillerie. Soudainement, un tir de canons les surprenait, provoqué par les défenseurs retranchés dans des positions quasi invisibles. Puis, après une demi-heure de combat acharné, ils prenaient d’assaut la position pour n’y trouver que quelques cadavres japonais et, parfois, une mitrailleuse hors d’usage. Et s’ils poursuivaient leur avance, le poste reprenait vie pour les canarder par derrière : les défenseurs étaient revenus par les tunnels.

Au dixième jour de l’opération, bon nombre de formation de marines avaient perdu la moitié de leurs effectifs. Malgré le débarquement de la 3e division de marines, toutes les forces américaines se virent bloquées dans un réseau de positions défensives au nord de l’ïle. Des ensembles de fortins souterrains leur faisaient face, ainsi que des labyrinthes de caves. Ce n’est que cent quatre-vingt-neuf jours après le débarquement que les premières patrouilles de marines purent atteindre la plage nord-est de l’île. A partir de ce moment, il fut possible de scender en portions le terrain toujours tenu par les Japonais et de les grignoter une à une jusqu’au moment ou la résistance fut totalement éliminée. La nuit de 25 au 26 mars, les derniers défenseurs hurlèrent leur ultime Banzai en chargeant les Américains. Le matin suivant, les corps de trois cents serviteurs féaux de l’empereur jonchaient le sol devant l’entrée de la dernière position qu’ils avaient héroïquement tenue.

 

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Le mont Suribachi surplombe le paysage lunaire d’Iwo Jima que les mortiers américains pilonnent les positions nippones. La garnison a lutté presque jusqu’au dernier homme, et le corps du commandant japonais au courage et à la détermination inflexible, le général Kuribayashi, n’a jamais pu être retrouvé

A ce moment, les premiers B-29 atterrissaient sur le principal aérodrome de l’île. A la fin de mars, des escadres de P-51 les rejoignirent pour assurer leur escorte contre le Japon. Cette bataille constitua un pas décisif dans la défaite du Japon. Le corps des marines y avait perdu 6 821 tués et trois fois autant de blessés. Des 23 000 Japonais qui étaient dans l’île au moment des premiers débarquements, seul 1083 hommes furent fait prisonniers ; la plupart d’entre eux étaient grièvement blessés. Ces Japonais venaient d’écrire une nouvelle page de gloire militaire.

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Rudy Mbemba-Dya-Bô-Benazo-M... |
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