LES PROCÈS DE 1945-1948

27 juillet 2014

ASSAUT DE TARAWA

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 5 h 21 min

Le débarquement sur Tarawa constitua l’une des opérations les plus difficiles que les Américains eurent à mener pendant la guerre du Pacifique. Totalement exposés au feu de l’ennemi, les marines, qui n’avaient pu prendre place à bord des véhicules amphibies chenillés de la première vague d’assaut, durent marcher dans l’eau sur près d’un kilomètre avant d’atteindre les plages.

Tarawa se présente comme un récif de corail sbmergé affectant grossièrement la forme d’un arc, récif dont seule une partie émerge des vagues pour former plusieurs îlots recouverts de broussailles et de palmiers. L’arc renferme on lagon dans lequel il n’est possible de pénétrer que par un seul chenal, à l’extrêmité nord de l’archipel. L’aérodrome et le gros des forces japonaises se trouvaient sur Betio, l’îlot le plus roche du chenal. Long de 4 800 m, Betio constutua tout naturellement l’objectif principal des Américains.

Avant d’atteindre les plages, la force de débarquement (commandée par le contre-amiral Harry Hill et le général Julian Smith, chef de la 2nd Marine Division) allait devoir franchire une barrière de corail offrant un tirant d’eau maximal de 1,05 m. Les LCVP (embarcations d’assaut) qui allait transporter ne serait-ce que le matériel nécessaire à l’opération avaient quelque chance de passer, en raclant peut-être le fond de l’eau de leur quille, si elles n’étaient pas trop lourdement chargées. En revanche, les LCM (barges de débarquement) utilisées pour le transport des véhicules et des chars légers seraient remarquablement stoppées.

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Un grand nombre de véhicules amphibies américains furent stoppés par le dispositif de défense érigé par les Japonais et ne parvinrent pas à se frayer un chemon vers l’intérieur de l’île.

 Les LVT entrent en scène

Les seules embarcations disponibles dans le Pacifique à la fin de l’année 1943, susceptibles d’épargner aux marines une longue marche d’approche dans les haut-fonds de Tarawa, sous le feu de l’ennemi, étaient les LVT (Landing Vehicules Tracked), utilisés jusque-là pour le ravitaillement de têtes de pont déjè solidement établies. Si les LVT 1 étaient entièrement dépourvus de blindage, les LVT 2 (au nombre d’une cinquantaine) étaient légère- ment blindés et armés de deux mitrailleuses (une de 7,62 mm et une de 12,7 mm). L’opération fut répétée plusieurs fois avec les véhicules disponibles, et des tôles à chaudières furent montées sur les côtés et l’avant de certains LVT 1 les tirs d’apui-feu étant censés supléer à l’inefficacité de ce type de protection.

Le commandant japonais, le contre-amiral Shibasaki, ayant tout naturellement disposé son armement lourd et ses principales fortifications face à la pleine mer. L’amiral Hill et le général Smith décidèrent de faire débarquer leurs hommes à l’intérieur du lagon. Des photographies aériennes prises par des avions de reconnaissance devaient cependant révéler que même ce secteur était puissamment défendu : le fond du lagon était parsemé d’obstacles sous-marins (mines-pièges, piquets) et un véritable mur de rondins de cocotiers, haut de 1,20 m bordait le litoral, des postes de mitrailleuses judicieusement placés interdisant à d’éventuels assaillants de l’utiliser comme abri.

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Cloués au sol par des tirs provenant d’un blockhaus japonais, des marines assistent à la prise d’assaut de la position ennemie par un commando spécialement entraîné.

Le 13 novembre 1943, la Task Force 52 quitta Efate, dans les Nouvelles- Hébrides. Après avoir rattrapé, le 17 novembre un groupe de navires partis en avant avec les LVT 2, elle arriva à 10 km de Betio le 20, aux premières heures du jour. Les canons du navire amiral, L’USS Maryland, de deux autres cuirassés et desix croiseurs de la flottille engagèrent bientôt un duel d’artillerie avec les batteries côtières nipponnes, tandis que les détachements d’assaut des 2nd  et 8th  Marine Regiment quittaient déjà les navires descendant le long des gros filets de débarquement ; la première vague s’embarqua sur les LVT, la deuxième et la troisième sur les LCVP, et la quatrième sur les barges déjà chargées de matériel. Conduite par des dragueurs de mines et secorté de deux destroyers, la flotte de débarquement se dirigea vers l’étroit chenal au nord de l’archipel. Il faisait encore nuit lorsque les premières embarcations pénétrèrent furtivement dans le lagon et s’alignèrent face aux plages.

Raids de mitraillage

Quelques instants plus tard, aux premières lueurs du jour, des avions embarqués de l’Us Navy venantt de l’ouest surgirent à l’horizon. Pendant près d’une demi-heure, ils devaient mitrailler l’île, concentrant leurs tirs sur l’aérodrome et sur les moindres signes de présence ennemie. Lorsque les appareils s’éloignèrent vers le soleil levant, la batterie des navires postés au large entrèrent en action, noyant betio sous une grêle d’obus. Un épais nuage de fumée mêlée de pussière recouvrit bientôt l’île et le lagon, ralentissant considérablement la progression des LVT vers trois plages (Red 1, Red 2, et Red 3), qui constituaient les objectifs de la première vague.

Les premiers marines à prendre pied sur l’île furent ceux du petit détachement d’éclaireurs et tireurs d’élite du lieutenant Hawkins, chargé de prendre d’assaut la longue jetée séparant les plages Red1, Red 2, et Red 3, de neutraliser ses défenseurs et d’y s’accrocher jusqu’à l’arrivée des premières embarcations. Dissimulé par la fumée, le LCVP du commando s’échoua sur la barrière de corail à quelques dizaines de mètres de l’extrémité de la jetée. Hawkins et ses hommes s’élancèrent alors vers leur objectif, empruntant la rampe construite comme à leur intention par les Japonais le long de la jetée. Faisant immédiatement feu, les assaillants cherchèrent à s’abriter derrière les barils d’essence qui étaient empilés sur le quai (deux de ces derniers explosèrent pendant le combat). Les baraquements ou s’étaient retranchés les défenseurs furent attaqués aux lance-flammes, et l’incendie qui se déclara subséquemment détruisit une partie de la jetée. Cette dernière tomba peu après entre les mains des marines, qui avaient tué au cours de l’action une douzaine de soldats japonais. Entre-temps, les premiers LVT avaient franchi la barrière de corail et s’approchèrent déjà des plages dans un échange de tirs extrêmement nourris. A 9h10, les marines de la première vague descendirent des véhicules amphibies et se ruèrent vers les palissades de rondins bordant le front de mer. Une fois les postes de mitrailleuses côtiers anéantis par les obus tirés depuis les destroyers de l’escorte, les marines s’enterrèrent dans le sable, tirant sur tout ce qui bougeait à l’intérieur des terres, et attendaient la seconde vague.

Comme on pouvait s’y attendre, les LCVP et LCM avaient tous été stoppés net par la barrière de corail ; les fonds étaient encore plus hauts que prévu, et seules des embarcations à chenilles pouvaient aller de l’avant. Les soldats n’eurent d’autre ressource que de se laisser glisser dans l’eau et d’entamer une longue et pénible marche vers les plages. Leur progression freinée par l’eau qui leur arrivait à la ceinture, les marines étaient totalement exposés aux tirs ennemis. Avançant dans le lagon rougi par le sang des blessés et des morts, les assaillants furent cependant de plus en plus nombreux ; rien ne pouvait arrêter leur marche vers la côte.

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Photographié au lendemain de la bataille, ces cadavres de soldts japonais gisent parmi les débris d’une casemate. Sur les 4 836 hommes que comptait la garnison japonaise, 4 690 furent tués ; seulement 17 soldats nippons et 129 auxiliaires coréens furent fait prisonniers par les Américains.

Une résistance acharnée

Cloués au sol sur les plages, les hommes ne progressèrent que très lentement vers l’intérieur de l’île. Les Japonais restèrent longtemps invisibles, seules les langues de feu jaillissant des nombreuses casmates dissimulées sous les broussailles trahissaient leur présence. Chacun de leurs mouvements plaçait les assaillants dans une ligne de tir différente, et le nombre des morts et des blessés crût à un rythme inquiétant. Le colonel Davids Shoup, qui dirigeait l’assaut prit pied sur la plage Red 2 peut après midi ; son premier message à l’amiral Hill allait indiquer : Issue des combats incertaine. Le sort des armes devait cependant très vite pencher en faveur des Américains, notamment aprè l’arrivée des premiers chars légers.

Tout au long de la journée, de nouvelles vagues d’hommes vinrent renforcer la tête de pont. Déchargée sur ce qui restait de la jetée, les premières pièces d’artillerie furent acheminées vers les unités les plus exposées au feu roulant de l’ennemi. A la tomber du jour, ce dernier aurait déjà perdu  tout espoir de rejeter les assaillants à la mer. Il ne tenta aucune contre-attaque pendant la nuit qui suivit (le bombardement avait détruit le réseau de communication), le lendemain, (21 novembre) au matin, un autre bataillon de la 8th Marine Division débarqua à son tour, après avoir passé la nuit éprouvante au large à bord de ses LCVP.

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Venant de prendre pied sur la plage de Tarawa, ces marines regardent un F6F Hellcat de l’Us Navy mitrailler les positions japonaises de l’intérieur de l’île. On aprçoit à l’arrière-plan plusieurs LVT.

La force de débarquement disposait désormais d’obusiers de bât, et les destroyers pilonnaient avec de plus en plus de précision les fortifications ennemies. Opérant une percée, deux compagnies de marine traversèrent l’aérodrome et atteignirent la côte orientale de l’île, ou ils se retranchèrent. Dans le même temps, l’ensemble de la côte occidentale de Betio passa sous le contrôle des Américains, ce qui permit à d’autres bataillons de Crète, en 1941, après que les parachutistes allemands se furent emparés de l’aérodrome de Maleme : les assaillants pouvaient recevoir des renforts en nombre toujours croisant, tandis que les défenseurs se trouvaient progressivement isolés et contraints à la reddition.

La contre-attaque de la dernière chance

L’avant-dernier jour de la bataille, les Japonais tentèrent enfin une sortie. Débouchant en masse de leurs casemates souterrainnes, 500 hommes se lancèrent à l’assaut de la position tenue par une compagnie de marines. Les pertes devaient être effroyables d’un côté comme de l’autre. Bénificiant désormais de la supériorité numérique, les Américains finirent par venir à bout de l’ennemi. Le lendemain matin, la 2nd Marine Division acheva de nettoyer l’île, anéantissant les derniers îlots de resistance au cours d’une action combinant chars et infanterie. Le 23 novembre à 13h12, le général Smith déclara Betio conquise.

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A demi-protégé par des sacs de sable, un marine lance une grenade en direction d’une position japonaise. La conquête de Tarawa, puissamment fortifiée par les Japonais, coûta très cher aux Américains: plus de 1000 marines tués et 2000 blessés.

Les troupes japonaises et coréennes défendant les autres îlots de l’archipel furent rapidement neutralisées, même si les soldats nippons, pour leur part, combattirent pratiquement jusqu’au dernier ; seulement 17 d’entre eux, blessés, furent capturés vivants, les 129 autres prisonniers étant tous coréens. Sur les 4 836 hommes que comptait la garnison de Tarawa, 4690 étaient morts au combat. Dans l’autre camp, plus d’un millier de marines furent tués et il y eut plus de 2 000 blessés.

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Scène de désolation au lendemain des premiers débarquements sur Tarawa: stoppés par les pieux plantés sur les plages de l’île par les japonais, ou détruits par l’artillerie ou les mines ennemies, des LVT américains jpnchent le bord de mer. Le débarquement de Tarawa constitua, dans sa première phase, l’une des opérations amphibies de l’US Navy les plus coûteuses de la guerre.

LES LVT À PELELIUS

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 5 h 14 min

L’archipel des Palaos était défendu en 1944 par 30 000 soldats japonais (dont les hommes de la 14e division, unité d’élite), tous commandés par le général Sadao Inoué. Peleliu, l’île principale, et son aérodrome étaient tenus par un tiers de ces effectifs. La conquête de cette position stratégique devait incomber à la 1st US marine Division embarquée sur des véhicules amphibies LVT.

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Peleliu est une petite île de l’archipel des Palaos, situé à 725 km au sud-est des Philippines. Son importance stratégique résidait en 1944 dans son aréodrome, tenu par les Japonnais.

En septembre 1944, date du débarquement américain sur Peleliu, les US Marines jouissaient déjà d’une bonne expérience des opérations amphibies. Îles de l’archipel des Palaos, situé à 725 km au sud-est des Philippines, Peleliu constituait à ce stade de la guerre l’un des derniers bastions japonais dans le Pacifique occidental.

Comme tant d’îles prises d’assaut par l’US Marine Corps entre 1943 et 1945, Peleliu était entourée d’une barrière de corail ; peu accidentée, l’île proprement dite était dominée par une crête centrale et un ensemble de collines à l’une de ces extrémités. Son intérêt stratégique résidait essentiellement dans son aérodrome, transformé par les forces aériennes nipponnes en une véritable base au lendemain de la destruction de leur G.Q.G. de Truk.

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Bien qu’appuyés au cours de leur approche par les avions embarqués de l’Us Navy, Les LVT furent sévèrement mis à mal par les batteries d’artillerie nipponnes installées sur Peleliu. Une fois sur les plages, les marines américaines progresseèrent avec beaucoup de difficultés vers l’intérieur de l’île. Les marines s’attendaient à conquèrir Peleliu en moins de deux jours, mais les Japonais réussirent à tenir les collones d’Umurbrogal pendant près de deux mois et demi.

La date de l’opération avait été fixée au 15 septembre 1944. La tâche s’annonçait particulièrement ardue : parsemée de casemates et puissamment fortifiée, l’île était tenue par plus de 10 000 soldats japonais. Un réseau de tunnels et de tranchées avait été pratiqué dans le corail, et plusieurs rangées de fossés antichars, couplées avec un dispositif complexe d’obstacles et de mines installé juste au-dessous du niveau des hautes eaux, rendaient très difficile un débarquement sur les plages. Enfin, les épaisses broussailles et les mangroves couvrant la plus grande partie de sa superficie faisaient de Peleliu une véritable forteresse naturelle.

L’expérience des Marines 

Les Marines étaient prêts à relever le défi posé par Peleliu. Aguerris par les terribles combats de Guadalcanal en 1942 et de Tarawa en 1943, les soldats américains avaient appris à prendre d’assaut les îles les mieux défendues. Ils bénéficiaient pour ce faire de plusieurs atouts, à commencer par la formidable puissance de feu de L’US Navy, des canons de gros calibre de ses cuirassés postés au large à l’appui au sol fourni par ses chasseurs embarqués attaquant à très basse altitude. Les chars embarqués sur les plages dans le silage des véhicules amphibies leur fournissaient également un appui précieux pendant les premières phases de leurs attaques. La coordination de ce type d’opératon, les différentes unités composant la force de débarquement durent compter essentiellement sur leur expérience et leurs dons d’improvisation pour surmonter les difficultés. Elles allaient disposer par ailleurs d’un nombre insuffisant de navires : plusieurs bâtiments entrèrent en collision pendant le trajet d’approche, et plusieurs chars durent être laissés en arrière.

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Des marines américains de la première vague d’assaut tentent d’établir une tête de pont sur Peleliu. L’opération opposa une division entière de marines à plus de 10 000 soldats retranchés.

Les débarquements furent précéder comme l’habitude par le bombardement naval de l’île. Bien qu’ayant duré trois jours, ce dernier eut peu d’effet, les défenseurs ayant trouvé refuge dans leurs abris et tunnels souterrains. Les soldats japonais, en fait, connaissaient parfaitement la tactique militaire utilisée par les Américains ; lls s’avaient notamment qu’ils auraient à sortir de leurs caches pour affronter les premières vagues de marines

Dès la fin du bombardement. C’est à ce stade de l’opération que les avions d’appui au sol de l’US Navy étaient censés intervenir pour neutraliser les défenses ennemies et ainsi, permettre à l’avant-garde des assaillants d’établir les premières têtes de pont. À Peleliu, les raids aériens et les premiers débarquements ne purent être coordonnés, l’obstacle sous-marin disséminé au large des plages ayant considérablement freiné l’avance des véhicules amphibies et embarcation, d’assaut (Les équipes de plongeurs dépêchés en avant de la force n’ouvrirent que quelques chenaux). Venant en première ligne, les LVT, chargé à ras de bord de fantassins, furent sévèrement mis à mal.

À l’extérieur de la barrière de corail, les véhicules amphibies avaient pu progresser sans trop de difficultés ; ce n’est qu’une fois qu’ils furent entrés dans le lagon que les choses se gâtèrent. Si certains LVT furent immobilisés par les obstacles sous-marins, d’autres sautèrent sur les mines et les bombes d’avions, dissimulées dans un enchevêtrement inextricable de pieux et de fils barbelés. Pour couronner le tout, les assaillants étaient soumis depuis l’île à des tirs de mortiers et de mitrailleuses intenses. Les véhicules qui réussirent à atteindre les plages furent arrêtés par les fossés antichars. Subissant de lourdes pertes, les unités embarquées sur les LVT passèrent à l’assaut dans la plus grande confusion.

Les LVT ouvrent la voie

Pour la première fois dans une opération amphibie de l’US Marine Corps, la vague d’assaut initiale comprenait des chars embarqués sur des barges.

Lors du débarquement sur Peleliu, les LVT furent même utilisés pour conduire les blindés jusqu’à la côte. Les barges qui suivaient les véhicules amphibies, ne débarquèrent leur chargement que lorsque ces derniers, cessant de flotter, touchèrent le fond de l’eau avec leurs chenilles (dans le cas contraire, elles firent marche arrière et gagnèrent un autre point du littoral, à la recherche de hauts-fonds).

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Ce LVT est équipé d’une superstructure rehaussée de deux postes de mitrailleurs blindés sur trois côtés. Visant à une protection accrue des troupes de débarquement, des aménagements de ce type devinrent monnaie courante dans les derniers mois de la guerre du Pacifique.

Cette méthode simple permit à un très grand nombre de chars de débarquer sur les plages, les fantassins  bénéficiant ainsi d’un appui-feu direct plus important. Certains des LVT de tête furent également employés pour transporter les munitions nécessaires aux tanks.

Ces derniers ne furent pas les seuls à appuyer les marines dans leur progression. Parmi les véhicules amphibies figuraient un certains nombre de LVT (A), version du LVT armée d’un obusier de 75 mm (ou d’un canon de 37 mm) monté dans la tourelle. Bien que faiblement blindés et, de ce fait, très vulnérables, ces véhicules jouèrent un rôle crucial dans l’intervalle de temps qui précéda le débarquement des premiers chars. Autre innovation, quelques LVT avaient été équipés pour l’occasion de lance-flammes. Censés figurer dans chacune des premières vagues, ces véhicules furent cependant tous stoppés par des obstacles sous-marins japonais ; ce n’est qu’au troisième jour de la bataille qu’ils commencèrent à rejoindre les combats.

Orage de feu

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Ces marines s’apprêtent à prendre d’assaut une position japonaise sur l’une des collines de l’île. Le fait que l’un des soldats puisse lancer à la main une bombe à essence sur l’ennemi indique à quel point les combats sur Peleliu étaient rapprochés.

Pris sous des orages de balles, d’obus et de bombes, les marines débarquèrent dans la plus extrême confusion. Tout au long de la progression des LVT vers les plages, les cuirassés de l’US Navy en station au large ne cessèrent de faire pleuvoir, dans un bruit d’enfer, des obus de gros calibre sur le cœur de l’île, plus près de la côte chaque LVT faisait feu de ses trois mitrailleuses sur tout ce qui offrait l’apparence d’une cible, lorsqu’il ne touchait pas lui-même une mine ou une charge sous-marine. Sur les plages, les fossés et les murs antichars contraignirent la plupart des soldats à descendre des LVT et à continuer à pied, exposés aux tirs nourris des défenseurs.

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Le ponton de flottaison de ce char léger amphibie Ka-Mi Type 2 reposes sur le sol après avoir été démonté. Noter les dimmensions de ce composant. Le camion est le Nissan 180 de 2 tonnes, qui fut construit pendant les dernières phases de la guerre.

Un grands nombre de véhicules amphibies s’étant trop éloignés des points de débarquement, les marines perdirent un temps précieux à se regrouper avant de pouvoir aller de l’avant.

Une certaine cohésion malgré tout par émerger de la confusion régnat sur les plages, le commandement américain reprenant progressivement le contrôle de la situation. Le 15 au soir, les marines allaient tenir une tête de pont profonde de 450 m et large de plus de 2,5 km. Le lendemain, un flot continu de LVT amènera aur Peleliu renforts et matériels. Offrant un spectacle de désolation, les plages, cependant, étaient jonchées de carcasses de chars et de véhicules amphibies. La progression des assaillants furent lente ; les combats, en effet, devaient durer jusqu’à la fin de novembre, les soldats japonais, retranchés dans les hauteurs de l’île, s’accrochant à chacune de leurs positions. Utilisés pour transporter vivres et muitions des navires à la côte, les LVT eurent un rôle à jouer jusqu’au dernier jour de la bataille.

26 juillet 2014

LE CANADA À HONG KONG

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 6 h 40 min

Le Canada, qui s’était fortement engagé dans la guerre contre l’Allemagne, ne fournit qu’un effort limité dans la guerre du Pacifique.

Le Canada répondit au déclenchement de la guerre avec le Japon en renforçant de façon significative ses défenses côtières du Pacifique, en venant à poster plus de 30 000 soldats, 14 escadrons d’aviation et plus de 20 navires de guerre en Colombie-Britannique. Les forces canadiennes collaborèrent également avec les États-Unis à expulser les Japonais des îles Aléoutiennes, au large de l’Alaska. Avant que le Japon ne capitule en août 1945, un croiseur canadien, le NCSM Uganda, avait participé aux opérations navales du Pacifique, deux escadrons de transport de l’Aviation royale du Canada (ARC) avaient transporté des approvisionnements en Inde et en Birmanie, et des spécialistes des communications avaient servi en Australie.

En février 1942, craignant une attaque japonaise sur la côte ouest de l’Amérique du Nord, le gouvernement fédéral évacua dans l’intérieur 22 000 Canadiens d’origine japonaise vivant en Colombie-Britannique. Certains fonctionnaires (et de nombreux habitants de la province) mettaient en doute leur loyauté. Cette décision, qu’expliquent aussi des motivations raciales et économiques, est demeurée jusqu’à ce jour très controversée.

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La bataille de Hong Kong 1941

Les envahisseurs japonais écrasent des soldats canadiens et d’autres nationalités défendant Hong Kong. En novembre 1941, le Canada envoya 1975 soldats pour contribuer à défendre la colonie britannique de Hong Kong. Bien qu’envoyés dans le cadre d’un plan visant à dissuader toute agression japonaise, les Canadiens n’étaient pas complètement équipés et entraînés. Le 7 décembre 1941, le Japon entra en guerre avec une série d’offensives couronnées de succès en Asie et dans le Pacifique. Les Japonais envahirent Hong Kong le 8 décembre et se rendirent maîtres de ses maigres défenses en 17 jours.

Dans leur premier combat terrestre de la guerre, les soldats canadiens se battirent vaillamment dans une lutte brutale et inégale. Les pertes furent lourdes : 290 tués au combat et des centaines de blessés. Les survivants furent tous faits prisonniers. Victimes de malnutrition, de maladie, d’épuisement et de divers sévices, près de 300 autres Canadiens moururent en captivité.

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Le contingent canadien à Hong Kong, 1941

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Fantassins canadiens

Le 30 août 1945

Sur la rive de Kowloon, à Hong Kong, alors que des spectateurs chinois applaudissent et crient de joie, l’équipage du navire antiaérien NCSM Prince Robert (F56, Capitaine W.B. Creery) amarre le navire au quai Holt. Ayant subi un carénage à la cale sèche de Burrard, à Vancouver, où il a été gréé pour la guerre totale avec le Japon, le Prince Robert est maintenant le navire le plus moderne de la MRC, étant doté d’un système d’alerte aérienne longue portée, d’un système amélioré de détection de surface, d’un radar de navigation, de radars altimétriques stabilisés, d’un système de tir automatique dans son télépointeur arrière ainsi que d’un centre d’information de combat. Pendant l’installation de ces systèmes, l’équipage du navire suivait un entraînement de commandos à Comox. Après tous ces préparatifs, le Prince Robert ne verra plus de tir hostile : le largage de bombes atomiques sur les villes de Nagasaki et d’Hiroshima a convaincu l’empereur Hirohito de capituler avant le déploiement d’impressionnantes flottes d’invasion alliées, comprenant notamment le Prince Robert.

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Le 16 Septembre 1945 : Des prisonniers au camp de prisonniers de guerre Shamshuipo, à Kowloon, écoutent les dernières nouvelles diffusées à la radio.

Le Prince Robert se trouve maintenant à Hong Kong, au sein d’une flottille britannique ayant une mission qui rappelle celle de l’avant-guerre quand elle servait de paquebot : l’évacuation des survivants de la Force C (les Royal Rifles of Canada et les Winnipeg Grenadiers), détenus au camp de prisonniers de guerre Shamshuipo depuis bientôt quatre ans. Par coïncidence, le  Prince Robert est l’un des navires ayant transporté la Force C jusqu’à Hong Kong, en novembre 1941, afin qu’elle puisse se joindre à la garnison britannique de la colonie.

Seule une fraction des 1 685 survivants canadiens de la bataille de Hong Kong se trouvent à Shamshuipo, puisque les prisonniers de guerre les plus forts dont 1 183 Canadiens ont été transportés jusqu’au Japon, où ils étaient exploités dans l’industrie lourde. (Pour y être transporté, le prisonnier devait être en mesure de traverser la rue.) Les conditions de vie à Shamshuipo se sont améliorées à mesure que le nombre de prisonniers diminuait et lorsque les Japonais ont accepté que les prisonniers reçoivent des paquets de la Croix-Rouge, mais à cette époque, le mal était fait. Peu importe la norme objective imposée, les derniers prisonniers de Shamshuipo sont très mal en point, ayant souffert de malnutrition aiguë, de négligence et d’abus, et ayant été atteints de diverses maladies, notamment de maladies de carence telles que le béribéri et la pellagre.

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Une vue de l’est de Hong Kong prise du NCSM Prince Robert, 19 novembre 1941.

Dès que possible après l’accostage du navire, le Capt Creery envoie une compagnie de débarquement à Shamshuipo, où elle est accueillie avec un enthousiasme exalté. Les marins sont fort impressionnés par le moral et la discipline des prisonniers, mais horrifiés par leur état physique. Puisque le Prince Robert doit rester à Hong Kong pendant au moins trois semaines, seuls les prisonniers les plus en forme s’y rendent; les prisonniers sur civière sont transportés jusqu’au navire-hôpital Oxfordshire, tandis que les prisonniers capables de marcher « se rendent à pas hésitants (selon le médecin-chef) jusqu’au navire converti Empress of Australia. Ces derniers se rendent directement à l’hôpital, à Manille, où ils sont réunis avec leurs camarades, qui avaient été transportés jusqu’au Japon.

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Le 20 octobre 1945 : Le NCSM Prince Robert  arrive dans le port d’Esquimalt avec à son bord des membres de la Force C ayant survécu à 45 mois de détention dans des camps de prisonniers de guerre japonais.

À bord du  Prince Robert, les matelots vident leurs poches, leurs casiers et les garde-manger du navire dans un effort de compenser pour des années d’abus et de privation, et apprennent parfois trop tard qu’un retour trop brusque aux habitudes alimentaires canadiennes peut faire plus de mal que de bien. Le 20 septembre, soit quatre jours après la capitulation officielle de la garnison japonaise à Hong Kong, le PRINCE ROBERT prend la mer pour Manille et Esquimalt, où il arrive le 20 octobre. Les soldats sont immédiatement pris en charge par des hôpitaux militaires, où ils entreprennent une longue guérison, alors que le ministère des Anciens combattants tâche par tous les moyens de les aider malgré une méconnaissance généralisée de la profession médicale et des effets à long terme des abus et de la négligence endurés par les victimes. Au cours des 20 années suivantes, on enregistre une forte incidence de décès inexpliqués chez les 1 418 vétérans canadiens de Hong Kong, alors que leur espérance de vie est de 10 à 15 années inférieures à la moyenne des hommes canadiens de leur génération.

 

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Groupe de prisonniers canadiens and britanniques attendant d’être libérés par l’equipage du NCSM Prince Robert.

En Août 1945. Deux bombes d’une puissance formidable mettent un terme à la Deuxième Guerre mondiale. Trois mois après la capitulation de l’Allemagne nazie, le Japon dépose les armes. Toutefois, la guerre n’en est pas pour autant terminée pour l’équipage du NCSM  Prince Robert. À peine la nouvelle annonçant la fin des hostilités est reçue par ce navire auxiliaire antiaérien qu’arrive un ordre de mission l’enjoignant de quitter immédiatement Sydney (Australie) pour gagner la colonie britannique de Hong Kong afin de rapatrier les prisonniers de guerre canadiens.

Voyage vers l’enfer

En compagnie du transport Empress of Australia, le navire met le cap sur cette colonie où, quatre ans plus tôt, s’est déroulé l’un des plus grand drames de notre histoire militaire. Pour le  Prince Robert, il s’agit d’un retour sur les lieux de la tragédie. En effet, le 27 octobre 1941, ce paquebot du Canadian National converti en croiseur auxiliaire et le HMS  Awatea avaient embarqué les 1975 officiers et soldats du Winnipeg Grenadiers (Winnipeg) et du Royal Rifles of Canada (Québec) et avaient tous deux rallié Hong Kong. Quelques semaines plus tôt, le gouvernement canadien, à la demande de Londres avait accepté d’y envoyer deux bataillons. Le Japon se faisant menaçant, l’état-major britannique avait réussi à convaincre le premier ministre Winston Churchill de dépêcher des renforts dans cette colonie condamnée d’avance en cas d’attaque. Manquant de ressources, Londres considérait la participation canadienne comme un moyen de renforcer l’esprit d’unité au sein de l’empire britannique. Le Canada, sans demander une analyse de la situation militaire, avait rapidement accepté. Ottawa s’était fait dire que ses deux bataillons se borneraient à tenir garnison. Arrivés à Kowloon le 16 novembre, les Canadiens ont découvert les charmes de l’Orient et ont considéré cette affectation comme un cadeau du ciel : les risques de guerre semblaient réduits au minimum et un simple soldat pouvait y mener une vie de roi. Quant à l’équipage du Prince Robert, il a repris la mer une fois cette mission terminée.

Les Japonais attaquent

Lors du raid contre Pearl Harbour, la colonie de Hong Kong a été également attaquée par surprise par les Japonais le 8 décembre 1941. Après dix-sept jours de combats acharnés, les Canadiens, aux côtés de leurs alliés britanniques, chinois et indiens, ont capitulé le soir de Noël. Nos soldats ont déploré près de 300 tués et 50 blessés. Le bilan aurait été moins lourd si les Japonais n’avaient pas assassiné des blessés et des prisonniers. Les survivants ont par la suite affronté les abominables conditions de vie qui sévissaient dans les camps de prisonniers. Ils ont été affectés soit à la construction d’une piste d’atterrissage à Kai Tak (Hong Kong) ou dans les mines de charbon de Niigata (250 km au Nord-Ouest de Tokyo) ou au chantier maritime de Yokohama. Victimes de malnutrition, de maladies et de la violence des gardes, 260 Canadiens ont péri sous les coups de leurs bourreaux et faute de soins.

Le retour du Pince Robert

Le NCSM Prince Robert et l’Empress of Australia entrent dans le port de Kwoloon le 31 août 1945. Les équipages sont sur le qui-vive car ils apprennent que la garnison ignore tout de la capitulation du Japon. Rapidement, les hommes du Prince Robert libèrent 1 500 prisonnierscanadiens et alliés du camp de Sham-Shui-Po abandonné par ses gardes. Ils doivent également assurer l’ordre dans la ville de Kowloon oùdes pillards chinois profitent du chaos. Aucun incident grave n’est à signaler si ce n’est que quelques coups de semonce. Dans les jours qui suivent, un groupe de matelots, commandé par le m2 Paul-Henri Bouchard1, met la main sur le commandant du camp de Sham-Shui-Po : à bord d’une vedette, le colonel Tokunaga2 a rejoint le port de Kowloon où, flanqué de ses officiers, il s’est simplement constitué prisonnier. C’est également sans heurts que nos marins, une arme dans une main et un lexique anglais-japonais dans l’autre, procèdent à la capture de soldats japonais. Ce n’est que le 16 septembre que capitule officiellement la garnison japonaise et ce, heureusement, sans combat. L’amiral Cecil Harcourt reçoit la capitulation du vice-amiral Fujita et du lieutenant-général Tanaka. Le commandant du Prince Robert, le capitaine Wallace Creery, représente le Canada lors de la cérémonie. Le soir même, un gigantesque feu d’artifices marque l’événement. La guerre est vraiment finie !

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On rentre à la maison !

Les ex-prisonniers canadiens sont accueillis à bord des deux navires. À leurs côtés se trouvent une dizaine de missionnaires oblats qui ont aussi été gardés en captivité par les Japonais. Après avoir troqué leurs haillons pour des uniformes neufs, ils prennent la route du Canada avec un grand soulagement. Lors du voyage de retour, les hommes d’équipage fraternisent rapidement avec leurs camarades d’infanterie qui ont vécu un terrible calvaire. À bord, les soldats, qui n’ont plus que la peau et les os, ne pensent qu’à remplir leur panse. En dépit des ordres et du danger que courent les ex-prisonniers en se gavant ainsi, les matelots les laissent manger à leur guise. Si nos soldats en sont quittes pour de nombreux vomissements, aucun ne voit sa vie menacée suite à l’engloutissement de tant de nourriture saine et riche. Le navire gagne Esquimalt après avoir fait escale à Manille. Quant aux prisonniers de Yokohama et de Niigata, ils sont rapatriés par le cuirassé américain USS Wisconsin . Des centaines de familles se rassemblent pour accueillir les ex-prisonniers. Nombre d’entre elles sont folles d’inquiétude car elles n’ont reçu aucune nouvelle depuis décembre 1941. Comme s’ils n’avaient pas assez souffert, les soldats ont alors la pénible tâche d’informer plusieurs familles que celui qu’elles attendent ne reviendra pas. Ainsi, une des premières missions du Prince Robert  avait été de transporter ces combattants vers l’enfer, voilà que maintenant, par ironie du sort, sa dernière aura été d’en ramener les survivants qui, au cours de cette épreuve, ont découvert  les grandeurs et les bassesses de l’âme humaine.

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Groupes d’hommes rescapés des camps du japon

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Esao Tokunaga

Le colonel Tokunaga sera condamné à 20 ans d’emprisonnement pour crimes de guerre. Le major-général Tanaka sera condamné à 20 ans d’emprisonnement pour crimes de guerre.

LA BATAILLE DES ÎLES NÉERLANDAISES

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 5 h 58 min

Les Iles Néerlandaises

Au printemps de 1942 une fois leur position affermie aux Philippines et en Malaisie, les Japonais poursuivirent leur marche triomphale en Asie du Sud-Est. Mal préparés et disposant de faibles moyens, les Alliés perdirent rapidement la maîtrise de l’air et subirent coup sur coup de cuisantes défaites en Indonésie, en Papouasie et en Birmanie.

Les Forces alliées

Le 10 janvier 1942, un commandement allié regroupant toutes les forces militaires britanniques, néerlandaises, australiennes et américaines combattant en Asie du Sud-Est fut constitué sous le nom d’ABDA (American, British, Dutch, Australian) et confié au Field Marshal sir Archibald Wavell. La composante aérienne de I’ABDA, commandée par l’Air Chief Marshal R.E.C. Peirse, regroupait environ 310 avions de combat d’origines diverses.

160 appartenaient à l’aviation des Indes orientales néerlandaises du général Van Oyen, qui disposait de Martin 139W-H2, de PBY-5, de Curtiss Hawk 75A-7, de Curtiss-Wright CW-21 et de Buffalo B-339D.

Du côté britannique, des unités basées auparavant en Malaisie furent réunies au sein des 225th Bomb Group (Air Commodore H.J.F. Hunter) et 226th Fighter Group (Air Commodore S.F. Vincent.

La présence americaine dans ce secteur n’était assurée que par les 7th 13G et 43rd Bomber Group et le reste du 19th BG, placé sous le commandement du Major général L.H. Brereton. L’arrivée du curtiss P-40E en Australie devait cependant permettre la constitution d’une quatrième formation, le 17th Pursuit Group, dont certains éléments furent bientôt convoyés par mer à Surabaya depuis Darwin, via Kupang, Waingapoe et Bail. En janvier 1942, les B-17 des 7th et  l9th BG, bien que peu nombreux, fussent déjà engagés dans des missions à longue distance contre des objectifs japonais situés dans les Philippines. Décollant de Darwin ou de Malang, à Java, les avions américains se ravitaillaient en carburant à Samarinda, dans l’île de Borneo. Enfin, en plus des Squadrons 1 et 8 (GR), équipés de Hudson et basés à Sumatra, les unités australiennes engagées sur le théâtre insulindien comprenaient les Squadrons 2, 4, 7 et 13, stationnés à Darwin, Kupang et Arnboine-Laha.

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Ces artilleurs Australiens se servent d’un canon antiaérien de 94 mm MK2C lors de la défense de Darwin

Forces japonaise

Avec le transfert des 21e et 23e flottilles de l’aéronavale japonaise de Formose à Davao (dans les Philippines), au début du mois de janvier, l’offensive nippone en Asie du Sud-Est entra dans sa deuxième phase. La responsabilité des opérations préliminaires incomba au vice-amiral Nabutake Kondo, commandant du 2e Kantai. Chargée de mener l’offensive dans l’ouest de l’archipel, contre Sumatra, puis Java,

Le 1er détachement naval,du contre-amiral Jisaburo Ozawa allait bénéficier de la couverture aérienne  de la 22e flottille (Kokutai Mihoro et Genzan), du 3e Hikoshudan de l’aviation de l’armée La 21e flottille (1er Kokutai, Kokutai Kanov et une partie du Kokutai Tainan) allait quant à elle appuyer la Butai (force) centre dans sa progression vers Bornéo et Bali à partir de Mindanao, l’île la plus méridionale des Philippines.

Enfin, la Butai (vice amiral I. Takahashi) avait pour objectif les Célèbes et, plus au sud, Timor, Amboine et les autres îles de la Sonde orientales. Le transport d’hydravions Chitose et le porte avions léger Zuiho devaient participer à cette offensive, de concert avec la 23e flottille aéronavale, qui comprenait, entre autres, 1 Kokutai Takao et le reste du Kokutai Tainan. Les porte-avions de l’amiral Nagumo le Kaga, l’Akagi, le Hiryu et le Soryu devaient jouer un rôle de premier plan dans les attaques destinées à préparer l’invasion de Indes néerlandaises.

La campagne débuta le 11 janvier 1942, avec les débarquements à Tarakan (Bornéo) et Manado (Célèbes).

À Manado, trois cent vingt-quatre hommes du 1er Yokubetsu-Riku sentai (1er corps de marines spécial), parachutés par des Yokosuka L3Y1 type 96, occupèrent l’aérodrome voisin, sur lequel atterrirent dès le lendemain les A6M2 de la 23e flottille aéronavale. D’autres actions se déroulèrent simultanément le 24 janvier à Balikpapan (Bornéo) et Kendari (Célèbes), la prise de l’île d’Amboine survenant dix jours plus tard. La force ouest commença son attaque contre Palembang (Sumatra) le 14 février 1942, quand, escortés par vingt et un Ki-21 type 97 qui transportaient armes et ravitaillement, trente-quatre WG-14 de l’aviation de l’armée lâchèrent trois cent cinq hommes sur les terrains et les raffineries de pétrole de la ville. Décimés, les 225th et 226th Groups de la RAF se replièrent sur Java, où ils rejoignirent ce qui restait des formations néerlandaises et des unités de l’USAAF engagées sur ce front.

En débarquant sur l’île de Timor  à Dili et Kupang, le 20 février  les Japonais coupèrent la retraite des forces alliées sur l’Australie. Enfin, les grandes batailles aériennes qui se déroulèrent au-dessus de Surabaya, dans le nord-est de Java, du 19 au 21 février, marquèrent la fin de L’ABDA, dont la dissolution fut prononcée le 22 de ce mois.

Tandis que la flotte de l’amiral Nagumo coulait de nombreux navires au sud de Java et soumettait à un bombardement intense les ports de la côte méridionale de l’île, les forces aériennes nippones conquéraient la maîtrise du ciel. Ne rencontrant aucune résistance dans les airs, les Japonais purent prendre pied sur Java dès le 1er mars, les autorités des Indes néerlandaises signant leur reddition huit jours plus tard.

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Soldats japonais morts dans un trou d’eau

Le 19 Avril 1942 au matin, alors que les navires se trouvaient à moins de 350 km de Darwin, quatre-vingt-un B5N2, D3A1 et A6M2, conduits par le capitaine Mitsuo Fuchida, décollèrent de leurs ponts. Suivie des G3M2 et G4M1 des 1er Kokutai et Kokutai Takao, l’escadre aérienne atteignit Darwin à 9 h 50. Précédés par les B5N2, qui pilonnèrent la ville de 4 000 m d’altitude, les D3A1 attaquèrent en piqué le port et les aérodromes. Quant aux A6M2, ils mitraillèrent à basse altitude avions et navires, avant de décimer au cours de combats aériens le 33 rd Pursuit Squadron (Major Floyd Pell), qui tentait de les intercepter. Les cinquante-trois bombardiers moyens nippons surgirent ensuite, à 11 h 45, pour pilonner la ville et le port. Quinze avions de l’USAAF et de la RAAF furent détruits — le 33 rd Pursuit Squadron perdit neuf de ses dix P-40E —, et plusieurs navires envoyés par le fond.

Les porte-avions japonais furent alors chargés de bloquer les côtes méridionales de Java, coulant dix bâtiments entre le 27 février et le 2 mars, avant de soumettre à une attaque d’une rare violence un port d’évacuation.

Le 5 mars. Les forces aéronavales japonaises allaient ensuite effectuer une incursion dans l’océan Indien et le golfe du Bengale, où l’amiral Nagumo espérait affronter l’Eastern Fleet britannique (Admiral sir James Somerville) dans une bataille décisive — son autre objectif était de détruire les bases de la Royal Navy à Ceylan. Cinq porte-avions — l’Akagi, le Soryu, le Hiryu, le Zuikatu et le Shokaku — furent sélectionnés pour l’opération, tandis que le porte-avions léger Ryujo (4e Ko-kusentai), désormais basé à Mergui, en Birmanie méridionale, était chargé de traquer les navires alliés dans le golfe du Bengale. L’escadre de Nagumo quitta Staring Bay le 26 mars avec 377 avions.

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G.I. de la 25e division d’infanterie dans la jungle de Vella Lavella pendant l’opération Cartwheel, le 13 septembre 1943.

Le 4 avril 1942 à 16 heures, un Consolidated Catalina du Squadron 413 de la RCAF piloté par le Squadron Leader Birchall, envoya, avant de disparaître en mer, un message radio signalant les porte-avions de Nagumo à environ 550 km au sud-sud-est de Colombo. Un second Catalina aperçut à nouveau les navires japonais à 23 h 59.

LA MER DE JAVA

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 5 h 53 min

Le 18 février, le contre-amiral Kurita quitte Cam-Ranh avec – 6 transports, – escortés par les croiseurs légers – Sendai – Natori et Yura, par 23 destroyers, par le petit porte-avions Ryujo et par 2 transports d’hydravions. Couvert  par 4 croiseurs lourds, il fait route au sud. Il se tient à la hauteur fies Anambas, en attendant l’ordre de poursuivre.

Le lendemain partent de Jolo  les 41 transports du groupe d’attaque commandé par le contre-amiral Nishimura. Ce convoi s’arrete à Balikpapan le 23 le contre-amiral Tanaka le couvre dans le détroit de Macassar avec les croiseurs lourds Nachi et Haguro, et les 7 destroyers, que conduit Tanaka sur le Jintsu.

C’est l’amiral Doorman qui commande la marine néerlandaise à Java. C’est un homme solide, de taille moyenne, la casquette brodée bien enfoncée sur la tête. Les préparatifs japonais ne lui ont pas échappé. Pour prévenir l’assaut qui s’annonce, il persuade ses collègues britanniques et américains qu’il faut tenter une sortie.

Le 7 février au soir, il appareille sur le De Ruyter où flotte sa marque trois bandes horizontales. Il est suivi des croiseurs britanniques HMS Exeter et HMS Perth, du croiseur américain USS Houston et du croiseur Neerlandais Java. Ainsi que par par quelques destroyers, il fait route au nord-est, pour passer à l’est de Bawean. Son intention est d’attaquer les transports  qui se dirigent vers la côte javanaise.

À 16h16, commence le combat contre les forces nippones, combat jusqu’à la nuit. Enfin, après cette journée épuisante,

23h00, Le contre-amiral Nishimura fonce à toute vitesse et, à 700 mètres, ses destroyers lancent leurs torpilles. Cette fois les deux croiseurs hollandais s’arrêtent  net. Quant au Perth et au Houston, ils s’enfuient vers le sud.

Sur les deux blessés, les flammes jaillissent des fonds incendiés, où les munitions sautent. Autour des coques convulsées et fumantes, la mer se couvre de taches sombres: ce sont les hommes d’équipage qui, au signal du sauve-qui-peut, ont sauté à l’eau. Combien d’entre eux couleront à pic, épuisés, lâchant l’un après l’autre les épaves auxquelles ces malheureux se sont accrochés! En quelques minutes, les deux bâtiments ont disparu dam de grands tourbillons. Debout sur sa passerelle, l’amiral Doorman, dédaignant de se sauver, contemple une dernière fois cette mer que son héroisme n’a pu protéger de l’invasion.

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HMS Exeter

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Croiseur Neerlandais  Java.

Pointe Saint- Nicolas

Dans la nuit, le groupe de débarquement, qui attend à 100 milles dans le nord-ouest de Bawean, reçoit l’ordre de reprendre sa route Escortés par le Naka et ses 7 destroyers, les transports se dirigent vers Karanganjan, à 100 milles à l’ouest de Surabaya, malgré quelques alertes de sous-marins et d’avions facilement évités.

Dans la nuit du 28 février, vers 23h30, le destroyer Fubuki, à l’est du dispositif, aperçoit deux bâtiments qui se dirigent vers lui : c’est le Perth et le Houston qui tente de s’échapper par le détroit de la  sonde Les croiseurs anglo-saxons ont vu les transports; ils ouvrent le feu. Le Fubuki vient à gauche et lance d’un seul coup ses 9 torpilles de 533 mm. Il manque son but. Déjà le Sakura Maru flambe; trois autres transports laissent filer leurs chaînes, pour s’échouer. Les deux croiseurs passent entre l’île Panjan et la terre en continuant à tirer; ils remontent au nord pour doubler la pointe Saint-Nicolas. Mais les bâtiments japonais rameutés convergent sur eux.

 

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Troupes japonaises sur la plage javonaise

Il est 23h40, et sous la lune la mer brille comme un manteau d’argent. Le combat qui commence va se dérouler à des distances de 4.500 mètres. En attendant que les croiseurs se rapprochent, les destroyers nippons lancent attaques sur attaques. Soudain quatre gerbes pâles montent au flanc du Perth. Le Harukaze se met à tourner en rond, car son gouvernail est coincé par un obus. Dépanné aussitôt, il se joint à l’Hatakaze pour lancer 6 nouvelles torpilles sur le navire britannique Le canon gronde dans le nord, et les silhouettes des deux grands croiseurs Mogami et Mikuma apparaissent au milieu d’éclairs.

A 23h55, le Mikuma s’arrête de tirer. Un coup du Houston l’a atteint; il est privé de courant électrique pendant quelques minutes; ensuite il reprend l’action. Le Perth se traîne encore sur l’eau; mais il est devenu une cible facile. Percé de torpilles, assommé par les obus de 203 mm qui s’abattent sur lui, il disparaît dans les flots.

La fin du Houston

La journée du 1er mars vient de commencer. Le Houston continue désespérément la lutte, mais tout le feu japonais se concentre sur lui.

À 00h10, un nuage strident s’échappe de son pont déchiré; un obus a éclaté dans la machine, coupant les tuyaux de vapeur et hachant les turbines. Stoppé, le croiseur continue à tirer; les pièces sont manoeuvrées à bras.

À 00h20, une grande flamme jaillit de la deuxième tourelle de 203 mm, ce qui prouve qu’un obus a incendié les poudres. Bientôt, désarmé, les soutes noyées, l’américain agonise. Son commandant, le captain Rooks, s’affaisse, mortellement frappé. La meute des destroyers nippons, se ruant a la curée, mitraille les superstructures du bâtiment qui, le flanc ouvert, est en train de couler.

À 00h33, des grappes d’hommes tombent à l’eau. Et le Houston disparaît à son tour.

Au lever du jour, dans les mêmes parages, le dernier acte du drame allait se dérouler. Deux navires japonais, route au nord-nord-est, entendent le bruit du canon. Des gerbes jaillissent près d’eux. Les jumelles se braquent, et on aperçoit l’Exeter route au sud-ouest, vers le détroit de la Sonde. Il est accompagné des destroyers Encounter et Pope. Les ondes transportent au loin le signal d’alerte. Bientôt un avion vient tournoyer au-dessus du croiseur, comme un gerfaut qui surveille sa proie. L’amiral Takagi accourt avec le Nachi et le Haguro, route au sud. Il découvre son adversaire qui vient au nord-ouest. Takagi vient à droite et, soudain, pousse une exclamation de satisfaction; dans ses jumelles il a aperçu les hautes étraves de l’Ashigara et du Myoko que l’amiral Takahashi, alerté lui aussi, amène du nord-ouest. L’Exeter est cerné. Il ne peut que vendre chèrement sa vie. Le feu commence à 10h20. Les adversaires tirent à 16 000 mètres, en se rapprochant rapidement; l’avion japonais observe le tir.

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L’USS Houston en 1942 suivi d’un destroyer

Vers 11 heures, l’Exeter est en difficulté. Il lance ses torpilles vers le Myoko et l’Ashigara, pour desserrer leur étreinte. Les destroyers escarmouchent. Une demi-heure plus tard, une chaudière du croiseur anglais est atteinte par un obus; la vapeur s’échappe en sifflant. Le bâtiment stoppe, agonisant. L’équipage reçoit l’ordre d’évacuation. Un des destroyers de Takahashi lui donne le coup de grâce. Presque en même temps, l’Encounter, qui avait une grande brèche au côté, s’engloutit.

De tous les rescapés de la bataille, il ne reste que le Pope. Le navire américain se faufile dans les nappes de fumée qui traînent çà et là; il se précipite dans les grains qui le rendent invisible. Ainsi réussit-il à s’éloigner; jusqu’au moment où 6 bombardiers du Ryujo piquent sur lui l’un après l’autre. Le Pope s’entoure de gerbes; il ralentit. Une bombe tombée tout près de lui a faussé son arbre bâbord; l’eau entre par une brèche à son flanc. Les bombardiers en piqué, délestés, repartent vers l’ouest; mais une autre escadrille les remplace, et de nouveau les salves éclatent. A son tour, le vieux destroyer américain s’enfonce dans l’abîme. Cependant, dans le sud de Java, les Alliés comptaient encore sur le port de Tjilatjap, le seul endroit où ils pussent espérer débarquer des renforts d’aviation.

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Le Pope explose le 1er mars 42

Le vieux porte-àvions américain, le Langley, avait été choisi pour amener dans ce port 32 avions. Le 22 février, il était parti de Freemantle-en convoi. Mais les opérations exigeant un renforcement immédiat, il reçut l’ordre de continuer sans son escorte. Au matin, à 09h00, un avion passa très haut et disparut dans le nord

À 11h40 arrivait une escadrille de bombardiers japonais de la flotte aérienne qui agissait en coopération avec les forces de kahashi, à partir de Kendari et de Bandjcrmassin. 9 bombardiers bimoteurs survolent le porte-avions à 4 500 mètres. Au moment où ils lancent leurs bombes, le Langley vient brusquement à droite; les bombes tombent à 30 mètres à bâbord. La deuxième attaque est évitée de la même façon; mais cette fois les bombardiers s’étirent; les derniers attendent que le navire ait amorcé sa manoeuvre.

A la troisième attaque, 5 bombes atteignent le navire, qui prend de la gite Les appareils qui sont sur le pont s’enflamment. Le bateau se dirige vers la côte, mais ses machines se remplissent. Immobilisé, il évacué à 13h32 ; les deux destroyers Edsal et Whipple, qui l’ont rejoint, le coulent au canon et à la torpille. Les survivants du Langley sont partagés entre les deux destroyers et le pétrolier Pecos. Tous trois font route au sud,  le 1er mars.

Mais Kondo veille; le Hiei et le Kirishima apparaissent ; ils font à l’Esdal l’honneur de le saluer de leurs pièces de 355 mm.

À 12h00, le Pecos est attaqué par les avions du Soryu et achevé à 15h00. Seul le Wipple, profitant de la nuit qui tombe, peut faire route sur Freemantle, avec les survivants du Pecos.

Aucune force navale ni aérienne ne peut plus s’opposer à la conquête de Java les opérations terrestres sont été rapides. Batavia et Bandoeng tombent  le 5 mars. Quatre jours plus tard, le général Ter Poorten capitulera sans condition.

La barrière malaise est complètement détruite. A part quelques ilots de résistance  comme Corregidor, qui tiendra jusqu’au 6 mai , toute la zone à l’est et au nord de l’Australie est entre les mains des Nippons.

L’ARMÉE JAPONAISE EN CHINE

Classé sous GUERRE DU PACIFIQUE — braultjeanpaul @ 5 h 37 min

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Le drapeau de guerre de l’empire du Japon

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Ce soldat japonais entouré de cadavres chinois tient son sabre d’une main et une tête coupée de l’autre.

Les historiens considèrent généralement que la seconde guerre mondiale a débuté le 1er septembre 1939, quand l’Allemagne a attaqué la Pologne. Toutefois, depuis plusieurs années déjà, le Japon se livrait à une guerre de conquête en Asie.

En raison de ses agissements, le Japon a été l’objet de sanctions économiques de la part des Etats-Unis. Ces sanctions sont l’un des facteurs qui allaient déterminer les Japonais à lancer leur attaque surprise contre Pearl Harbor. Profitant de la guerre qui sévissait en Europe, les Japonais se sont alors emparés des colonies européennes de l’Asie du Sud-Est. Le gouvernement français de Vichy a pu conserver l’Indochine en échange de sa complaisance à l’égard du Japon, qui a même pu y installer des bases militaires. Ce n’est qu’après la libération de la France que les Japonais ont pris le contrôle de l’Indochine. Mais, quelques mois plus tard, le Japon était contraint de capituler.

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Plan de Nanking. Les croix rouges indiquent les principaux endroits où les soldats japonais se sont livrés à des massacres

Le sac de Nanking permet de se faire une idée des méthodes utilisées par l’Armée japonaise pour occuper et pacifier la Chine. Ces mêmes méthodes ont ensuite été utilisées, à des degrés divers, dans tous les pays envahis par le Japon.

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Chinois massacrés par des soldats japonais

Les lignes suivantes sont extraites du jugement du Tribunal militaire international pour l’Extrême-Orient qui, après la capitulation, a jugé les principaux crimes de guerre commis par l’armée japonaise :

Début décembre 1937, comme la Force expéditionnaire japonaise de la Chine du centre, sous le commandement de Matsui, approchait de la ville de Nanking, environ la moitié du million d’habitants de la ville s’est enfuie, ainsi que la plupart des membres de pays neutres, à l’exception de quelques-uns qui sont restés pour organiser une Zone internationale de sécurité. L’armée chinoise a battu en retraite, laissant environ cinquante mille soldats pour défendre la ville.

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Le général Matsui

La nuit du 12 décembre 1937, comme les forces japonaises attaquaient la porte Sud de la ville, la plupart des cinquante mille soldats chinois se sont enfuis par les portes Nord et Ouest.

L’entrée des Japonais à Nanking

Pratiquement tous les soldats chinois avaient évacué la ville ou abandonné leurs armes et leur uniforme, puis cherché refuge dans la Zone internationale de sécurité, et toute résistance avait cessé, au matin du 13 décembre 1937, quand l’Armée japonaise est entrée dans la ville. Les soldats japonais se sont répandus dans la ville et s’y sont livrés à toutes sortes d’atrocités. Selon un témoin, ils étaient lâchés comme une horde barbare, pour profaner la ville. Des témoins ont dit que la ville semblait être devenue une proie capturée, qu’elle n’avait pas simplement été prise à l’occasion d’une action de guerre, et que les membres de l’Armée japonaise s’étaient accordés, pour récompense, d’y commettre des violences illimitées.

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Sauvagerie

Des soldats, soit seuls, soit par petits groupes de deux ou trois, parcouraient la ville, assassinant, violant, pillant et incendiant. Il n’y avait aucune sorte de discipline. Beaucoup de soldats étaient ivres. Les soldats suivaient les rues, tuant sans discrimination les Chinois hommes, femmes et enfants, sans provocation apparente ni excuse, jusqu’à ce que par endroit les rues et les allées soient couvertes des corps de leurs victimes. Selon un autre témoin, les Chinois étaient pourchassés comme des lapins, quiconque vu se déplaçant se faisait abattre. Durant les deux ou trois premiers jours de l’occupation japonaise de la ville, au moins douze mille Chinois non-combattants, hommes, femmes et enfants, ont trouvé la mort dans ces massacres.

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Enfants chinois massacrés par les soldats japonais

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Bébés massacrés par les soldats japonais

 Viols  

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Femme violée puis assassinée par les soldats japonais

Il y a eu de nombreux cas de viols. La peine de mort était fréquente, pour la plus petite résistance de la part de la victime ou de membres de sa famille tentant de la protéger. Même des filles dans leur âge tendre et des vieilles femmes ont été violées en grand nombre, à travers la ville, et il y a eu de nombreux cas de comportements sadiques ou anormaux à l’occasion de ces viols. De nombreuses femmes ont été tuées après l’acte et leurs corps mutilés. Au cours du premier mois de l’occupation japonaise, il y a eu environ vingt mille viols.

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Chinois massacrés par les soldats japonais

 Pillage et incendies

Les soldats japonais prenaient tout ce qu’ils voulaient à la population. Des soldats ont été observés arrêtant, sur la route, des civils désarmés, les fouillant puis, ne trouvant aucun objet de valeur sur eux, les abattants.

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Un jeune chinois décapité par les soldats japonais

Des quantités de résidences et de commerces ont été forcées et pillés. Le butin était emporté dans des camions. Après avoir pillé les magasins et les entrepôts, fréquemment les Japonais y mettaient le feu. Des soldats ont incendié des habitations de civils, sans raison apparente. Ces incendies semblaient résulter d’une consigne après quelques jours et ils se sont poursuivis pendant six semaines. Environ un tiers de la ville a été ainsi détruite.

Assassinats organisé

L’assassinat organisé et à grande échelle des civils masculins était perpétré avec l’accord apparent des commandants japonais, sous le prétexte que des soldats chinois avaient retiré leurs uniformes et s’étaient mêlés à la population. Des groupes de civils chinois étaient formés, attachés les mains dans le dos, et conduits hors des murs de la ville, où ils étaient tués en groupe, à la mitrailleuse ou à la baïonnette. Plus de vingt mille Chinois en âge d’être mobilisés sont morts ainsi.

Scène de rue

Le gouvernement allemand a été informé, par son représentant, à propos d’atrocités et actes criminels commis non par des individus, mais par une Armée entière, à savoir la japonaise, et cette Armée, plus loin dans le rapport, était qualifiée de machinerie bestiale

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Scène de rue à Nanking

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Après avoir été désarmés par les soldats japonais, ces policiers chinois sont escortés vers le lieu où on va les massacrer à la mitrailleuse

Le sort des fugitifs

Ceux qui se trouvaient hors de la ville n’étaient guère mieux traités que les habitants de Nanking. Pratiquement la même situation se reproduisait dans toutes les localités, jusqu’à 66 milles de Nanking.

La population s’était enfuie dans la campagne, espérant échapper aux soldats japonais. A certains endroits, elle s’était regroupée pour former des camps de fugitifs. Les Japonais ont capturé beaucoup de ces camps et infligé à leurs habitants un traitement similaire à celui subi par les habitants de Nanking. Plus de cinquante-sept mille de ces fugitifs ont été capturés et emprisonnés. En captivité, ils étaient affamés et torturés jusqu’à ce qu’un grand nombre meure. Beaucoup des survivants ont été tués à la mitrailleuse ou à la baïonnette.

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Soldat japonais s’entraînant au sabre sur un prisonnier chinois

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Soldat japonais s’entraînant à la baïonnette sur un prisonnier chinois

Les prisonniers de guerre

De grandes unités de soldats chinois ont déposé leurs armes et se sont rendues aux Japonais, hors de Nanking. Dans les trois jours consécutifs à leur reddition, ils ont été tués par groupes, à la mitrailleuse, le long des rives du fleuve Yang-Tsé. Au moins trente mille de ces prisonniers de guerre ont été tués.

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Chinois prisonniers des Japonais. Ils ont été massacrés un peu plus tard

Plus de deux cents mille assassinats

Les estimations faites à une date ultérieure indiquent que les assassinats de civils et de prisonniers de guerre s’élevaient à plus de deux cents mille, à Nanking et dans les environs, durant les six premières semaines de l’occupation japonaise. Le réalisme de ces estimations est souligné par le fait que les entreprises de pompes funèbres ont compté plus de cent cinquante-cinq mille corps qu’elles ont enterrés. Elles ont relevé que la plupart de ces corps avaient les mains attachées dans le dos. Ces estimations ne tiennent pas compte des personnes dont les corps ont été détruits par le feu, jetés au fleuve, ou dont les Japonais ont pu disposer d’autres manières. 

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Des milliers de Chinois ont été arrosés d’essence et brûlés vifs, tandis que les soldats japonais riaient de leurs hurlements

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Les lieutenants Mukai et Noda ont tué respectivement 105 et 106 Chinois à l’occasion d’un concours. Précédemment, Mukai avait tué 89 Chinois, tandis que Noda en avait assassiné 78. Leur supérieur immédiat, le capitaine Tanaka Gunkichi, a tué 300 Chinois de sa main.

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Partisans coréens décapités par les Japonais

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